‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 290 sur 325 · III. CONCEPTION · texte numérisé non relu

III. CONCEPTION

manière si générale] (') qu'on peut former la demande si Esther (^) elle-même y sera comprise. Ce règlement général fait l'autorité de la loi, et c'est sur l'application particulière que peut intervenir la dispense. Comme donc il appartient au même pouvoir qui établit les règlements généraux de diriger l'application qui s'en fait sur les sujets particuliers, il s'ensuit que faire des lois et accorder les dispenses sont deux appartenances également nobles de l'autorité souveraine, et qu'elles ne peuvent être séparées.

Ces maximes étant posées, venons maintenant à notre sujet. Il y a une loi de mort, une loi de condamnation prononcée généralement contre tous les hommes, contre tous ceux qui naissent d'Adam à la façon ordinaire. Cette loi est si générale et étend son effet si loin, que nous y sommes assujettis aussitôt que nous sommes conçus. Il semble que c'est violer l'autorité de cette loi que d'y apporter quelque exception, quand ce serait en faveur de la sainte Vierge : et on peut répondre au contraire selon les principes posés (3), que ce n'est pas moins violer l'autorité du souverain de (■*) dire qu'il ne peut pas dispenser dans l'application particulière que de dire qu'il ne peut pas imposer une obligation générale.

Parlons encore plus clairement. Saint Paul assure en termes formels que tous les hommes sont condamnés dans un seul homme, qui est le premier. Je ne m'en étonne pas, chrétiens. Il regarde l'obligation de la loi qui d'elle-même s'étend sur tous. Mais il n'exclut pas les réserves que peut faire le souverain ni les coups d'une puissance absolue. J'avoue que Marie était condamnée par l'autorité de la loi

1. On rentre ici dans le manuscrit inédit, p. 3. (L'avant-propos, n'était pas compris dans la pagination de Bossuet. Une main moderne l'ayant marqué i, 2, on peut être tenté de croire l'autographe complet. ) Il n'y aura plus de lacune jusqu'à la fin du 2« point, p. 15 du manuscrit.

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