‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 227 sur 243 · Bossuet orateur · texte numérisé non relu

Bossuet orateur

j après avoir trouvé la vraie place de quelque ironie écrasante : à ^ï fj-px-nyo^ ày.olojOtl : « et leur général les suit ! » ne I cédait pas à la tentation d'amplifier ces ironies si fortes dans la langue originale ; mais, poursuivant ses raisonnements victorieux, il montrait, sans désemparer, et par un seul mot encore,qu'il n'en pouvait être autrement, avec des mercenaires qui n'étaient pas payés (i).

< N'y a-t-il pas lieu de se défier des théories qui érigent en loi '' les procédés de tel orateur, cet orateur fût-il Massillon, ! Bourdaloue, ou Cicéron ? Elles tendraient à faire croire, î contre toute vérité, que d'autres non moins illustres, pour '. ne rien dire de plus, ont tourné le dos au vrai chemin de l'éloquence. Démosthène et Bossuet sont des orateurs à la fois pleins et concis ; et ne pourrait-il se faire que ceux qui ont pour méthode de « revenir un peu sur la même idée,» et ; même de s'y arrêter longtemps, » rencontrassent parfois la j diffusion en cherchant une plénitude un peu artificielle ? = Mais ne peut-on pas craindre un moment où l'orateur, ayant atteint tous les points culminants de l'art d'écrire, et unissant la dignité du style à la concision, se jettera dans l'abstraction philosophique, et se laissera, pour ainsi dire, perdre de vue à force de vouloir s'élever? « Dans les derniers sermons que Bossuet prêche à la cour, a-t-on dit, cet ^ équilibre harmonieux de qualités diverses commence à se ] * rompre un peu ; la majesté va en grandissant, la familiarité | s'atténue chaque jour davantage. L'accent personnel, si sen- \ sible dans les sermons de la jeunesse, disparaît pour faire j place à cette manière impersonnelle et abstraite, plus sublime, sans doute, mais où l'homme même, à notre gré, s'efface un peu trop. Dès les sermons de 1666, Bossuet est déjà le Bossuet des grandes Oraisons funèbres (2). » Cette dernière réflexion de M. Rébelliau est très exacte ; mais qui donc admettra que « l'homme s'efface trop » dans les discours où

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