Gandar, Bossuet orateur, p
que ce fût un changement survenu dans ses sentiments, ni qu'on doive attendre jusqu'en 1659 pour le rencontrer. Dans un sermon de Vêture, (( le plus ancien qu'il ait prêché, » selon M. Gandar lui-même ('), il pressait déjà son auditoire de demander pour lui au ciel « ces deux beaux ornements de l'éloquence chrétienne, la simplicité et la vérité. » Et si nous devons bientôt le voir « enfler » un peu plus sa voix dans le panégyrique de saint Victor, au lieu que dans l'éloge de saint Paul, il mêle « comme par surprise aux élans presque involontaires de la plus haute éloquence l'esprit d'humilité de Saint-Lazare, » M. Gandar, qui remarque cette différence, ne nous en donne-t-il pas lui-même le secret, quand il lui échappe de dire que, dans la circonstance présente, le sujet le voulait ainsi : « Comment parler des nations converties à l'Évangile par les prédications de saint Paul, sans faire tourner à la honte de l'éloquence profane les victoires prodigieuses remportées par une parole si éloignée des habitudes de l'école ? »
— Panégyriqiie de saint Victor, 21 juillet 16 jy, à Paris dans l'abbaye des Victoriiis. (Plus de manuscrit.)
Les premiers éditeurs eux-mêmes ont assigné à cette œuvre la date de 1657. Bien que le manuscrit soit introuvable, il convient d'accepter cette date sans hésitation. Seul M. Lâchât se prononce pour 1659, sans motiver autrement sa sentence qu'en alléguant /£?j'/;7^ du discours. Sa confiance ici venait sans doute de ce qu'il lisait dans l'abbé Vaillant (^) : « Le style de cette œuvre fait exception aux observations générales que les discours de cette époque nous ont fournies; on n'y rencontre aucun terme ni aucune tournure surannée ou vulgaire. » Il veut désigner par cette expression, qu'on emploie si souvent à contresens, des termes et des tours qui plus tard devinrent surannés. D'ailleurs s'il jugeait ainsi, c'est