Bossuet orateur, p. 57, note
— Purification, 3^ sermon des éditions, prêché le dimanche 2 février lô^j, à Metz. ( Mss ,12.825,^153.)
L'éloquence, la syntaxe et la rédaction matérielle accusent nettement cette époque. Comme dans plusieurs « pieux entretiens » de ce temps, l'auteur se met assez peu en peine de chercher une division raisonnée, et moins encore de la suivre, si elle lui est venue spontanément. En cette circonstance, il se contentera d' « expliquer familièrement » les diverses cérémonies auxquelles la sainte Vierge s'était soumise, et d'y ajouter « quelques brièves réflexions. »
Il s'adresse aux religieuses de la Propagation, « qui, poussées de l'Esprit de Dieu, ont généreusement renoncé à tous les biens et même à toutes les espérances du monde. »
— Emprunt à un sermon antérieur (f. 164).
On le voit toutefois, dans l'imprimé, changer tout à coup d'appellation, et exhorter les chrétiens qui ont été agrégés à la Confrérie. C'est que l'esquisse n'ayant pas été achevée, l'auteur s'est reporté, pour la fin, à une composition de Navarre (1651 ou 1652), dont un fragment s'est trouvé ainsi conservé. Ces pages, qu'il a annexées à son manuscrit, n'étaient pas destinées à être redites littéralement ; dans la forme primitive elles impliqueraient contradiction avec certaines circonstances de la nouvelle prédication : ainsi le début de l'œuvre nous parlait ouvertement de l'évangile de la fête, et à la fin nous ne serions plus qu'à la veille, selon l'usage des réunions de Navarre.
— Sermon sur la Loi de Dieu, dimanche de la Quijiquagésime, 2j février 165 j. ( Mss. , 1 2 . 8 2 1 , f 4 2 1 . )
Avec ce sermon, nous assistons à un plus grand effort de l'éloquence de Bossuet. L'entretien, cette fois, « embrasse tous les devoirs de la vie humaine. » Le jeune orateur éprouve même le besoin de s'excuser, d'une manière insolite, de son insuffisance : « Fidèles, je n'en doute pas, vous avez souvent
entendu de plus doctes prédications et oii les choses ont été mieux déduites que je ne suis capable de le faire ; mais je ne craindrai pas de vous assurer que ni dans les cabinets, ni dans les conseils, ni dans les chaires, ni dans les livres, jamais il ne s'est traité une affaire plus importante. »
Si ce discours fut prononcé dans la cathédrale de Metz ('), comme on peut le croire, les paroles qu'on vient de lire seraient un compliment à l'adresse de ses confrères du Chapitre ou des prédicateurs qu'ils invitaient. Quoi qu'il en soit, il est impossible de placer cette œuvre en deçà de 1653. M. Gandar (-) et M. Gazier restent indécis entre les années qui vont de 1653 à 1656. Cette dernière semble avoir été universellement acceptée. Elle n'est pourtant en aucune façon admissible.En i656,nous l'avons établi, l'orthographe phonétique était abandonnée par Bossuet, et elle règne dans tout ce manuscrit.
— Premier sermon sur les Dénions, I"' dimancJie de Carême, i6jj. (Mss., 12.822. f. 41.)
M. Gandar propose pour ce sermon la date de 1656, qui semble avoir été le refuge de toutes les incertitudes. Elle est absolument inacceptable, pour la raison que nous avons déjà tant de fois répétée : l'orthographe est ici pleinement phoné-
1. Il pourrait l'avoir été à Toul, où Bossuet faisait de fréquents voyages (Floquet, Études..., I, 543). Là siégeait provisoirement le Parlement de Metz, dont son père faisait partie ; là aussi résidait un frère de Bossuet (Claude), son aine, chanoine de celte église ; une de ses sœurs (Marguerite), était religieuse en cette ville, chez les Dominicaines (Ibid., I, 544). — L'esprit de piété était, on le voit, dans la famille du grand orateur. Entrèrent également en religion : un des oncles de Bossuet, une sœur (Madeleine Mochet) de sa sainte mère ; enfin son père lui-même, le conseiller Bénigne Bossuet, succéda à son fils dans le chœur de la cathédrale de Metz ; il mourut diacre et chanoine, le 15 août 1667.
2. M. Gandar [Choi.v de Sermons, p. 50 et Bossuet orateur, p. 83) fait ime remarque à laquelle il parait attacher grande importance: « Les deux exordes ne seraient ni l'un ni l'autre de la même époque que le corps du discours. Celui-ci aurait été refait deux ou trois ans plus tard, peut-être en 1656, avant l'ouverture d'une station de Carême, » etc. — Tout cela est une illusion provenant de la différence d'aspect que présentent certaines p;iges conservées du brouillon, avec d'autres pages qui ont été mises au net. L'orthographe, qui se modifiait alors d'année en année, est constante dans toutes les parties de cette œuvre, et atteste l'unité de rédaction. — Nous en trouverons un autre exemple dans le discours suivant.
tique, et diffère radicalement de l'orthog-raphe étymologique à laquelle Bossuet était revenu en 1656.
Le sermon précédent et celui-ci ont-ils été prononcés devant le même auditoire? On en peut douter. Ici nous ne retrouvons plus la même solennité dans la prédication. L'orateur dispose de peu de temps, comme on le voit à la fin du second exorde. Déjà un autre s'est fait entendre, le matin, dans la même chaire. Ce n'était point celle de l'Église cathédrale ('), mais plutôt celle du lieu de sa résidence, c'est-à-dire Saint-Gorgon de Metz. L'auditoire, quoique laïque, était pieux : « A Dieu ne plaise, dit-il, que j'oublie si fort la dignité de cette chaire et la piété de cet auditoire.» Toutefois ce « pieux auditoire (^) » a besoin d'être exhorté à « ne pas se plaindre des incommodités du Carême ; » à embrasser « avec grand courage cette pénitence de quarante jours, pour les péchés de toute l'année ; » à se retirer « un peu des conversations et des divertissements mondains... »
— Remarque sur les pirteiidiies stations de Carême ou d'Avent antérieures à 1660.
Quand même on supposerait que les deux discours snr la Loi de Bien et snr les Démons ont retenti dans la même chaire, à huit jours d'intervalle, serait-on fondé à imaginer une station de Carêfne prêchée à Metz, sinon en 1656, comme on l'a cru (3) par une erreur manifeste, du moins dans quelqu'une des années précédentes? Rien dans les faits n'appuie une semblable conjecture ; je trouve au contraire dans les
T. « Te ne doute pas que, comme on vous aura exposé aujourd'hui le sens profond de cet évangile, vous n'ayez bien compris les enseignements que nous donne la tentation de JÉSUS. » — S'il avait assisté à l'ofïice paroissial, copime il le devait faire dans la cathédrale, en qualité de membre du chapitre, il n'aurait pu tenir ce langage. Une V'^ rédaction portait : « Et comme je ne doute pas qu'on ne vous ait exposé aujourd'hui... »
2. Une première rédaction effacée d'un passage de l'avantpropos, portait :--■ « Si bien qu'il ne serait pas nécessaire de vous faire un nouveau discours, si votre piété ne vous avait ici assemblés pour entendCre] 1> (interrompu).
3. Gandar, Bossuet orateur, p. 43 et 147. — Choix, etc., p. 50. — Cf. Gazier, Choix, etc., p. 37, note 2.
manuscrits une raison décisive contre cette hypothèse. Quand Bossuet aura par devers lui plusieurs Carêmes, celui qu'il désignera sous le nom de premier Carême sera le Carême des Minimes (') ; ces deux expressions, Carême des Minimes, et premier Carême, sont synonymes pour Bossuet. Du reste les sermons assez disparates qu'on a essayé de grouper pour en former un Carême ou un Avent, appartiennent pour la plupart, comme on le verra dans notre classification, à des années différentes (^).
— F'' Dimanche après la Pentecôte, 16 jj. — Sur le Pardon des injîires (Si offers, etc.). (Mss., 12.824, f. 218.)
Xi l'orthographe ni l'écriture de ce manuscrit archaïque ne permettent de s'arrêter un instant aux dates proposées par les éditeurs: 1661, selon MM. Lâchât (1864) et Guillaume (1877); 1664, d'après l'édition Guérin (1870). Elles conviennent (3) au contraire à l'année 1653, à l'exclusion de celles qui précèdent et de celles qui suivent.
— Sermon (incomplet) pour la fête du Scapulaire. Sur la Dévotion à la saijite Vierge, i6jj. — Probablement le 16 Juillet, fête de Notre-Dame du Mont Carmel. (Manuscrit à Meaux.)
Nous croyons également devoir placer ici une ébauche des moins importantes, mais des plus difficiles à classer parmi les œuvres de Bossuet. L'ensemble de l'orthographe convient exclusivement à cette année, sauf la forme cest qui revient une fois (^), sans doute par inadvertance.
1. En 1661, au commencement du second Carême, Bossuet se reporte au précédent, en disant simplement : Voy. Cai\êmê\, ser{7nc7i\ j, f. ./, etc. , ce qui exclut l'idée de pluralité (.I/jj., 12.822, f. 90. — Cf. Ibid., v", dans un passage effacé).
2. Tout au plus pourrait-on qualifier de station les instructions données pendant la Mission de Metz. (Voy. ci-après, année 1658.)
3. Par exemple : vies sœu/s, lertullian, céte et ceste, même et marne, noire et nostre, il agist, il penst, peust être, peust estre, parcst eX paroistre, cotmoissnnce, tu rcconnois, etc..
4. Elle se trouve aussi une fois dans un passage effacé ; mais on lit cet dans plusieurs endroits de ce court manuscrit.
— ■ Panégyrique de saint Bernard, mardi, 20 août i6^j. (Manuscrit de M""^ Guillemot, à Dijon.)
M. Floquet (') a pensé que ce sermon avait dû être prêche au Petit-Clairvaux de Metz. Cette abbaye avait été fondée en II 53, lorsque saint Bernard était venu en cette ville ménager la paix à laquelle l'orateur fait allusion vers la fin de son discours. On lit, dans le sermon même (^), que « le peuple » était accouru à la solennité ; et on ne voit pas à quel titre il affluerait dans une église paroissiale, à pareil jour, c'est-à-dire en un jour non férié, car dans aucune des années 1653, 1654, 1655, les seules entre lesquelles on puisse hésiter, le 20 août ne tomba le dimanche. Cette affluence s'expliquera tout naturellement, si l'on assigne à notre panégyrique l'année anniversaire de l'intervention du saint en faveur du peuple messin, en 1153. L'original de ce discours, que nous avons tardivement découvert (^), après de longues recherches, non seulement nous autorise, mais nous oblige même à nous arrêter à cette date, qui est certaine. La belle apostrophe : « Puissante ville de Metz, son entremise t'a été autrefois extrêmement favorable. O belle et noble cité, il y a longtemps que tu as été enviée. Ta situation trop importante t'a presque toujours exposée en proie...,» a été, pour ainsi dire, imposée par la circonstance ; les réflexions qui précèdent sur l'autorité que donnaient à saint Bernard ses grandes vertus, ont tout l'air d'une transition destinée à préparer la réminiscence d'un bienfait, pour lequel il tient à exciter ses