‹ Histoire critique des doctrines religieuses de la philosophie moderne [microform]Chapitre 19 sur 54 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ÉCRIVAINS SCEi'TIQUES ET MATÉRIAIJSTKS.

<i 11 ne faut pas croire que les hérésie» aient toujours pour auteurs des impies ou des libertins. » Bosslet.

« Si l'équilé veut qu'on épargne les personnes, la piété ordonne de représenter oi'i il appartient le mauvais efT»! de leurs dogmes quand ils sont nuisibles, comme sont ceux qui vont contre la providence d'un Dieu parfaitement sage, bon et juste, et contre cette immortalité des ;imes qui les rond susceptibles des effets de sa justice... On peut dire qu'Epicure et Spinosa, par exemple, ont mené une vie tout à fait exemplaire Mais ces raisons cessent le plus souvent dans leurs disciples ou imitateurs qui, se croyant déchargéi de l'importune crainte dune Providence surveillante et d'un avenir menaçant, Inchent la bride à leurs passions brutales, et tournent leur esprit à séduire et h corrompre les autres; et s'ils sont ambitieux et d'un naturel un peu dur, ils seront capables, pour leur plaisir ou avancement, de mettre le feu aux quatre coins de la terre. Je trouve même que des opinions approchantes, se glissant dans les livres à la mode, disposent toutes choses à la révolution générale dont l'Europe est menacée. B Leibniz (1704).

Si Leibniz n'eut rédigé en français la Théodicée que pour affermir en France les principes du théisme chrétien, l'etïet n'eut guère répondu au dessein. La France, vers 1750, affectionnait d'autres doctrines. La plupart de ceux qui alors se croyaient éclairés ou se disaient pensants^ sans prétendre au titre de philosophe mémo.

flottaient entre un déisme sceptique, négatif, et un athéisme frondeur , sinon ouvertement subversif. Presque tous semblaient ignorer que la liberté, cet objet de leurs justes ambitions, a besoin d'être fondée sur des convictions inébranlables et aussi sensées que désintéressées. Le matérialisme, et non le spiritualisme, était devenu l'opinion favorite de la nation qui avait produit Malebranche et Fénelon, Pascal et Bossuet.

Les classes supérieures, polies et lettrées, qu'entendaient-elles par cette expression d'être pensant 'f Cette question se présente d'abord à qui veut se rendre compte d'un abandon si général des croyances naturelles à la famille humaine. Par ce mot entendaientelles un ami calme et constant de la vérité et de la sagesse, un esprit paisiblement jaloux de cultiver sa raison, comme avait dit Descartes ? Non : c'était d'un libre penseur qu'il s'agissait, c'est-à-dire d'un penseur dominé par une vive passion, par une passion active et non spéculative, par celle d'attaquer et de détruire, nonseulement les abus qui s'étaient insensiblement mêlés dans l'ordre établi, mais les fondements mêmes et les éléments de cet ordre. Que de gens d'esprit, en etfet, qui étaient arrivés à regarder les institutions, les traditions, les règles anciennes des mœurs et des coutumes, en un mot, l'Eglise et l'Etat, comme d'impurs débris du passé, comme un antique désordre dont il fût urgent de débarrasser le présent, ou glorieux de ne pas charger l'avenir ! Combien de raisonneurs qui, en prenant le contre-pied de ce que Ton avait l'habitude de croire ou de faire autour d'eux, se prenaient eux-

mêmes pour libérateurs de leurs contemporains, pour bienfaiteurs de la postérité ! De la critique légitime des erreurs et des mensonges, on passait ainsi rapidement à un assaut général contre les doctrines du moyen-àge, contre celles même du siècle de Louis XIV. Ilsullisaitde les envelopper toutes, à titre de superstition, de préjugés, de conventions arbitraires, dans le même mépris ou dans la même haine, pour être considéré par la foule comme un novateur utile, comme un inventeur courageux. Tant qu'on n'avait découvert aucune vérité incontestable, on se croyait du moins autorisé à produire des paradoxes, à propager des sophismes, choses salutaires, disait-on, en ce qu'elles servaient à dissiper l'illusion populaire, le prestige du passé, et à déblayer le terrain où la société nouvelle allait élever son édifice. Pourquoi craindrait-on de scandaliser les faibles, demandait Condorcet *? N'est-ce pas un moyen de leur ouvrir les yeux, de les préparer à supporter la nourriture des forts ? Ceux qui raisonnaient ainsi ne voyaient pas qu'ils prenaient leurs seules intentions pour une force suffisante, et que leur œil prévenu confondait les choses les plus distinctes. Après avoir amalgamé d'abord les défauts du clergé avec l'établissement de l'Église, puis telle église avec l'essence même du christianisme, ils devaient en venir à méconnaître, à saper la piété naturelle de l'âme, si voisine du christianisme. Le philosophe àla mode, fougueux homme de parti, se trouvait ainsi changé en fanatique de nouvelle espèce , bien qu'il eût débuté,

i Voyez sa Vie de Voltaire^ ch. XVU.

de très bonne foi peut-être, par déclarer la guerre à tous les genres de fanatisme. Une acception étrange était ainsi donnée au titre dont il se parait. Dans l'âge de Descartes et de Leibniz, philosopher avait signifié, tantôt faire servir toutes les ressources de la méditation aux objets les plus élevés de la pensée, aux niystères de l'existence et aux fins de la destinée humaine ; tantôt parvenir, par l'observation des phénomènes de l'Ame et de l'univers, aux principes généraux, aux lois nécessaires, aux premières causes, à une cause unique et souveraine ; partout enfin, philosopher avait voulu dire pratiquer la sagesse, honorer la vérité et l'humanité, maintenir la simplicité des mœurs et du langage, la décence et la dignité de la conduite, et par conséquent fuir l'esprit d'intrigue ou de parti, les succès de vanité ou les acclamations de la foule. Quàvait de commun cette noble mais austère philosophie avec l'intolérance ambitieuse et souvent cynique de ces malins censeurs, dont la raillerie ne respectait ni Dieu ni la société, et couvrait de ses traits mordants l'homme même, l'homme détaché de la société et affranchi de Dieu, V homme de la nature? Ldi grande notion delà philosophie se trouvait ainsi renversée, longtemps avant que tombât tout le reste. Elle devait partager le sort des idées auxquelles elle touche de plus près, des idées d'esprit, d'homme et de Dieu. L'esprit semblait-il autre chose qu'une matière subtile etraftinée, la pensée autre chose qu'une sécrétion du cerveau? L'épigramme provoquée par l'ouvrage d'Helvétius l'atteste sufiisamment :

DE LA PHILOSOPHIE MODERNE î^l

« Admirez tous cet auteur-là,

« Qui de V Esprit intitula

« Un livre qui n'est que matière! »

L'homme n'était-il pas défini, dans plus d'un ouvrage, une machine, mie plante, un animal? La célébrité de La Mettrie ne tenait guère à d'autres raisons. Dieu n'était-il pas remplacé par la Nature, par le Tout, c'est-à-dire par la terre, par les corps célestes, par les forces qui les mettent en mouvement? Le manifeste redigé par la coterie du baron d'Holbach, et si activement répandu en Europe comme profession de la foi du siècle, annonçait avec joie aux nations étrangères Tavénement de ce nouveau souverain '.

Et cependant, nous tomberions à notre tour dans Taveuglement que nous reprochons aux philosophes connus^sous le nom iV Encyclopédistes, si nous négligions de rappeler un trait tout différent, qui appartient à la plupart d'entre eux. Ce trait, il est vrai, forme un contraste singuUer avec le caractère que nous venons de retracer ; mais il n'en est pas moins réel et honorable. Il y a là une inconséquence frappante , qu'il faut s'empresser de louer, non-seulement parce que la mémoire de ceux qui la commettaient a grand besoin de tout ce qui peut lui attirer le pardon de la postérité ; mais parce que cette contradiction même explique l'incroyable vogue de doctrines si visiblement contraires aux véritables intérêts des peuples. Oui, ces hardis adversaires de Dieu sont amis sincères du bien public. Tout ce qui peut améliorer la condition phy-

1 Voyez le Systi-me de la Sntnrc. 1, p. 100 ; M, p. 35, ISS.

DE LA PHILOSOPHIE MODERÎSE

sique et morale du i'iand nombre, auij:menler et alVermir son bonheur temporel, leur est cher et sacré. Bannir (le la société, c'est-à-dire de la justice organisée et constituée en Etat, toute pratique barbare ou seulement dégradante ; proscrire de la civilisation, c'està-dire du développement combiné des besoins légitimes et des idées généreuses, toute influence oppressive et humiliante, toute puissance énervante et malfaisante : n'est-ce pas là leur vœu, l'invariable but de leurs efforts les plus énergiques ? En même temps qu'ils nient l'âme et Dieu, ou qu'ils érigent le scepticisme en apostolat, ils recommandent ce qui honore l'âme et plaît à Dieu. Ils prêchent, au théâtre même, les préceptes du droit naturel, la tolérance et l'équité. Se portant avec chaleur avocats du genre humain, ils exhortent les grands el les riches à soutenir les petits, à secourir les pauvres. Par d'éloquentes déclamations, par d'adroites flatteries, ils invitent, ils disposent les princes à soulager leurs sujets, à introduire dans les tribunaux des procédés tulélaires, des Ibrmes favorables à l'innocence; à adoucir les supplices, à diminuer les sacrilices d'hommes et d'impôts, à multiplier les douceurs de la vie civile; à accorder des franchises au commerce, à l'industrie, à l'agriculture; à assurer une sage liberté à la [)ensée, à la parole, à la presse. Après avoir écarté avec un dédaigneux sourire la conscience, la foi, l'amour du monde invisible et idéal, ils réclament, d'un accent convaincu, Témancipalion de la conscience, la restitution des droits que Dieu reconnaît à l'amour el à la foi, puisque Dieu appelle l'un et inspire

lautre. Ces habiles défenseurs du bien public proclament, dans leurs écrits polémiques, tout ce que tendent à combattre leurs travaux spéculatifs. Ils n'éparonent aucune sorte de sarcasme au spiritualisme, au théisme, à la croyance en un Dieu vivant et moral ; mais ils veulent que les perfections d'un Etre pareil, une absolue justice et une bonté infinie, régnent dans les relations privées et publiques. Souvent ils vont jusqu'à se moquer des merveiUes mêmes de la charité chrétienne, jusqu'à ranger les plus saints confesseurs de l'Évangile parmi les rêveurs et les illuminés des faux cultes; et quelques pages après, vous les entendez souhaiter que le règne de la bienfaisance, de la philanthropie la plus dévouée, s'établisse enfin dans toute sa splendeur. C'était marcher contre la fin que l'on se proposait ; c'était désirer le but ou le résultat, après avoir répudié le principe et les moyens. J. -J.Rousseau en était convaincu, lorsqu'il disait, en pensant à Helvétius : ce Ame abjecte, c'est ta triste philosophie qui te rend semblable aux bêtes ! Ou plutôt, tu veux en vain l'avilir ; ton génie dépose contre tes principes : ton cœur bienfaisant dément ta doctrine, et l'abus même <le tes facultés prouve leur excellence en dépit de

toi ^ »

Gardons-nous donc de méconnaître ce que, grâce à cette inconséquence, les philosophes en vogue ont fait d'utile et de solide. Dès que nous serions tentés de maudire leur mémoire, souvenons-nous qu'ils ont du moins rendu un service des plus précieux. N'ont-ils pas

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conquis cette liberté de conscience qui est le premier droit de l'homme, celui sans lequel l'homme ne sau^ rait remplir le principal de ses devoirs, son devoir envers Dieu? On Ta dit cent fois : ils valaient mieux que leurs doctrines. Il est même certain que la plupart d'entre eux auraient hésité à les propager, s'ils en eussent prévu les suites fatales. C'est d'imprévoyance, plutôt que de méchanceté qu'il faut les accuser. Parmi ces doctrines, au surplus, celles qui offraient le plus de vices, c'étaient les doctrines qui regardaient Dieu. Si nous avions à traiter un autre sujet, nous éprouverions [)eut-étre pour ces écrivains d'autres sentiments. L'admiration due au talent, au savoir, au génie, aux lumières, |)ourrait prendre alors la place de jugements qui peuvent sembler sévères, mais qui sont inévitables, lorsqu'on veut traiter sérieusement une matière si sérieuse.

Ajoutons (pi'à l'égard des doctrines religieuses du XVlir siècle, il faut se préserver avec soin d'un tort d'autant plus didicile à (\iter (pie, vues de loin et par leurs consécpiences sociales, elles paraissent toutes dériver des mêmes })rincipes et tendre au même but. Nous voulons dire (jifil y faut discerner plusieurs familles d'ojiinioiis, plusieurs chefs et plusieurs systèmes. Ainsi, ne serail-il pas très injuste de confondre le théisme de Housseau, le déisme de Voltaire, ou le scepticisme renouvelé de ^ïontaigne et deBayle, avec le naturalisme des La^îettrie et des d'Holbach ^L'historien, s'il désire élie liilèle, sera même forcé de distinguer entre eux les partisans du naturalisme, en sépa-

DE L\ PHILOSOPHIE MODERNE

rant les défenseurs ridicules du hasard d'avec les fatalistes déclarés ou les docteurs rigides de Tinexorable nécessité de nature. Il sera enfin obligé de suivre et d'éclairer ces nuances en détail, autant pour être équitable envers le passé, que parce que le présent est encore partagé, à plusieurs égards, entre ces théories diverses. Le naturalisme de notre temps n'est-il pas souvent une simple contrefaçon de celui du der-

nier siècle ?

Quant au scepticisme, il eut pour principal représenianl David Hume, que nous étudierons plus tard attentivement. En France, il eut pour partisans celte foule d^esprits moqueurs et à demi instruits, élèves faciès .le Montaigne et de Charron, de La Molhe le Vayer et de Baylo, de d'Argens et de Voltaire, et de tant d'au- Ires écrix ains qui, dès 1718, avaient fait direau savant Fabricius, en dédiant au duc d'Orléans, alors Régent, sa belle édition de Sextus Empiricus : Galliœ prmum

lace m debel.

Déjà nous connaissons l'argument principal des scepliques, celui contre lequel Leibniz dirigea la Théodtcée. I c mon.le matériel et moral présente tant de faits dia- HHMralemcnt opposés, soit entre eux, soit à la croyance capitale du théisme, qui est la perfection de Dieu ; tant d'irrégularités, de désordres, d'imperfections, d'injustices, qu'il est impossible de le considérer comme l'ouvrage d'un auteur accompli. Mais, s'il en est ainsi, comment ose-l-on allirmer que le monde ail même un auteur ? Ne faut-il pas plutôt suspendre son juaement sur la question de savoir s'il y a un Dieu ?

Mais le cloute français, ne se bornant plus à une objection réfutée par Leibniz, tente de porter ses coups plus haut, s'appuyant sur Hobbes' avant de s'aider du crédit de Hume : tant il est vrai que le doute systématique repose toujours sur un dogmatisme caché, et généralement sur le matérialisme. Voici les raisonnements qu'il a coutume d'étaler autour du grand Frédéric, et qui devaient servir à ruiner pour toujours le théisme naturel et révélé.

Premièrement, l'homme est incapal)le de se représenter un Être infinhuent élevé au-dessus du monde lini; il ne peut le connaître, ni même le concevoir, parce qu'il ne peut conce\oir l'inlini : un Être infini est pour rhumanité comme s'il n'existait pas.

En second lieu,, lorsqu'on transporte à un Être pareil toutes les réalités connues, élevées au degré de h\ perfection souveraine, on ne s'aperçoit pas que telle de ces réahtés en contredit une autre et se détruit avec elle.

Enfin, en concentrant toutes les perfections imaginal)les dans un Être que l'on suppose vivant, on ne réunit que de pures négations. Que signifient ces quahtés prétendues, sinon que rien de ce qui appartient aux objets finis ne saurait convenir à un Être infini? Or, jamais assemblage de négations ne pourra former un ensemble positif. Quand même les éléments de l'idée de Dieu seraient homogènes , sans opposition interne,

* Voyez différents ouvrages de Hobbes, prinri paiement ses Quœstiones de lib. nec. etcasu. T. II, ch. III, — son Traité de la nat. hum., ch. XI, — et même sa Logique^ ch. T.

ridée elle-même resterait quelque chose d'inintelli- .rjble, un nonsem-, et tout ce que l'on prétendrait en dériver serait sans consistance, sans valeur réelle... Le parti le plus raisonnable, en cette matière, c'est donc d'avouer que l'homme n'en sait rien et n'en peut

rien savoir.

A ces objections, reproduites sous mille formes railleuses, que répondaient les théistes français ? Résumons ici leurs réponses, avant même que de citer leurs noms ; car il importe que l'on puisse immédiatement comparer la solution au problème.

Nous l'avouons, répliquaient-ils : l'esprit humain ne saurait se faire de Dieu une idée entièrement conforme à une nature si sublime. :Mais s'il ne peut la comprendre, il est en droit de chercher à la connaître, il est en état d'y parvenir. Il est surtout capable de s'assurer si les attributs de Dieu se contredisent et s'excluent mutuellement. Il aie pouvoir de prouver enfin que la pensée de Dieu est loin d'être une notion négative, abstraite, stérile ou vaine.

Il est vrai, reprenaient-ils, l'idée que nous nous formons de la nature divine se compose d'éléments pris dans nos expériences et nos méditations, de caractères empruntés au monde extérieur et intérieur, au monde fini. Mais s'en suit-il que l'idée même soit sans objet, et peut-être contraire à la constitution véritable de l'Etre qu'elle doit représenter? S'en suil-il que cet Être même devienne incompréhensible, inconcevable ? Non, quand nous attribuons à Dieu une existence réelle, nous savons ce que nous pensons, ce que nous conce-

\ ons ; nous savons que nous entendons quelque choi^e (rintelliG;ible, que nous possédons une notion entièrement conforme à celle que nous donnerait la présence immédiate d'un Etre absolument parfait. Lorsque nous concevons Dieu comme un Être distinct du monde fini, nous nous représentons en même temps comme une réalité le rapport direct que cet Etre soutient avec le monde, c'est-à-dire avec nous-mêmes et avec ce qui nous entoure. Nous sommes logiquement forcés de nous représenter ainsi ce rapport essentiel, et de nous le représenter spécialement connue une relation entre la cause et l'eflet. Ce trait distinctif est ce qui légitime surtout notre manière de concevoir Dieu. Notre organisation intellectuelle nous porte natuidlenient à voir (Ml Dieu la cause de Tunivers et de nous-mêmes, à legarder le monde fini tout entier comme Tetlet de l'action divine : elle nous conduit donc irrésistiblement i\ chercher en Dieu la source de toute réalité, l'essence et la plénitude de toute perfection.

Cette manière de raisonner serait contestable, continuaient les adversaires du scepticisme, si les attributs do Dieu étaient en etlet de pures négations. IMais il n'en va pas ainsi : ces attributs sont des qualités etîectives et invariables. Ils n'ont de négatif que la forme du mot (jui sert à les exprimer. Quant à la pensée qui fait lo sens du mot, elle est accompagnée de la conviction que la nature divine est exempte de toutes les privations ou restrictions qui limitent les êtres contingents. L'ensemble de ces attributs pourrait-il donc former un tout incohérent, un composé de notions disparates?

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