Bossuet ayant écrit : grâces efface l's fgratia pleiiaj
toute extraordinaire, ce serait se tromper de chercher ailleurs des privilèges semblables aux siens. D'où tirerons-nous donc les exemples en faveur de la dispense que nous proposons ? Il les faut nécessairement tirer d'elle-même : et voici quelle est ma pensée.
Je remarque dans les histoires que lorsque les grâces des souverains ont commencé de prendre un certain cours, elles y coulent avec profusion ; les bienfaits s'attirent les uns les autres et se servent d'exemple réciproquement. JÉSUS- ClIRlST nous dit même dans son Evangile : Habenti dabitur : « On donnera à celui qui a déjà ; » c'est-à-dire que selon l'ordre des libéralités divines, une grâce ne va jamais seule, et qu'elle est le gage de beaucoup d'autres. Ainsi les privilèges extraordinaires qui ont été accordés à la sainte Vierge sont une preuve suffisante que Dieu ne veut pas qu'elle ait été assujettie aux règles communes : et en voici un exemple qui pour être assez connu (') n'en est pas moins digne d'une singulière considération.
11 est écrit de tous les hommes généralement qu'ils pèchent tous en beaucoup de choses : In multis offendivins omnes (^). Ces paroles qui nous enseignent que tous les hommes tombent dans les péchés actuels, du moins dans ces péchés de fragilité que nous appelons véniels, ne sont ni moins expresses ni moins générales que celles où l'obligation au péché originel est clairement établie. C'est pourquoi saint Augustin, qui est le grand maître des théologiens en cette matière, parle de Tune et de l'autre obligation dans la même généralité (^), jusque-là qu'il a avancé dans le cinquième livre contre Julien que tous ceux qui ont contracté le péché originel, tombent aussi dans la suite dans les péchés actuels, [et (■♦) qu'il]
1. Ms. commun. — Autre lapsus amené par la précipitation, et par le mot précédent: règles commuties, qui était encore sous les yeux.