‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 198 sur 325 · Lâchât, XXVI · texte numérisé non relu

Lâchât, XXVI

— Pâques^ 1681. 1 V' sermon des éditions.

(Mss., 12.824, f- 66.)

Le prédicateur du Carême désigné pour la cour en 168 1 était l'abbé de Fromentières, qui avait prêché au sacre de Bossuet, et à la Vêturede Mme de la Vallière. Il tomba malade, et fut suppléé par plusieurs orateurs, qui se partagèrent la station. Parmi eux on cite le P. Gaillard, jésuite, le P. Hubert, de l'Oratoire, et l'évêque d'Autun, de Roquette, qui échoua complètement le dimanche des Rameaux, s'il en faut croire Bussy-Rabutin ('). Dans un passage effacé, Bossuet parlait de la mission qu'il avait reçue de « mettre fin à un ouvrage entrepris par tant de fameux prédicateurs ; » peutêtre parmi les raisons qu'il eut d'enlever ce membre de phrase faut-il compter l'intention d'éviter l'apparence d'une ironie. Quoi qu'il en soit, il ne s'agit point ici, comme on l'a cru (^), de « Bourdaloue, prédicateur de l'année précédente. »

Ledieu, qui s'est trompé sur la date de ce sermon, et qui a entraîné les anciennes éditions dans son erreur, n'avait pas ignoré du moins que Bossuet y avait fait entendre au roi de fortes vérités sur les nominations épiscopales. Voici le passage auquel il fait allusion :

« Si l'ordre ecclésiastique est une milice, comme disent tous les saints Pères et tous les Conciles, après saint Paul, espère-t-on commander, mais le peut-on, sans hasarder tout, lorsqu'on n'a jamais obéi, jamais servi sous les autres ?... Est-ce que la milice ecclésiastique, où il faut combattre tous les vices, toutes les passions, toutes les faiblesses humaines, toutes les mauvaisescoutumes, toutes les maximes du monde, tous les artifices des hérétiques, toutes les entreprises des impies, en un mot, tous les démons et tout l'enfer, ne demande pas autant de sagesse, autant d'art, autant d'expérience, et

1. Lettre à Mademoiselle, du 17 avril 1681. (Floquet, Bossuet précepteur..., 531.) — On voit que Gabriel de Roquette n'était pas le prédicateur de la station. (Gazier, 498, note I, d'ailleurs très importante.)

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