Voy. ci-après, v^' janvier
ce que Dieu demande de vous. Ah ! si les vœux que je lui fais pour votre salut sont reçus devant sa face, cette salutaire pensée jettera Votre Majesté dans unehumiliation si profonde, l que méprisant autant sa grandeur royale que nous sommes ' obligés de la révérer, elle fera sa plus chère application du soin [de] mériter dans le ciel une couronne immortelle {^). »
— Deuxième samedi de Carême, Nouveaux Convertis: « Miindiis gaiidebit ;1> (esquisse placée dans les éditions au troisième dimanche après Pâques). (Mss., 12.824, f. 130.)
Deux choses sont certaines par rapport à ce manuscrit : qu'il est écrit en 1664, et qu'il est destiné au temps du Carême (2).
L'écriture de Bossuet se modifie très sensiblement de 1663 à 1665 : le présent autographe est un de ceux oui la transition est le mieux accentuée. Il renvoie d'ailleurs au Carême du Louvre (sermon du Mauvais Riche), etc.
Une phrase de la fin du premier point donne la date liturgique : « C'est donc avec raison que l'Église nous détache des plaisirs du monde, même des licites. Le Carême pour cet exercice. Nous nous en servons pour une occasion de scandale. V. Caritas Christi urget nos (^), p. 2 et 14. » Ces scandales dans le Carême, c'est la prolongation du carnaval. Nous lisons dans le second point, oii l'auteur établit que les joies du monde sont vaines, après avoir montré dans le premier combien elles sont dangereuses : « Le carnaval achevé, que vous reste-t-il ? Le corps fatigué et l'esprit vide. Oh ! l'homme n'est que vanité, et aussi ne poursuit-il que des choses vaines... »
Bossuet était annoncé, en cette année 1664, dans la Liste
1. Texte revu et corrigé sur le manuscrit qui est à la Bibliothèque du Grand Séminaire de Saint-Sulpice. II y a dans l'ensemble du discours de nombreuses corrections à faire.
2. Interpolations à retrancher dans les imprimés, depuis la ligne 12, de la p. 242 (Lâchât, X) jusqu'à la p. 243, ligne 23.
3. Renvoi à un sermon du Carême du Louvre. Ce sermon est perdu.
véritable et générale des prédicateurs, pour le second samedi (veille du 2" dimanche), aux Nouveaux Convertis. Ce fut apparemment cette instruction qu'il adressa à ceux des hommes du monde, protecteurs de cette œuvre, qui auraient pu être tentés de mêler la charité et les plaisirs.
— i66^, 8 mai, Vctiire de madame d'Albert, à Jouarre. Sermon sur la Virginité. (Plus de manuscrit.)
« Je me souviendrai toujours, ma fille, que vous êtes la première (c'est-à-dire la première du monastère de Jouarre), qui ayez reçu de moi la parole de vie... Dieu prévoyait ce qui devait arriver (c'est-à-dire que Bossuet deviendrait pasteur du diocèse où Jouarre était situé), quand je vous consacrai par ma parole, qui est la sienne, et il en jetait dès lors les fondements. » Ainsi s'exprimait Bossuet, le lo mars 1690, dans une des 300 lettres de piété et de direction qu'il adressa aux deux filles du duc de Luynes, M"ie de Luynes et M""^ d'Albert. Celle-ci particulièrement, aussi instruite que pieuse, ayant appris à Port-Royal la langue latine, musicienne habile, versifiant avec assez de succès sur des sujets de piété, mais en même temps « humble, intérieure, spirituelle, en toute simplicité et vérité, » eut toujours une part privilégiée dans la sollicitude de celui qui l'avait « consacrée par sa parole. »
« Jouarre entendit en effet, le 8 mai 1664, ce sermon que nous n'avons pas, » dit M. Floquet, et après lui tous les éditeurs modernes. Ceux-ci impriment cependant le sermon, sans le reconnaître.
C'est le sermon sur la Virginité : Aimulor enim vos Dei œniulatione : despondi'enim vos uni viro virginem castam exhibere Christo.
M. Lâchât le croit prêché pendant l'éducation du Dauphin. Il en donne des raisons vraiment bizarres ('), qu'il est inutile de discuter ici. D'autres éditeurs, enchérissant encore,