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la grâce qui pardonne, et par la grâce qui nous aide et nous soutient contre l'attrait dangereux, et par la grâce qui en arrache jusqu'à la racine, lorsqu'enfin elle nous couronne et nous récompense. Toutefois les notes ajoutées à l'intention de Noël ne s'y rencontrent que dans le troisième point. Là elles sont nombreuses.
Ainsi, en face de la première phrase : <{. C'est donc ici, chrétiens, la dernière grâce, le prix, la perfection et le comble de toutes les autres, » etc., on lit déjà : (( C'est pour cela qu'il nous est né un Sauveur sur qui le péché ne pouvait jamais avoir de prise, afin que, régénérés du même Esprit dont il a été conçu, nous pussions par sa grâce devenir un jour heureusement incapables de succomber au péché ('). »
Et plus loin : « [Notre âme (2) est comme un vaisseau, et la joie y est versée comme une liqueur]. La joie y est entrée cette nuit ; cette paix promise à la terre, etc. ; mais comme dans un vaisseau corrompu et déjà rempli d'autres joies. »
Enfin, sur la nouvelle péroraison, qui, au i^"" janvier 1669, avait remplacé l'allocution à Condé de l'année précédente, Bossuet a jeté encore quelques notes, indiquant qu'il en a tiré un nouveau parti. A ces mots : « Peut-être que cette année nous sera funeste, » il ajoute : « Je ne veux point faire de mauvais présages : ilj/ a dans cet auditoire des têtes trop précieuses dont nous souhaitons de prolonger les jours, et même, sans hésiter, aux dépens des nôtres. Je ne consulte point les astres ni leurs fabuleuses influences; des chrétiens s'amuser à ces rêveries criminelles ! et attendre leur bonne fortune d'une autre source que de la divine Providence ! Loin de nous ces prédictions ! Je trouve tous les mauvais pronostics dans nos consciences, dans notre vie licencieuse et toute profane ;
2 Je mets entre crochets ce qui était de la rédaction primitive (f. 335). — Cette '
note marginale n'a pas été aperçue par M. Lâchât, qui en a vu dans des manuscrits ■
qui n'ont ni note ni marge, et même dans des manuscrits qui n'existent pas. \
j'ai peur que Dieu ne se lasse de supporter nos ingratitudes ('). »
Ces têtes « trop précieuses, » pour lesquelles tous sont prêts à donner leur vie, c'est, non pas Condé, Chamilly, Bouteville-Luxembourg, Gaureau du Mont, comme l'a dit M. Floquet (2), qui, ne distinguant pas ces différentes rédactions dans les éditions anciennes, a cru ces paroles prononcées à Dijon, au i^'' janvier 1668 ; mais bien la famille royale tout entière.
— lôjo. Deuxième samedi,aiix Nouveaux Convertis. Su?' la Parole de Dieu,
(Mss., 12.822, f. 131, 132 : nouvel avant-propos.)
Bossuet était annoncé, en 1670, comme devant prêcher le II'' samedi de Carême aux Nouveaux Convertis (3), Si nous faisons réflexion que l'évangile de ce jour est le même que celui du lendemain, II« dimanche, nous n'hésiterons pas à reconnaître le sujet traité par l'orateur. Ce fut alors (•^), et non en 1666, qu'il reprit le sermon des Carmélites sur la Parole de Dieu, et qu'il écrivit le nouvel avant-propos, placé en tête du sermon dans les éditions : « Je n'entreprends pas de vous raconter toute la gloire du Thabor, » etc.
— lôyo. Samedi avant les Rameaux, a2ix Nouveaux Convertis: « Nuncjudicium est mundi.)) (Mss., 12.822, f. 169.)
D'autre part, nous avons un sermon magnifique, quoique un peu sommairement rédigé, qui n'est pas aimoncé dans la Liste véritable et générale... Sans doute Bossuet aura accepté l'invitation, quand cette liste était déjà imprimée : le concours du supérieur des Convertis de Metz était toujours acquis à-
1. Mss., 12.821, f. 340. — Et un peu plus loin : « Si vous pleuriez de bonne foi vos péchés, si vous pouviez vous déprendre de ces plaisirs dégoûtants, de ces ennuyeuses délices dont vous devriez déjà être rassasiés, dont les sages espèrent toujours revenir, mais Dieu n'en donne pas toujours le temps ou la grâce ! »