I. XI
déclarent (') que ce sermon appartient « aux dernières années de Bossuet. »
Toutes ces conjectures tombent devant ce fait qu'on lit un renvoi autographe à ce sermon dans un panégyrique de saint Benoît, composé en 1665, et dont le manuscrit se garde au Grand Séminaire de Meaux. M. I.achat lui-même a imprimé ce renvoi à peu près exactement (2).
Il s'en faut donc de beaucoup que notre sermon ait été prêché « devant un auditoire restreint, pour une religieuse peu connue, » comme il le suppose. Étrange prétention, lorsqu'on voit dans l'exorde que la postulante est appelée madame, ce qui indique au xvii^ siècle une fille de haute naissance.
Mais on ne trouve point dans le sermon, nous dira-t-on peut-être, ces allusions à l'illustration de la famille, que l'on est habitué à rencontrer en pareille circonstance. — Il y a de cela une raison excellente: ces compliments avaient été faits la veille, dans le sermon que Le Boux, évêque de Dax (d'Acqs, comme on disait alors), avait prononcé pour la Vêture de la sœur aînée, M"^^ de Luynes. Bossuet, déchargé de cette exigence, pouvait réserver tout son discours à des enseignements plus précieux.
Il n'est pas impossible toutefois de reconnaître ce que la circonstance avait de particulier, dans telle ou telle de ses paroles. Quand il dit (2^ exorde) : « C'est sans doute pour cette raison, mes très chères sœurs, que vous avez désiré de moi que je vous entretinsse aujourd'hui de la sainte profession à laquelle le Saint-Esprit vous a appelées..., » c'est spécialement aux deux nouvelles religieuses qu'il s'adresse.
— 1664. Vêture de la comtesse de Rochefort, aux Carmélites.
(Manuscrit à Meaux. Fragment.)
Ledieu, en nous donnant l'année 1664 comme celle où
1. Édition Guérin (1870), 86. — Cf. l'édit. Guillaume (1877).
2. XII, 164. —II y a dans le manuscrit: « V. Vêture de la Virginité, à la fin: ^'^ 2rf<'<7 vivo quia tiiumphas. » — Ce développement peut ais('-nient se reconnaître à la fin de notre sermon.
Bossuet prêcha la Vêture de cette dame, aux Grandes Carmélites, ne nous a rien appris sur le jour où se fit cette cérémonie. Le texte du discours : Vidnas honora, qiiœ vere vidiiœ snnt (I Tim., V, 3), n'autorise aucune présomption sur ce point : il n'indique ni n'exclut aucune des solennités liturgiques. Serait-ce celle de l'Epiphanie (dimanche, 6 janvier 1664)? Nous avons parlé d'un fragment autographe, se rapportant à la fois à une Vêture et à la fête de l'Epiphanie. Il a été écrit vers ce temps. Dans cet opuscule, qu'on a relégué dans \ç^s Pensées chrétiennes et morales {}), Bossuet, avons-nous dit précédemment, s'était montré si hardi, que Deforis a cru nécessaire de glisser par endroits de timides synonymes et de pratiquer de discrètes suppressions. N'est-ce pas un indice qu'il ne s'agissait plus cette fois de ces jeunes vierges, qui comme M^^'^^ de Bouillon, en 1660, ou quelque temps après, sa sœur puînée, venaient abriter leur innocence dans le cloître (2)? Il manque malheureusement au manuscrit trois feuilles, ou plutôt trois petits cahiers de deux feuilles, qui se plaçaient avant le cahier conservé. Celui-ci est paginé 4, et débute par ces mots : « La grâce du mystère de l'Epiphanie, c'est un esprit d'adoration envers JÉSUS-CIIRIST, et JÉSUS enfant, et JÉSUS inconnu.., »
— 21 novembre 166^. — Précis d'un sermon pour la Présentation de la sainte Vierge (Lâchât, XI, 1 30). La date est indiquée par l'écriture, et par un renvoi inédit au carême du Louvre.
(Mss., 12.825, f. 53.)
— 1 66^, Ji janvier. — Panégyviqne de saint Pierre Nolasqnc, dans r église des Pères de la Merci, à Paris.
(Manuscrit à Meaux et collection Rothschild.)
C'est la date que propose M. Lâchât. M. Floquet (3) semble
1. Versailles. Lâchât et les éditions récentes en font le commencement du II« article, et le cousent à d'autres lambeaux d'origine différente. — Deforis, les éditeurs de 1808, Migne, etc., en font les cinq derniers paragraphes des Pensées chréticjifies et ■morales.
2. Bossuet exhorte la postulante à oublier ses péchés passés et présents. Deforis a supprimé cette incise. Voy. ch. I<;r, \x rectification de ces textes, p. 23-25.