‹ Histoire critique des doctrines religieuses de la philosophie moderne [microform]Chapitre 9 sur 54 · XX · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

Lorsqu'elle voit des haines si comiques s'emporter contre la raison et l'équité, elle se rappelle le conseil donné par Leibniz, en face de phénomènes semblables, d'instituer des missîows de religion naturelle; c'est-à-dire que, redoublant d'efforts et de persévérance, elle continue d'exercer en paix ses droits naturels, sans manquer au devoir de respecter les litres de toute conviction lovale et désintéressée.

Cependant, la spéculation religieuse a d'autres ad versaires encore, des contempteurs plutôt que des détracteurs et des ennemis. Ce sont ceux qui la regardent comme une matéologie perpétuelle, comme un ennuyeux article de luxe. Ses procédés, à entendre certains ori^anes des sciences naturelles et exactes, n'ont rien de jwsiûf, rien de mélliodique.

Pour que la ihéodicée vous paraisse positive et méthodique, leur répondrons-nous, il faudra que vous admettiez d'abord <leux choses : savoir, que la raison est autorisée à s'appliquer, par l'analyse et la dialectique, par le principe de causalité surtout, aux faits internes, aussi bien qu'aux faits externes; ensuite, que ce n'est pas une étude sans objet, sans solidité ni portée, celle qui a la psychologie pour point de départ, la logique pour point d'appui, la morale pour point d'arrêt.

Maintenant, quels sont les actes essentiels, les fonctions capitales de lathéodicée? On peut réduire à trois ces sources de rapports à la fois transcendants et fon-

INTRODUCTION

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dés sur l'expérience. Les deux premiers sont inductifs et régressifs, en ce qu'ils passent des phénomènes à la substance et des effets à la cause ; mais ils sont en même temps une simple inspection, une élévation, plus qu'une induction formelle et complète. Le dernier est aussi un genre d'inspection, un emploi progressif de la synthèse et de la déduction, une interprétation des phénomènes par la substance, une explication des effets par la cause. Les deux premiers montent du connu à l'inconnu, du donné au cherché; le dernier descend du cherché, ou plutôt, du trouvé au connu. C'est que les deux premiers répondent, l'un au problème de l'existence de Dieu, l'autre au problème de la nature divine, questions insolubles pour qui refuse d'approfondir les existences finies et les natures créées, les choses connues et données. La troisième opération sert à constater la présence de Dieu, ou ses relations avec l'univers, opération impossible à quiconque conteste ou nie la réalité de l'idée de Dieu, la nécessité de l'être cherché et trouvé.

Le premier mouvement, celui qui rapporte tout phénomène fini à une substance infinie, toute cause contingente à une cause nécessaire, tout fait relatif et conditionnel à un être absolu et illimité, c'est-à-dire à un principe qui est par soi, ayant en soi sa raison d'être, en même temps que la raison d'être des objets imparfaits et dépendants : ce procédé, qui de l'homme et du monde infère Dieu, est-il simple et régulier, autant qu'universel et irrésistible ?

Le second, bien que plus délicat , n'est pas moins

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