‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 211 sur 243 · Ch. ne de la II« partie, p · texte numérisé non relu

Ch. ne de la II« partie, p

• 3. C'est également au 3 août, fête de l'Invention du corps de saint Etienne, non au

i 26 décembre, qu'il faut assigner le panégyrique du même saint, prêché à Meaux par 1

j Massillon, mais après la mort de Bossuet, en 1706. • ' 4. Analyse dans le Journal ù& Ledieu, I, 146.

5. Mémoires, p. 56. — Sur un panégyrique de saint Ignace de Loyola, que Bossuet

aurait également prêché, d'après une lettre de Grosley au Journal encyclopédique ■ (1768), je n'ai rien pu découvrir.

Les solennités de Noël, de la Circoncision, de l'Epiphanie eurent aussi une large part dans le zèle de Bossuet. Rochard nous apprend sans autre détail qu'il prêcha dans sa cathédrale à Noël, en 1685, 1686, 1687. Le prélat lui-même envoyant un « exercice » à M™e Corneau et à M'^^ d'Albert (21 et 22 décembre 1692), déclare que ce sera là le sujet de son sermon pour Noël. Il s'agit du titre d'Admirable donné au Sauveur par Isaïe (ix, 6). «...Priez Dieu, ajoute-t-il, qu'il m'ouvre l'intelligence de cette admirable prophétie, la plus capable que je sache de faire connaître et aimer ce divin Enfant. Puisse-t-il être aimé de toute la terre ! » Et peu après, revenant sur ce sujet : « Songez bien à cet Enfant admirable, écrit-il, et songez particulièrement en quoi il l'est pour vous ; j'en suis pénétré. » Une vérité dont un tel orateur était ainsi pénétré à l'avance, et qui remplissait toute son âme, pouvait- elle l'inspirer faiblement .-' Voici, d'après le même document, quelle devait être la division du discours : i^ Jésus admirable en Dieu : admirable en lui-même, admirable en ses conduites, en ses vertus, en ses miracles ; 2° admirable en nous-mêmes : dans notre vocation, dans les miséricordes qu'il a exercées envers nous, admirable dans la suite de notre vocation, et dans notre persévérance.

L'année suivante, deux mots d'une lettre à W^^ d'Albert (22 décembre 1693) indiquent le plan du sermon de Noël : Gloria in excelsis Deo, — pax Jiominibus ! (Luc, II, 14.)

Les sermons du jer janvier 1683 et 1686, sont simplement mentionnés dans les notes du médecin Rochard. Il nous apprend toutefois qu'en 1686, le texte fut le même que nous trouvons dans plusieurs de ceux qui ont été conservés, par exemple, dans l'œuvre capitale de l'année suivante (Circoncision i687,chez les Jésuites): Vocatnvi est nouien ejus JESUS... Le prédicateur « dit des merveilles » sur ce nom sacré. Préoccupé des Nouveaux Catholiques, il s'étendit sur la « justification et les œuvres,» sur «le mérite et la sanctification. »

« On ne peut, s'écrie le naïf narrateur, raconter les belles, savantes et agréables choses qu'il dit là-dessus, appuyé par tous beaux passages tant de l'Ancien que du Nouveau Testament. Il prêcha cinq quarts d'heure, M. l'Intendant (') y étant présent et fort attentif; et les Nouveaux Convertis ne se lassaient pas de l'entendre. »

Le sujet d'un autre sermon pour la Circoncision, prêché aux Ursulines en 1702, ne nous est pas nettement indiqué. Ledieu se borne à dire, dans son Journal, qu'il « tourna sa morale au retranchement. »

Nous avons peu de détails sur les instructions adressées en la fête de l'Epiphanie ; nous en rencontrerons bientôt un exemple toutefois, dans les sermons de pure controverse.

Avant d'y entrer, mentionnons une autre solennité dans laquelle Bossuet avait coutume de se faire entendre dans son église de Meaux. C'était le dimanche dans l'Octave de la Fête-Dieu. Il prêche ce mystère en 1687, 1688, 1689, 1691 et 1702. Nous aurons à revenir sur ce dernier discours qui fut comme le testament oratoire de Bossuet.

§ 2. Ministère de Bossuet à l'égard des Protestants.

TOUTES les fois que nous approchions de la date de la Révocation de Védit de Nantes (20 octobre 1685), nous rencontrions une préoccupation qui semblait dominer toutes les autres, celle de l'instruction et de la conversion des « frères errants. » Il s'en faut de beaucoup cependant que Bossuet ait attendu cette circonstance pour éprouver ce grand zèle, qui prit subitement aux abbés de cour. Nous l'avons vu recevoir, dès 1653, un an seulement après son ordination sacerdotale, l'abjuration de Lallouette, cet avocat de Toul, que ses instructions avaient déjà éclairé. Deux ans après, il compose son premier ouvrage, le seul qu'il ait publié avant d'être évêque; c'est la Réfutation du Catéchisme général

Page 1