WOLF ET SES DISCIPLES
« Us formiTPnt ceux qui ont formé par leun écrits le reslo de rAUemagne. » Mirabeau.
Christian Wolf, né en 1679 dans la capitale de la Silésie, à Breslan, chassé do l'université de Halle en 1723, sons l'absurde inculpation d'athéisme, rappelé en Prusse, lors de ravénenient de Frédéric le Grand, en 17iO, mort une année avant que Kant parut dans la carrière de l'enseignement public, en 17oi, fut l'homme qui laissa les traces les plus visibles dans les institutions universitaires d'Allemai2:ne. Il n'eut pas seulement l'honneur d'y fonder la première école de philosophie nationale ; il eut le mérite plus durable de former le langage mémo de la spéculation allemande. Par ses nombreux écrits, par la multitude de ses élèves, il composa ro[)inion élémentaire de la philosophie sepiontrionale, celle qui se rencontre encore (,*à et là, malgré toutes les révolutions de la pensée moderne. Ses manuels latins portèrent môme ses principes ou sa méthode au loin, en Italie aussi bien qu'en Suède. Esprit étendu et tranquille, avide de certitude et de rigueur scienli tique, épris d'une régularité systématique, aussi savant que laborieux, aimant à rendre les notions elVeclives, autant quà les justilier par le raisonnement abstrait, Wolf était non-seulement
propre à donner aux doctrines de Leibniz les deux dimensions qui semblaient y manquer, la largeur et la longueur; mais à les opposer au débordement du scepticisme matérialiste et athée, qui venait de France et d'Angleterre. Qui ne se doute des inconvénients, des bizarreries, des ridicules que devaient entraîner les procédés dont Wolf faisait un usage si immodéré ? Mathématicien et logicien avant toutes choses, il voulait tout démontrer, l'évidence elle-même ; il confondait la raison et l'analyse; il prenait la pesante uniformité de l'argumentation pour le type accompU de la sévérité didactique, et môme pour la seule expression digne de la vérité pure ; il poussait les manies du dogmatisme jusqu'aux limites extrêmes de la pédanterie. Mais tous ces travers n'en furent pas moins rachetés par un double avantage. Grâce à Wolf, la science allemande fut soumise à une forte discipline, et la morale allemande fut préservée de ce qu'elle appelait la contagion du liberlinage étranger.
En quoi consistait donc sa méthode ? Dans une déduction géométrique semblable aux allures de Spinosa, et devenue à son tour le modèle de plus d'un système récent. Wolf avait coutume de la légitimer ainsi. La pensée est une force capable de connaître le vrai, et une force si active qu'elle peut se suffire à elle-même. Elle n'a qu'à partir de notions certaines, de définitions incontestables, et à passer ensuite du simple au composé, en dégageant des idées claires et distinctes tout ce qu'elles contiennent évidemment. La haute science n'est qu une application perpétuelle du principe de
DOCrUINES RELIÔIÊDSËJ
l'identité. Cependant, à côté d*elle, n'y a-t-il pas l'expérience? Oui, auprès de la connaissance rationnelle vient se placer la connaissance expérimentale. De là, deux ordres d'études parallèles et correspondantes, qui s'appellent, se complètent et se vérifient réciproquement. Le premier ordre , le savoir a priori, embrasse ce qui peut être vrai, ce qui doit être réel. Le second, le savoir a posteriori, renferme ce que Ton constate comme réel, ce qui se manifeste comme vrai. Le premier procède par voie d'intuition et de déduction; le second emploie l'observation et l'induction. L'une et l'autre route peuvent-elles servir, quand on veut connaître Dieu? Aussi naturellement, répond Wolf, que pour connaître l'âme humaine et le monde. Afin de le prouver, le philosophe de Halle composera une double théologie : une théologie rationnelle, c'est-àdire une analyse de l'idée abstraite de Dieu ; puis une théologie empirique , une combinaison logique des faits qui instruisent nos sens et notre conscience de l'existence et de la nature de Dieu. Ces deux genres de théologie, réunis et comparés, constituent la théologie naturelle, ainsi nommée parce qu'elle cherche à connaître Dieu par les seules lumières de la nature, solo lumine naturali ' .
Cette sorte de religion, quel rapport a-t-elle avec la révélation ? A l'exemple de Leibniz, Wolf n'admet d'autre rapport ici qu'une conformité primitive ou finale. Sur tous les points essentiels les leçons de la nature s'accordent avec les oracles de l'Écriture sainte, de
1 Voy^z Wolf, Theolog. natur. mcthalo acientif. pertract. initio. Ed. II,
telle f^içon que rÉcriture devient elle-même une source, un auxiliaire indispensable pour la foi naturelle * ; et que Wolf essaye, pour chaque chapitre, de fkire voir la concordance des vérités rationnelles avec les vérités révélées. C'est là un trait si dislinctif de toute son entreprise philosophique, que le docte et pieux auteur de r Histoire du Manichéisme, Beausobre, avait droit de dire à ceux qui s'avisaient de faire passer Wolf pour un dangereux athée: « Mais M. Wolf est plus orthodoxe que moi ! » Pendant que le naturalisme, en Angleterre et en France, visait avec scandale à l'hétérodoxie, le rationalisme wolfien s'attachait industrieusement à préparer, à prouver l'accord de la science et de la révélation.
Un autre trait qui caractérise cette école nombreuse, c'est qu'elle s'adonne avec prédilection à la démonstration de l'existence de Dieu. Considérant l'Être des êtres sous un double aspect, comme créateur de l'univers et comme esprit parfait, Wolf appuie sa réalité sur deux classes de raisonnements : ceux de l'expérience et ceux de la métaphysique.
Pour les arguments de l'expérience, Wolf les réduit à celui de la contingence. Tout ce qui existe, le monde et l'âme, doit avoir une raison suffisante, dit-il : or, ni le monde ni Tàme ne peu\ ent avoir en eux-mêmes une raison pareille. Ce fondement indispensable est hors d'eux, et de plus il n'est pas contingent comme eux. Il est nécessaire, c'est l'Être nécessaire même, c'est-àdire, un Être infiniment plus réel que les êtres contiuî^ents. En raisonnant ainsi, Wolf se fiatte d'avoir un
* Ihidem. § 22.
avantage sensible sur Leibniz même, qui fondait la foi naturelle sur le spectacle de Tordre général, établi par un artiste parfait, plutôt que sur l'état dépendant et relatif de la création. Wolf ose accuser son maître d'avoir commis un cercle vicieux, en admettant des desseins dans la nature : c'était, dit-il, supposer ce qui est en question, c'était donner d'avance à la nature un auteur intelligent, tandis qu'il s'agissait précisément d'induire a pos^enonl'existence d'un Être semblable \ Mais Wolf lui-même ne s'aperçoit i)as du danger auquel cette dissidence menace de l'exposer. Il ne voit pas qu'en allant faire de Dieu la substance de la création, plutôt que sa cause, il risque de l'identifier avec elle, et de tomber dans les bras de ce Spinosa qu'il redoute et qu'il abhorre. Il ne songe pas que si Dieu est la raison suffisante de l'univers, c'est que Dieu a voulu la devenir ; qu'ainsi il a été en lui-même cause et volonté, avant que d'être auteur et conservateur de ses œuvres.
Wolf ne s'aperçoit pas davantage combien il affaiblit la preuve métaphysique, en la transformant en un syllogisme épais et abstrus, c'est-à-dire en abandonnant un fonds impérissable pour une forme sans consistance. L'Être des ôtres, dit-il, réunit au souverain degré toutes les réaUtés conciliables'. Or, parmi ces réalités se trouve l'existence, et l'existence nécessaire, laquelle n'est ni un phénomène, ni un attribut, ni une perfection, laquelle est une réalité. Donc Dieu existe
* Voyez les Horœ suhsecivœ et la Rntio prœlect. metaphysic.
* Compossibiles.
DE LÀ l'HlLOSOPUlE MODERNE,
nécessairement... Wolf se félicite d'avoir introduit le mot réalité, comme si ce mot même ne pouvait être tantôt pris pour qualité, tantôt considéré comme quelque chose d'absolument différent. Loin de sentir que la manière dont il pose sa première prémisse rend inutile le reste du raisonnement, en jugeant la question par la question; que, par sa seconde prémisse, il glisse frauduleusement dans la première ce que la conclusion en doit tirer; qu'enfin la raison n'a pas le droit de conclure de ce qui existe dans l'esprit à ce qui existe au dehors, il croit avoir heureusement perfectionné la pensée toute platonicienne qu'Augustin, Anselme et Descartes avaient transmise à Leibniz. Il croit l'avoir, non-seulement revêtue d'une armure invulnérable, mais simplifiée et agrandie , en substituant la vague abstraction de réalité à ces idées éternelles d'infini et de perfection, dont la présence universelle en l'esprit humain témoigne si immédiatement de l'existence nécessaire d'un Être infini et parfait, leur cause unique et leur vivant exemplaire. Cependant, lorsque Wolf étudie la nature de Dieu, il se rapproche de nouveau de Leibniz. Il reproduit en détail, il coordonne patiemment les propositions que nous avons déjà passées en revue. Le but qu'il assigne à ce concours de fins particulières et générales, qui forme le plan mouvant de la nature et de l'histoire, c'est la manifestation croissante de la majesté divine, gloria DeiK
Une nuée de paraphrastes et d'apologistes poursuit sur les traces de Wolf l'œuvre de Leibniz, mais
* Théolog,natur, S 610,631. De Dieu (en allemand), 896. 926, 1044.
ellen'oiïre que trois noms à l'estime de lapostérilé: Bilfinger, Baiimgarten et Meier.
L'habile malhémalicien qui avait enseigné avec tant d'éclat à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, et qui finit par devenir un des ornements de l'université de Tubingue, sa patrie \ Bilfinger se fit une réputation singulière par les etYorts ingénieux dont il soutenait la définition wolfienne de Dieu. «Dieu est l'Être qui représente tous les mondes possibles, disait-il, en la manière la plus complète et la plus exacte, la plus claire et la plus distincte *. .) On était aussi frappe de la hardiesse avec laquelle il ramenait tous les attributs divins à l'indépendance absolue % à VÀséilé, comme il s'exprimait d'après les péripatéticiens du moyen âge. Enfin, plusieurs savants honunes préféraient même à la célèbre Théodicée l'ou\ rage où Bilfmger tiaitait do l'origine du mal \ La sagesse de Dieu, y lisaient-ils avec satisfaction, consistait non hpermettre le mal, mais à réaliser un monde où la somme du mal fut de beaucoup inférieure à la somme du bien, et servît forcé- ^lent à augmenter celle-ci.
Bilfinger fut néanmoins éclipsé par le berlinois Baumgarten, homme véritablement supérieur, et sago autant que philosophe. Nous connaissons peu ses mérites variés ; mais quelle déférence les contemporains
« n y mourut en 1750.
» Dilucidat philos. § 370. sqq. Gomp. Baumeister, Institut, metaphys. § 54. Omnitudo compossibilium.
* Ens à se.
* De origine ac permissione rnali. 1724, S. E malo bona eveniunt quam-
vis non eo producantur.
DE LA PIllLOSOPHlf: MODERNE,
montraient pour Thumanité et pour la perspicacité' du professeur de Francfort sur l'Oder! A l'époque de sa mort, en 1762, Baumgarten passait, aux yeux de Kant, pour le coryphée des métaphysiciens \ Cependant, c'est à peine si l'on se rappelle encore qu'il imagina la distinction entre subjectif et objectif , et que, pour exprimer la philosophie du goût et du beau, les principes de la critique littéraire et la méthode générale des arts, il inventa le terme impropre d'esthétique. En 1769 sa Métaphysique était arrivée à la sixième édition. Ce fut là, et non chez Wolf ou chez Leibniz, que Kant prit la forme défectueuse et contestable, sous laquelle il soutint longtemps, pour le critiquer d'autant mieux ensuite, l'argument ontologique de l'existence de Dieu. Le changement opéré par Baumgarten n'échappe point aux reproches qui s'adressent au raisonnement wolfien. Il se bornait à montrer que l'Être le plus réel, ens realissimum, non-seulement est possible logiquement, parfaitement concevable et universellement intelligible ; mais qu'il exclut toute négation, toute non-existence ; qu'enfin, s'il n'existait pas actuellement, nulle idée, nulle certitude ne serait possible, car alors le principe de l'identité ou delà contradiction serait faux. Si Deus non actualis esset, falsum esset principium contradictionis ^ L'Etre par excellence pie peut pas n'être point : le propre de l'Etre est d'être ; ou bien la raison n'a plus ni principe, ni lumière, ni force, ni règle aucune.
* Pei^spicacissimuniy disait Kant.
* Voyez Kant, Œuv. compl. T. I, p. l,sqq. •Baumgarten, Metaph.ontol. § 803, 824.
DOCTRINES RELIGIFASES
Le plus célèbre disciple de Baumgarten, professeur applaudi dans Halle, où il mourut en 1777, George- Frédéric Meier, se fit une place plus considérable encore dans l'histoire des doctrines religieuses. Auteur fertile, penseur habile à manier la langue du peuple, il eut le mérite de combattre le matérialisme dans des écrits distingués par la clarté et répandus dans toutes les classes de lecteurs. On se souvient peut-être comment il réfuta cette thèse qu'alVectionnait Voltaire: il est possible que la matière pense, c'est-à-dire que nos pensées soient des mouvements physiques. « Non, répliqua Meier ; chaque mouvement exprime un rapport extérieur et palpable, un rapport de juxtaposition, ce que ne fiût pas la pensée qui est la détermination intérieure, sans espace, d'un être absolument simple et identique. » Mais ce qui doit surtout recommander Meier, c'est qu'il compléta la théodicée leibnizienne par la doctrine de l'immortalité des âmes. Plusieurs Traités, plusieurs Mémoires furent consacrés par sa plume active, sous une forme polémique ou sur un ton dogmatique, à ce qu'il nommait tour à tour la spiritualité de l'homme, sa persistance, sa survivance, son état après la mort. Citons à cet égard un seul de ses arguments, plus ingénieux, il est vrai, que solide, mais propre à montrer comment Meier savait mettre en œuvre les idées de Leibniz. Tout esprit fini, dit-il, conçoit et réfléchit une partie du monde d'une manière individuelle ; cette manière est elle-même un moyen d'honorer l'esprit infini. L'être à qui elle ap[)artient se trouve ainsi lié à Dieu, participe en quelque
chose à la nature divine et vivra donc éternellement. S'il n'en était ainsi, il y aurait tel côté du monde qui, ne contribuant en rien à la gloire de Dieu, témoignerait que la puissance <livine n'est pas infinie *. »
Meier, on le sait, influa sur Kant encore plus que Baumgartcn. Plusieurs écrits du savant Hallois avaient été choisis par le professeur de Kœnigsberg pour servir de texte ou de guide dans ses leçons publiques. Mais cet ascendant paraît surtout en deux endroits. Une tendance générale avait distingué la méthode de Meier, celle de préférer les motifs pratiques aux raisons spéculatives ; de faire même dépendre des principes de morale toute la partie rationnelle de la métaphysique et de la religion. Cette tendance ne se rctrouve-t-elle pas fortifiée et étendue dans l'entreprise do Kant? Relativement aux preuves de l'existence divine, Meier avait aussi devancé Kant, puisqu'il en avait rejeté la plupart comme insuffisantes . Ainsi, la conscience, ses scrupules, ses remords, ne doivent pas, selon lui, être allégués en faveur d'un juge invisible. « Tel homme , dit JMeier, qui a quitté une religion fausse pour la vraie religion, parvient rarement à s'affranchir de certains reproches intérieurs ; et peut-être n'est-il point de philosophe qui n'ait peur des revenants, même après s'en être moqué ^ » Quel jour cette seule phrase répand, non-seulement sur le génie de son auteur, mais sur l'état des lumières en AUe-
* Voyez récrit int'dvûé Preuve que râmc vit éternellement^ 1754. Ed. U*-, p. 25. sqq.
' Métaphjis. T. IV (enallum.), p. 89 sqq.
magne vers 1780! A propos de la preuve tirée de rassentiment général des peuples, Meier demande s'il n'y a jamais eu d'erreurs universelles? L'immobilité de la terre et le mouvement du soleil ne furent-ils pas enseignés durant de longs siècles? N'a-t-on pas découvert des tribus entièrement privées de la notion do Dieu? Questions curieuses, qui témoignent de l'influence exercée par Locke sur les continuateurs mêmes de Leibniz, et auxquelles les adversaires écossais de Locke répondirent parfaitement. Une autre preuve, alors en crédit, se fondait sur le besoin de l'infini, sur le désir d'une destinée éternelle , sur cette afiinité avec un principe surnaturel qui paraît dans les âmes, dès qu'elles s'élèvent, avec non moins de spontanéité que le sentiment de leur imperfection et de leur dépendance. Ce désir impérissable , concluait-on, doit avoir pour objet le bien souverain, être un gage de la réalité de ce bien et un ouvrage même de la divinité. Il est donc vm signe certain de l'existence de Dieu. Non, répliquait subtilement Meier, car il peut se rapporter également à l'existence future des âmes, à leur immortaïité... Cent ans plus tard, Meier eût probablement, et avec plus de justesse, soutenu que l'amour de rinfini est un fait d'autant plus irrécusable qu'il explique et autorise toutes nos croyances les plus nécessaires, non-seulement Dieu et la vie future , mais la supériorité de l'esprit a l'égard de la matière, ou sa
liberté morale.
Si, par cet essai de critique, Meier devait plaire à Kant, il no pouvait guère le satisfaire on établissant
la foi en Dieu sur la contingence du monde. C'était là, en eiîet, le fondement qu'il donnait à la religion naturelle. L'idée de Dieu, disait-il, n'est pas une de ces notions susceptibles d'élre incessamment modifiées et interverties par les changements perpétuels des choses réelles. Notre Dieu ne saurait se remplacer, pas même en pensée, par quelque autre Dieu. Le monde, au contraire, n'est-il pas infiniment variable en soi, destiné à revêtir mille formes, à produire des genres et des espèces sans nombre ? Dieu existe donc d'une manière qui n'a rien de commun avec l'existence du monde... En présentant le problème sous cette face particulière, 3Ieier voulait-il prudemment se dérober au reproche qu'avaient encouru quelques wolfiens? Il craignait, selon toute vraisemblance, que l'on ne confondît Dieu et la nature, à force de considérer l'un comme la substance de l'autre, comme son substratum. Si Dieu n'existait pas, répétait-il, on ne comprendrait pas l'existence du monde, puisque l'on ne comprend pas qu'une chose contingente puisse avoir pour première origine un être également dépendant et relatif. Mais de cela même résulte que l'essence de Dieu diffère totalement de la substance du monde, et que sa manière d'être et d'agir est tout l'opposé de la constitution de l'univers \.. Autant, on le voit aisément, la tentative de Meier est louable, quant aux intentions, autant elle est défectueuse dans ses allures et ses conclusions. Elle n'excelle véritablement qu'à relever les faibles des systèmes contraires, et qu'à
* Voyez sa Cosmologie^ § 290 sqq. Cen aliéna.).
recommander les croyances fondamentales du genre
humain.
Les écrivains dont nous allons nous occuper, avant d'aborder Kant même, l'avaient senti, puisqu'ils cherchaient les éléments de leurs théories dans un autre ordre d'observations et de raisonnements.