Le jeudi
3. Lire, comme compensation, vme belle dissertation sur la Charité fratenielle (Pensées chrétiennes et morales, Xli. Lâchât, X, p. 604-609.) — Bossuet l'avait rédigée quelque temps auparavant. Cf. ci-dessus, p. 41 et p. 161.
4 Mss. , 12.821, f. 263.
de l'autre les défauts, etc., comme au sermon « Mulier, crede inihi, » /'''■ Carême du Louvre^ sermon j. »
Ces paroles : Mulier, crede mihi... sont en effet tirées de ) l'évangile du vendredi de la troisième semaine de Carême, l'évangile de la Samaritaine.
Un autre renvoi au même sermon se rencontre dans celui de la Femme adultère (1663, samedi de la troisième semaine de Carême). On y voit la preuve que la seconde partie de l'œuvre perdue traitait du jugement téméraire :
« La prudence m'enseigne à ne précipiter pas mon jugement, l'humanité m'ordonne de présumer le bien plutôt que le mal ; et la vérité même m'apprend de ne m'abandonner pas témérairement à condamner les coupables, de peur que, sans y penser, je ne flétrisse les innocents par une condamnation . injurieuse. Voy. Louvre, j' semaine, j' sermon, 2' p. IX ('). » 1
Dans une esquisse,indûment placée au III^ dimanche après ; Pâques, Bossuet se réfère à un sermon, qui pourrait bien être le second de cette troisième semaine. A la fin du i^'' point, je lis ce renvoi (2), inédit comme le précédent : « V. Caritas CJiristi urget tios, p. 2 et 14. » On ne peut supposer qu'il s'agisse ici ou du premier panégyrique de saint François de Paule, ou du second de l'apôtre saint Paul, qui ont le même < texte ; caria pensée que l'auteur veut développer est celle-ci: Nous nous faisons une occasion de scandale du Carême, qui nous était donné pour nous détacher des plaisirs du monde, même licites ; et elle ne se rencontre nulle part dans ces discours, j
Le sermon prêché à Jouarre le jour de la Toussaint de cette même année, dont on parla beaucoup, au dire de l'abbé Ledieu (•^), ne s'est pas retrouvé. M. Floquet avait cru le reconnaître dans un discours aujourd'hui très incomplet, le quatrième (^) des éditions. Les éditeurs venus depuis n'ont
I. M3S.,i2.822,f,292,f.293.vo — M. Lachat a renoncé à déchiffrer ce renvoi — 11 doit se placer à la fin du isf p. — 2. Mss. , 12.824, f> 133» v°. — 3. Mémoires, p, 96. 4. Le troisième dans l'édition Lachat, VIII, 52.
pas manqué d'abonder dans ce sens. Il est certain toutefois qu'il faut réserver à 1668 cette esquisse incomplète, dont le texte du reste n'est point, comme à Jouarre : Amen, Alléluia (Apoc, XIX, 4), mais : Ut sit Deus omnia in omnibus. C'est, avons-nous dit, l'ouverture de l'Avent de Saint-Thomas du Louvre. L'écriture seule ici suffirait à trancher la question ; car elle diffère grandement à ces deux dates, 1662 et 1668.
Nous avons signalé dans le chapitre précédent ('), six sermons, ou, pour mieux dire, six fragments appartenant à la moins connue des stations de Bossuet, au Carême de Saint- Thomas du Louvre, 1665. Malgré tous nos efforts, nous j n'avons pu rien découvrir par rapport à la prédication du j premier et du quatrième dimanche. j
Du discours synodal, prononcé le 17 juin de cette année, \
il ne nous est venu que le texte : Apprehendite disciplinam. » Du reste l'orateur donna, en cette circonstance, beaucoup à
l'improvisation. On rapporte qu'entraîné par l'abondance de |
son érudition, qui lui fournissait « nombre de passages des j
saints Pères, de décisions des Conciles..., ayant tous trait à j
la vie, aux mœurs, à l'instruction des curés, » il ne put dans >
i le temps donné traiter qu'un seul des trois points qu'il | s'était proposés (^).
Prêchant, le 22 juillet, en l'abbaye de Chelles, il sut, au ; témoignage de l'historien (^) de cette abbaye, dom Placide Porcheron, mêler dans son discours, avec une adresse pleine d'esprit, les traits les plus frappants de la vie de sainte Madeleine et de celle de sainte Bertille. Sainte Madeleine, dont la fête se célèbre à pareil jour, était la patronne de l'abbesse
I. p. 247-252. — Ces discours sont : II<= dira, de Carême, sur la Parole de Dieu; \ Ille dim. , sur les Plaisirs;— V^ dim. « Si egojudico... ;»— VI^ dim.,sur / 'Honneur; — { Vendredi-Saint ; — Samedi-Saint.
i 2. Voy. Y\oc^ç.\., Études..., II, 14.1. 1 3. Au Grand Séminaire de Meaux. Voy. [lour plus de détails, Floquet, 11, 446-451. j
chérie entre toutes, Madeleine de la Porte, qui, alors même, ajoutait à ses libéralités précédentes celle d'une châsse d'argent destinée à contenir les reliques insignes de sainte Bertille, première abbesse de Chelles.
Toutes ces pertes sont fâcheuses sans doute; mais combien ; l'est plus encore celle de l'oraison funèbre d'Anne d'Autriche, la bien-aimée protectrice des débuts de Bossuet ! Elle fut prononcée « au service solennel du bout de l'an (18 janvier 1667), dans l'église des Carmélites du Bouloi. » Ainsi s'ex- ; prime Ledieu ('). Ce qu'il appelle un peu emphatiquement l'église des Carmélites [de la rue] du Bouloi, n'était alors qu'une modeste chapelle, qui ne pouvait guère contenir plus de cinq cents personnes. N'importe ; personne n'acceptera l'appréciation gratuitement dédaigneuse de l'auteur du Siècle , de Louis XIV, qui prétend que si ce discours n'a pas été i conservé,c'est qu' « il n'était pas encore digne de Bossuet (^). » Qu'on relise la belle péroraison ajoutée au dernier moment, l'année précédente, au sermon d'ouverture de la station du Carême, le jour de la Purification, et l'on verra quels accents il savait trouver pour célébrer, à sa manière et dans le ton qui n'est qu'à lui, une princesse si regrettée. De l'œuvre perdue, le souvenir du texte subsiste seul : Timor Domini ipse est thésaurus ejiis:<i\^2L crainte de Dieu était son trésor(^).»
Par compensation aux conférences faites au parloir des j Carmélites l'année suivante (1668), pendant le Carême, sur les Épîtres du temps, et qui, selon le mémoire des reli- [ gieuses, « étaient d'une beauté enchantée et de la plus ' grande utilité du monde, » nous donnerons dans un appendice une pièce importante, dans sa brièveté: elle se rapporte aussi à des Conférences sur V Écriture Sainte, mais à des conférences plutôt scientifiques qu'oratoires, celle du Petit Concile de Saint-Germain et de Versailles, pendant l'éduca-
I. Mémoires, 99. — 2. Cf. Floquet, Études..., III, n8. — 3. Is., XXXiii, 6. I
tion du Dauphin. C'est la belle Préface latine, que Bossuet composa pour le Nouveau Testament, et qui, inédite jusqu'à ce jour, est restée dans la célèbre Bible du Concile ('), qui fait partie de la collection Floquet.
Le panégyrique de saint Thomas, apôtre (21 décembre 1668), nous eût valu, s'il eût été conservé, des pages d'une haute valeur apologétique. D'après un passage, effacé dans le sermon de la Pentecôte, 1672, l'auteur insistant sur ce que les apôtres avaient touché de leurs mains JësUS-Christ ressuscité, faisait remarquer dans notre panégyrique que si le toucher est le plus grossier et le plus matériel de tous les sens, il est aussi le moins sujet à l'illusion :
« Les apôtres, disait-il dans le développement reproduit, puis supprimé, en 1672, n'étaient point des spéculatifs (-) qui eussent rêvé dans leur cabinet des mystères inconnus, et qui, entêtés de leurs opinions, les soutinssent opiniâtrement jusques à la mort. JéSUS-Christ ressuscité leur avait paru en personne ; ils l'avaient vu de leurs yeux, lui parlant et lui répondant, et souvent et longtemps, et plusieurs ensemble. Bien plus, pour ne laisser aucun doute ni à la sincérité de leur foi, ni à la certitude de leur témoignage, JésUS-Christ s'était mis entre leurs mains, et leur avait laissé manier et la solidité de son corps et les ouvertures sacrées de ses plaies. Qu'y avait-il de plus convaincant et pour eux qui en ont rendu témoignage,et pour nous qui avons cru le rapport fidèle qu'ils nous ont fait en mourant ? Car le toucher sans doute est le plus grossier et le plus matériel de tous les sens, mais aussi il a cela de particulier... (^) Voy. saint TJiomas, apôtre. »
1. Bible de Vitré, in-40. (Voy. Ledieu, Mémoires, 167.) Les notes écrites sur les marges sont presque toutes de la main de Fleury,secrétaire officieux de Bossuet à cette î époque, et qualifié « secrétaire du Concile.» (Floquet, Bossuet précepteur, 428 et seq.) \
2. Cette première phrase a son pendant au i'^'' point du panégyrique de saint j André; ce qui suit ne se rencontre nulle part ailleurs. [
3. Mss., 12.824, f. 189 et f. 186, en commençant parle vo. — Voy. dans le même '■ sermon de la Pentecôte un autre renvoi au panégyrique de saint Thomas, f. 197 ;
« Voy. Serm. de saint André, de saint Thomas, quelques considérations et expressions choisies, » etc.
Sur la foi de A. Floquet, les éditeurs modernes ont prétendu que la Vêture prêchée le 8 septembre 1669, était celle qui a pour texte: Martha, Martha, sollicita es... (Lâchât, IX, 455), et ils l'ont intitulée : Vêture de Marie- Thch'èse- Henriette de la Vieuville. Nous avons signalé l'erreur précédemment ('), elle est évidente en face du manuscrit, \ plus ancien d'environ quinze ans. Ce qui avait fourni prétexte à cette erreur, c'est que l'ancien sermon avait été, comme celui dont nous déplorons la perte, prononcé le jour de la Nativité de la Sainte Vierge.
On sait la particularité mémorable qui se rattache à l'histoire de ce discours aujourd'hui introuvable. Au sortir de la pieuse cérémonie, Bossuet entrant comme invité dans cet évêché de Meaux, qui devait treize ans plus tard devenir sa demeure, trouva un courrier royal qui lui apportait la notification officielle de sa nomination à celui de Condom. 1
A la Vêture de M^'e des Coix (28 août 1670), Bossuet fit admirer « la belle morale, l'onction, la tendresse (-) » de son discours. Madame^ duchesse d'Orléans, dont l'Oraison funèbre (21 août) retentissait encore, fut remplacée à cette cérémonie, à laquelle elle avait promis d'assister, par sa fille (Mademoiselle), une enfant de neuf ans. En cette seconde solennité funèbre, sorte d'écho de la première, et où, morte au monde, l'ancienne femme de chambre de Madame s'ensevelissait dans le cloître, l'absente, cett2 « princesse si admirée et si chérie, » ne dut pas être oubliée dans le discours de l'orateur.
En 1680, Bossuet porta la parole en deux circonstances ■ qui nous montrent son caractère sous un jour trop peu connu.
En compensation de sa démission de l'évêché de Condom ■ (31 octobre 1671), il avait reçu, l'année suivante, l'abbaye de \