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Saint-Lucien de Beauvais. Si les affaires temporelles, lorsqu'il y était seul intéressé, avaient peu d'attrait pour son génie, du moins, nous apprend l'histoire locale, « quand il bii fallut administrer les biens d'une grande commu?iauté, il sut y appliquer son esprit^ et y donner des soins en rapport avec sa hante capacité 'f). » Au lieu qu'un mot terrible résume l'histoire de tel des commendataires ses prédécesseurs, de Richelieu, par exemple : « Il dévora les revenus » pendant douze ans : Reditus devoravit ab anno i6jo ad 16^2 (2); pour Bossuet, au contraire, nous lisons cet éloge exceptionnel dans les Annales monastiques : « Sa mémoire est en bénédiction : » Cujus memoria in benedictione est (^'). En effet s'étant soigneusement renseigné sur l'état déplorable oij se trouvait l'abbaye, il avait fait lever un plan du monastère, dresser une carte des propriétés et une liste des droits et des charges. Il examina par lui-même tous les rapports rédigés, fit faire de toutes parts les réparations nécessaires aux constructions monastiques, et à plus de trente églises ; vingt-quatre furent dotées par lui de livres liturgiques. Pour fournir à tant de dépenses, il dut exercer des reprises contre les héritiers de son prédécesseur, le cardinal Mancini,qui avaient accaparé toutes les ressources. Il ne réussit à leur faire supporter une partie des charges, qu'en soutenant de longs procès qui ne se terminèrent qu'en 1 702. Par un autre soin, plus digne encore de ses hautes facultés, il fit rédiger un cartulaire sous la direction de dom Placide Porcheron, qui fut aussi chargé d'écrire une histoire de l'abbaye depuis sa fondation jusqu'en 1681 (4).
A la différence de tant d'abbés commendataires qu'on ne vit jamais dans leurs bénéfices, Bossuet se rendait à Saint- Lucien, lorsque ses fonctions le lui permettaient. Des circonstances critiques pour ceux qui relevaient indirectement de
1. Histoire de F Abbaye royale de Saint-Lucien de Beauvais, par MM. l'abbé Deladreue et Math on.