‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 120 sur 243 · Mardi de la Passion · texte numérisé non relu

Mardi de la Passion

4. Banquets, dans toutes les éditions. M. Floquet, citant ce passage, avait pourtant proposé de lire banques. C'est le texte même du manuscrit.

5. M. Floquet pensait (Études..., I, 490^ que le sermon pour le dimanche de Quasimodo était de ce temps ; mais M. Gandara montré qu'il appartient au Carême des Minimes (1660).

6. Voy. mardi de la lie semaine de Carême, et Pensées chrétien?ies et morales, n. XI.

7. Ceste, du commencement à la fin. Ce mot seul suffit à nous empêcher de dépasser la date de 1658. — Voy, en outre : résination (pour résignation) (trois fois) ; c'est un reste des formes phonétiques.

ce manuscrit, la véhémence de certains passages indique bien qu'il fait partie de l'assaut général livré aux âmes durant cette mission. Le discours est adressé à l'auditoire de Saint- Jean de la Citadelle, où sont réunis peuple, soldats et officiers ; l'appellation messieurs alterne avec celles de : mes frères y chréticJis.

— 1658,25 mars. Vêture d'une Noiivelle Catholique. « Indniinini Dominum Jesimi Christiim », à Metz.

(Plus de manuscrit.)

Au milieu même des travaux de la mission, Bossuet eut à exercer ses fonctions de supérieur de la communauté de la Propagation de la Foi : il présida à une Vêture, le 25 mars, fête de l'Incarnation. C'est là que fut prononcé le discours succinct qui a pour texte : Induiniini Doniinuni Jesum Christiiui. Il a plu à M. Lâchât de placer d'autorité ce discours en 1664. La raison qu'il en donne, c'est « la profondeur des pensées, la fermeté de la logique et l'élévation du langage. » Que ces qualités soient nées chez Bossuet deux ans après le Carême du Louvre, voilà une prétention assez plaisante. Aussi ce beau raisonnement n'a pas empêché M. Gandar de proposer (i) la date de 1658, à laquelle nous nous rallions volontiers, en l'absence du manuscrit.

Le 28 février précédent, l'évêque d'Auguste, suffragant de Metz, avait installé dans l'établissement récemment construit de la rue Taison, les Sœurs, « tant les anciennes que les nouvelles, » c'est-à-dire celles que la maison-mère de l'Union chrétienne de Paris avait envoyées pour renforcer le personnel de l'œuvre annexe de Metz. Il y avait juste un an que ces recrues étaient arrivées sous la conduite de la pieuse et charitable Renée des Bordes, Dans le passage suivant, l'orateur a eu, sans doute, en vue cette circonstance: «Certes, je

I. Bossuet orateur, p. 220, note 3. — Il a été suivi par les éditeurs récents : Guérin (1870); — Garnier (1874); — l'abbé Guillaume (Rriday, 1877). — Le vocatif « fidèles, » qui revient deux fois, indique un auditoire de province, ou tout au moins une habitude contractée durant l'époque de Metz.

ne craindrai pas de le dire, il semble que la Providence divine vous a conduites en ce lieu non sans quelque secret conseil : ces âmes que Dieu a retirées des ténèbres de l'hérésie pour les donnera l'Église par votre main, en sont un témoignage évident (')•••>>

— 16^8, Pentecôte (11^ sermon). (Mss., 12.824, f- 167.)

Après le départ des missionnaires « fatigués et épuisés de corps, » Bossuet qui avait si vaillamment partagé leurs fatigues, se reposa en composant de nouveaux chefs-d'œuvre. Il nous en est venu un de cette époque, auquel sa beauté a fait attribuer une date plus récente. C'est le second sermon pour la fête de la Pentecôte. Selon l'abbé Vaillant, M. Floquet, M. Lâchât, etc., il aurait été prêché chez les Carmélites de Paris, en 1661. La date et le lieu assignés sont impossibles.

Le manuscrit n'est certainement pas postérieur à 1658 (-) ; et le mot mesdames adressé dans l'exorde à des religieuses, indique un autre ordre que celui des Carmélites. Il s'agit de ces Bernardines du Petit Clairvaux de Metz (3), « qui s'étaient mises sur le pied de chanoinesses, ne recevant que des filles nobles ». Bossuet, en prononçant devant elles l'allocution funèbre en l'honneur de leur abbesse, Mme Yolande, les avait qualifiées mesda?nes, en 1656, conformément à l'usage reçu. Il fera de même dans les Vêtures de postulantes Bernardines (ler et 2^ sermons). Les calamités auxquelles il fait allusion, ne sont pas celles de 1661, mais celles de 1658, causées par la guerre et par les inondations du commencement de cette année (^) : « Qui de nous a souffert avec les

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