Var. Les fidèles
2. Voici un passage aussi formel qu'on pouvait le souhaiter pour établir que les exordes et le corps du discours ne font qu'un. Nous en rencontrerons d'autres encore.
à cette cérémonie du baptême, qui se pratiquait sans doute (^) du temps des Apôtres : or encore que le temps ait changé, que la cérémonie ne soit plus la même, la vertu du baptême n'est point altérée, à cause qu'elle ne consiste pas tant dans cet élément corruptible que dans la parole de Jésus-Christ et dans l'invocation de la Trinité, et dans la communication de l'Esprit de Dieu, sur lesquelles le temps ne peut rien.
En effet, tout autant que nous sommes de baptisés, nous sommes tous consacrés dans le saint baptême à la Trinité très auguste par la mort du péché et par la résurrection à la vie nouvelle. C'est pourquoi nos péchés y sont abolis, et la nouveauté de vie y est commencée ; et de là vient que nous appelons le baptême le sacrement de régénération, et de renouvellement de l'homme par le Saint-Esprit. D'où je conclus que le dessein de Dieu est de détruire en nous le péché, puisqu'il veut que la vie chrétienne commence par l'abolition (2) de nos crimes ; et ainsi il nous rend la justice que la prévarication du premier père nous avait ôtée. Grâces à votre bonté, ô grand Dieu, qui faites un si grand présent à vos serviteurs « par Jésus-Christ le Juste, » qui, se chargeant de nos péchés, à la croix, par un divin échange, nous a communiqué sa justice !
Mais ici peut-être vous m'objecterez que le péché n'est point détruit, même dans les justes, puisque la foi catholique professe qu'il n'y a aucun homme vivant qui ne soit pécheur. Pour résoudre cette difficulté et connaître clairement quelle est la justice que le Saint-Esprit nous rend en ce monde, l'ordre de mon raisonnement m'oblige d'entrer dans ma seconde partie, et de vous faire voir le combat du fidèle contre la chair et ses convoitises. Je joindrai donc cette seconde partie avec ce qui me reste à dire de la première
1. Cesl-à-dire : sans aucun doute. Aujourd'hui cette locution, dont le sens sest affaibli, avec beaucoup d'autres, n'exprime guère qu'une supposition.