‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 244 sur 325 · Bossttet orateur · texte numérisé non relu

Bossttet orateur

CONCLUSION. Ls?^] 375

après avoir trouvé la vraie place de quelque ironie écrasante : ô §ï <7-pxz/iyo; x/.olovOzï : « et leur général les suit ! » ne cédait pas à la tentation d'amplifier ces ironies si fortes dans la langue originale ; mais, poursuivant ses raisonnements victorieux, il montrait, sans désemparer, et par un seul mot encore,qu'il n'en pouvait être autrement, avec des mercenaires qui n'étaient pas payés (').

N'y a-t-il pas lieu de se d-éfier des théories qui érigent en loi les procédés de tel orateur, cet orateur fût-il Massillon, Bourdaloue, ou Cicéron ? Elles tendraient à faire croire, contre toute vérité, que d'autres non moins illustres, pour ne rien dire de plus, ont tourné le dos au vrai chemin de l'éloquence. Démosthène et Bossuet sont des orateurs à la fois pleins et concis ; et ne pourrait-il se faire que ceux qui ont pour méthode de « revenir un peu sur la même idée, » et même de s'y arrêter longtemps, » rencontrassent parfois la diffusion en cherchant une plénitude un peu artificielle ?

Mais ne peut-on pas craindre un moment où l'orateur, ayant atteint tous les points culminants de l'art d'écrire, et unissant la dignité du style à la concision, se jettera dans l'abstraction philosophique, et se laissera, pour ainsi dire, perdre de vue à force de vouloir s'élever? « Dans les derniers sermons que Bossuet prêche à la cour, a-t-on dit, cet équilibre harmonieux de qualités diverses commence à se rompre un peu ; la majesté va en grandissant, la familiarité s'atténue chaque jour davantage. L'accent personnel, si sensible dans les sermons de la jeunesse, disparaît pour faire place à cette manière impersonnelle et abstraite, plus sublime, sans doute, mais où l'homme même, à notre gré, s'efface un peu trop. Dès les sermons de 1666, Bossuet est déjà le Bossuet des grandes Oraisons funèbres (2). » Cette dernière réflexion de M. Rébelliau est très exacte ; mais qui donc admettra que « l'homme s'efface trop ». dans les discours où

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