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LNTRUDUCTIOU.
infinie même la raison des dualités finies, c'est-à-dire qu'à constituer l'esprit divin, non-seulement de pensée et de sensibilité, mais de volonté. C'est toutefois aux panthéistes que l'on est redevable d'une meilleure intelligence des conditions de ce problème fondamental. Par la manière dont ils ont prétendu le résoudre, ils ont fait quelque chose d'analogue à la démonstration par l'absurde. Leurs constructions, leurs déductions, démenties par quelques données inflexibles, n'étaient que belles hypothèses ; mais elles forçaient, elles forcent encore les écoles rivales à s'enquérir de synthèses plus complètes, moins arbitraires; et en nous signalant les écueils où elles ont échoué, elles nous aident à marcher plus sûrement. Sur la route, comme sur le but, le panthéisme a beaucoup appris au monothéisme, et sera souvent une des causes aidantes du progrès spéculatif. En une foule d'endroits il a surtout prouvé la vanité des assertions qui tendent à l'assimiler au matérialisme et à l'irréligion. Peut-il être matérialiste, celui qui définit la matière de Vespril visible? Irréli- *^ieux, celui qui pense que nous sommes faits pour Dieu seul, que notre être et notre durée dépendent uniquement de notre relation avec Dieu, que notre vie, notre félicité doit consister à tout rapporter à Dieu, à s'inspirer et à se nourrir de la substance divine ? Saint Augustin, enseignant que « Dieu est notre bien, comme lui-môme il est son bien' ; » Bossuet, croyant que « les amis de Dieu subsistent toujours par le rapport qu'ils ont à Dieu; » Fénelon, persuadé que « qui-
' Augustin, De lih. arbitr.y 1. UI,c. XXIV.
INTRODUCTION