‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 172 sur 243 · Parmi les manuscrits de la Visitation de Nancy · texte numérisé non relu

Parmi les manuscrits de la Visitation de Nancy

2. Péréfixe, archevêque de Paris. — 3. Y\o<:(û.&\., Études..., III, 120.

4. Elle entra définitivement à la Visitation dès le 21 janvier 1666, aussitôt après la mort d'Anne d'Autriche. Déjà elle avait tenté de s'y retirer cinq ans auparavant. Elle prit l'habit lé 22 novembre 1667, et fit profession le 23 novembre 1668. Supérieure en 1695. Elle mourut en 1709, le 23 novembre, ^gée de 71 ans. — (Ces renseignements plus précis que ceux de M. Floquet, sont tiréà des annales de la Visitation. )

La Prédication de Bossuet. 17

Toute cette péroraison est à lire attentivement. Elle dut retentir jusqu'au fond de l'âme de la douce novice, quand par une correction très heureuse, l'orateur s'écria : « Mais, messieurs, suis-je chrétien, quand je parle comme je fais ? Traiterai-je comme morte celle qui vit avec Dieu ? Et croirai-je qu'elle nous manque aujourd'hui, parce qu'elle ne se montre pas à ces yeux mortels? Non, non, il n'est pas ainsi. Nous avons ici plus d'une reine... Anne Maurice d'Espagne, votre unique et chère maîtresse, vous voit du plus haut des cieux ; sans doute elle a trop de part au sacrifice que vous faites ; après lui avoir fermé les yeux, vous avez fermé pour

jamais les vôtres aux folles vanités du siècle Vous

venez professer ici solennellement qu'une reine si puissante et si magnifique, après vous avoir honorée de son affection et comblée si abondamment de ces grâces, n'a pu néanmoins vous rendre heureuse... O pauvreté et impuissance des rois, qui peuvent faire leurs serviteurs riches, puissants, fortunés, mais qui ne peuvent pas les faire heureux ! Et certes il n'appartient qu'à Celui qui est lui-même le souverain bien de donner la félicité... »

— 166"]. Noël {2' sermon). (Mss., 12,821, f, 247,)

Toute maigre qu'est cette année, elle nous offre pourtant encore un chef-d'œuvre, qu'on n'a pas songé jusqu'ici à y rapporter : c'est le second sermon pour le jour de Noël.

On sait que Deforis l'avait incorporé au premier sermon, qui est sur le même plan. L'abbé Vaillant (') a dénoncé cette altération, dont le bon Bénédictin n'avait pas du reste fait mystère. M. Lâchât l'a corrigée. Mais il propose de dater l'œuvre de 1668. C'est un an trop tard. Non seulement le manuscrit, quoique très beau, n'a pas encore tous les caractères de ceux (^) de l'A vent de 1668, mais l'allusion au Jubilé,

1. Études sur les sermoJis de Dossuet, p. i8. — Par une méprise étrange, le jeune critique croyait le second sermon des manuscrits plus ancien qiie le i'^'' (1667, 1656).

2. Particulièrement ence qui concerne les marges: dans l'Avent de i668, Bossuet plie sa feuille en deux parties égales ; dans notre sermon la marge n'est encore que d'un tiers.

qui a décidé M. Lâchât et les éditeurs suivants à opter pour cette année, devait leur faire conclure en faveur de 1667. Il suffisait de consulter la Gazette de cette année (') : « Cette semaine (F* semaine de l'Avent), a été ici publié (sic) la BulleduPapedu 18 juillet dernier, pour le Jubilé universel, avec le Mandement de notre archevêque, pour l'ouverture qui s'en doit faire le 19 du courant ; » c'est-à-dire le 19 décembre. Ce Jubilé fut célébré sans désemparer : on en voit faire la clôture dès le jour de Noël, à Paris et à Rouen. En d'autres endroits il fut prolongé ; à Dijon, par exemple, oii Bossuet en parlera le i*^'' janvier suivant.

Notre sermon, je crois, a dû être prononcé dans une des communautés de cette ville. Des affaires de famille (^) y avaient rappelé Bossuet, après la mort de son père.

— 1668, 7^'' janvier. Sermon de la Circoncision, à Dijon, devant Condc. (Mss., 12.821, f. 309,)

Huit jours après, Bossuet prononça à Dijon le discours sur la Circoncision (4^ des édit.), qui non seulement contenait comme l'autre des pensées profondes et des traits éclatants, mais qui fut rédigé d'un bout à l'autre, fait assez rare chez notre orateur à cette époque. Il est question plusieurs fois du Jubilé, dans les exordes, et à la fin du i^^" et du 2^ point. L'allocution au grand Condé, qui termine le discours, a servi également à en fixer la date, qui est connue depuis longtemps (3).

— 1668. AvENT A Saint-Thomas du Louvre;

— Panégyrique de saint André, aux Carmélites ; — Conférences à V hôtel de Longueville.

Après s'être retiré de nouveau environ quatre mois dans

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