II. PAQUES
tures, sa vertu est fortifiée par la toute-puissante vertu de Dieu qui s'unit à elle, de sorte qu'elle participe, en quelque façon, aux actions divines. Cela est peut-être un peu relevé, mais tâchons de le rendre sensible par un exemple.
Considérez les cordes d'un instrument : d'elles-mêmes, elles sont muettes et immobiles ; sont- elles touchées d'une main savante, elles reçoivent en elles la mesure et la cadence et même elles la portent aux autres. Cette mesure et cette cadence, elles sont originellement dans l'esprit du maître ; mais il les fait en quelque sorte passer dans les cordes, lorsque, les touchant avec art, il les fait participer à son action. Ainsi l'âme, si j'ose parler de la sorte, s'élevant à cette justice, à cette sagesse, à cette infinie sainteté, qui n'est autre chose que Dieu, touchée pour ainsi dire par l'esprit de Dieu, elle devient juste, elle devient sage, elle devient sainte ; et, participant, selon sa portée, aux actions divines, elle agit saintement, comme Dieu lui-même agit saintement. Elle croit en Dieu, elle aime Dieu, elle espère en Dieu : et lorsqu'elle croit en Dieu, qu'elle aime Dieu, qu'elle espère en Dieu, c'est Dieu qui fait en elle cette foi, cette espérance et ce saint amour. C'est pourquoi l'Apôtre nous dit que « Dieu fait en nous le vouloir et le faire » {Philipp., 11, 13) ; c'est-àdire, si nous le savons bien comprendre, que nous ne faisons le bien que par l'action qu'il nous donne, nous ne voulons le bien que par la volonté qu'il opère en nous. Donc toutes les actions chrétiennes sont des actions divines et surnaturelles, auxquelles l'âme ne pourrait parvenir, n'était que Dieu s'unissant à elle les lui communique par le Saint-Esprit qui est répandu dans nos cœurs. Davantage ('), ces actions que Dieu fait en nous, ce sont aussi actions de vie, et même de vie éternelle. Par conséquent (2) on ne peut nier que Dieu, s'unissant à nos âmes, mouvant ainsi nos âmes, ne soit véritablement la vie de nos âmes. Et c'est là, si nous