I. Bossuet orateur, p
3^ dimanche), de n'être autre chose qu'une voix, comme saint Jean-Baptiste ? Dans ce sermon, comme dans celui du i^^" dimanche, on trouve, il est vrai, de l'élévation, mais toujours tempérée par l'emploi des figures les plus saisissantes, empruntées à la nature ou à la vie commune. Hélas ! ces œuvres sont écrites si incomplètement, qu'on les néglige dans les appréciations générales. Il ne serait que juste pourtant qu'elles y apportassent un appoint proportionné à leur grand nombre. Jetons un regard sur l'esquisse que nous avons restituée au quatrième dimanche ('). Est-ce un orateur immobile dans sa majesté que celui qui s'écrie, après avoir paraphrasé la « parabole du figuier tout du long, » comme porte le manuscrit :
« Appliquez à l'âme. Vous avez eu la pluie, vous avez eu le soleil, vous avez eu la culture ; vous n'avez ni profité, ni porté de fruits : vous n'avez plus rien à attendre que la cognée et le feu. Portez des ixmX.^, fructum bomim, au goût de Dieu ; dignos fructiis, dignes du changement que vous méditez, dignes des mauvaises œuvres que vous avez faites. Changement total au dedans et au dehors. Proportion avec les mauvaises œuvres ; maxime des Pères : tous sans exception : Oui s'est abandonné aux choses défendues doit s'abstenir des licites ; autant qu'il s'est abandonné, autant doit-il s'abstenir. Mes frères, je ne veux rien exagérer ; Dieu m'est témoin, je désire sincèrement votre salut, et je ne veux ni élargir ni rétrécir les voies de Dieu ; voilà les maximes qui ont enfanté les vrais pénitents : les autres, à la perdition éternelle. Faites-vous des fruits dignes de pénitence ? Ces gorges et ces épaules découvertes étalent à l'jmpudicité la proie à laquelle elle aspire... » Ce dernier trait n'est-il pas d'une familiarité effrayante (2) }