‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 94 sur 325 · Voy. le Courrier de Vaugelas, i^r février · texte numérisé non relu

Voy. le Courrier de Vaugelas, i^r février

2. « Pourquoi pas : Pol Pasi ? » demande le Courrier de Vaugelas. Les inconséquences abondaient aussi dans Peletier du Mans.

3. Ms. à Meaux (Grand Séminaire). La date est donnée par Ledieu ( Méinoires, p. 26).

4. Marty-Laveaux. Cahiers de Remarques sur l'Orthographe française. — Cf. Petit de Julleville, Notions générales sur les origines et sur l'histoire de la langue

fra?tçaise, p. 13g. — Chassang, Grammaire française, p. 494. — Dictionnaire de l'Académie (1878), Préface de M. de Sacy.

mes. Dès avant 1656, il avait renoncé, et renoncé définitivement, à l'orthograjohe phonétique.

Il y avait renoncé ; nous venons de le démontrer. La rupture était définitive : que l'on prenne en effet tous les serinons déjà dates, postérieurs à i6j6, ou les lettres autographes qui nous conduisenty//j-^;/'.?;/ 170J, on n'y trouvera jamais de retour à Forthograplie de la première époque (').

Ainsi, lorsque Bossuet disait à l'Académie : « Il ne faut pas souffrir une fausse règle qu'on a voulu introduire d'écrire comme on prononce, » il était comme toujours conséquent avec lui-même, puisque cette « fausse règle », il y avait longtemps qu'il l'avait répudiée.

Ce point important est donc désormais acquis. Il nous permettra, à l'occasion, d'écarter plusieurs conjectures proposées par M. Gandar, sous réserves d'ailleurs, mais transformées bientôt par l'autorité de son nom en décisions sans réplique. Xous dirons plus loin quels secours l'orthographe de Bossuet aura encore à nous offrir après cette date de 1656. Examinons auparavant s'il ne sera pas possible de répartir entre eux les manuscrits de la première époque.

Si nous constations une progression croissante ou décroissante dans l'application du système, n'aurions-nous pas trouvé de précieuses indications, capables de nous aider à ranger chronologiquement ces manuscrits de Navarre et de Metz ? I! est bien entendu qu'on aurait soin, en même temps, de ne pas les isoler de toutes celles que fournissent d'ailleurs la composition, le style, les allusions historiques, les Mémoires du temps.

Précisons donc maintenant. Certains faits orthographiques, notamment la présence ou l'absence du t intercalaire dans les formes interrogatives, et les variations de certains mots : heureux, le temps, notre, votre, même, etc., peuvent être ici d'une véritable utilité.

I. Nous l'avons &Y>^e\és phonétique, à cause de la tendance qui y domine. Le mot, qu'on a contesté, n'importe nullement à notre démonstration.

Commençons par suivre dans Bossuet l'histoire de l'emploi ou de la suppression du t euphonique, ou étymologique, ou plutôt analogique, comme on voudra l'appeler, qui se rencontre dans la conjugaison interrogative. Avant 1649, Bossuet était si éloigné de la pensée de supprimer ce t intercalaire, que, dans la Méditation (') sur la Brièveté de la vie {1648), et dans ce qu'on a intitulé: Première rédaction du sermon sur le Bon- Iieiir des saints, il le redoublait, en certains cas où il n'est nullement nécessaire. Il ajoutait til (sans trait d'union avant ni après le /), à toute forme interrogative ou inversive, qu'elle se terminât par une voyelle ou par une consonne : Combien ce tans est til clairsemé dans ma vie ? . . . que vien reste til ?. . . cela naiit til bien la pêne de se donner tant de pêne ? (Brièveté de la vie). ... Y a til emploie ;... ne s'est til pas lié?... les régalera til! ... se laissera telle repaiidre ! . . . que fera telle ? ... y eust til? (3 fois)... iamais prêtre bii offrit til?... encore est til inconnu;... a pêne le considerast til. (Méditation sur le Bonheur des saints) (-). — Bientôt après commence une réaction en sens contraire, qui sera, du reste, bien éphémère. Huit manuscrits en tout contiennent, à ma connaissance, des exemples de la suppression (3). Sur ces huit manuscrits, il n'y en a que quatre oii elle soit constante; savoir : 1° le Panégyrique de saint Gorgon (^), (9 septembre 1649) : sera-il?... recueillera- elle ? ... reste-il? — On le voit, le t est alors remplacé par un trait d'union. — 2° Le sermon dit de la Compassion (5) (2^ des éditions : Y a-il? ne vous samble-il pas? ... a-il pas fallu ? . . . que nous a-il fait ? ... pourra-il ? . . . ne uoiis

1. Nous établirons, par le sens de plusieurs passages, que cet opuscule remonte à l'ordination de Bossuet pour le sous-diaconat (septembre 1648). — Mss. , 12.822, f. 370.

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