‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses et (volume 2)Chapitre 4 sur 12 · PLANCHE II, A · texte numérisé non relu

PLANCHE II, A

Cette planche nous offre une série d'autres monumens; mais ce sont encore des idées analogues, 4pec cette différence que, si les objets rappelés dans k planche précédente ont pu servir aux initiations, ceux qui nous occupent dans celle-ci paraissent avoir été plutôt de simples talismans ; et ici nous ne pouvons nous empêcher de dire, qu'une grande partie des monumens du gnosticisme nous fait connaître une tout autre classe d'hommes que celle avec laquelle nous ont familiarisé les spéculations théoriques de ces docteurs.

. La planche II, À y est consacrée toute entière à faire connaître les diverses formes sous lesquelles on représentait le dieu Chnouphis ou le génie Agathodémon.

Figure i. Agathodémon dans sa forme- la plus simple, serpent à tête de lion radiée, sans légende.

Nous devons à M. Eckel, amateur d'antiquités à Strasbourg, le don de l'empreinte que reproduit ce dessin.

Figure a. Agathodémon avec la légende Chnoubis, que nous retrouverons ailleurs dans les formes de Chnoubiy Cknoumis y Knoubis , Knouphi, et que les anciens, tels que Plutarque, Jamblique et plusieurs pères de l'Église lisaient KvtiÇïtç , ttvtiQi et KVtjtp. Voyez tome I, p. 272, note 1.

Ce . dessin est fait sur une empreinte en plâtre que je dois à M. Lajard, qui possède l'original.

Figure 3 (au bas de la planche). Agathodémon av(p l'inscription de Chnoubis et celle de SEMEZ BIAAM¥, dans laquelle on doit remarquer la forme extraordinaire des lettres M, E finale et ¥• Les ophites considérant le génie Ophis comme le Sauveur , cette légende s'explique parfaitement. Je n'oserais pourtant pas revendiquer aux seuls ophites tous les monumens- chnouphis'.

Le mot XON semble rappeler une divinité égyptienne xpie M. Raoul - Roche t te a fait remarquer sur

une caisse de momie égyptienne* Journal des savans, aimée 1834 9 Avril , p. 241.

La lettre A se prêtait sans doute à la lecture du mot ANOYBIZ an moyen de quelques lettres du mot de XNOYBIC, qui s'y joignent comme par continuation. Ce qui vient à l'appui de cette conjecture, c'pst que* dans plusieurs de ces monument, c'est moins une tête de lion qu'une tête de chien qui . surmonte le corps de serpent, et que, dans d'autres, on lit ANOYBEI. CWflet, fig. 74.

Quant aux raypns qui forment une sorte de gloire à ces têtes, ils peuvent offrir quelquefois un nombre mystique ; on en compte cinq, sept , neuf, dix et douze; cependant, ce qui pourrait prouver que le nombre en est souvent arbitraire, c'est qu'il est indéterminé sur la pierre qui nous occupe. Cette pierre, d'un beau travail et d'une conservation parfaite, appartient à

• M* Durand.

Figure 4. Ce monument, qui existe dans la col-

», lection de M* le duc de Blacas, se caractérise comme une composition particulière» Il doit rappeler des mystères plus profonds que ceux qui forment l'objet habituel des pierres- chnouphis ; c'est ce qu'indiquent les nombreux enlacemens que présente le corps du serpent , qui ne forme ailleurs qu'un seul nœud , et c'est ce que prouve encore plus la légende, qui parait

vouloir défier les Œdipes les plus heureux de nos jours.

Figure 5. Cette pierre, qui se trouve dans la même collection., est une variante de la figure 3. On y retrouve aussi le même autel rond qui semble indique* le culte dont le génie ophis, on le serpent, était l'objet chez les ophites ; il n'y a de différence que dans les rayons solaires» *

Figure» 6 et j. Répétition du même sujet, avec des inscriptions qui paraissent être en langue kopte et au milieu desquelles on distingue le mot de %vw<Pk et les trois z mystiques (fig. 7). ,

Le n.° 6 appartient à M* Lajard, le n.° 7 à M. le duc de Blacas ; l'un et l'autre de ces monumens étaient inédits , ainsi que les n. os 1 , a , 3 , 4 et. 5;

Figure 8. Ce dessin représente un jaspe noir, lésé à la partie supérieure , où se trouvaient les rayons solaires et les lettres NOVB, formant avec celles qui restent le nom de %vàv&$s* La pierre est aujourd'hui au cabinet des antiques, à la bibliothèque du Roi. Elle avait jadis appartenu à celle de Sainte-Geneviève, et a été publiée, dans de fausses proportions, p&r Montfaucon» Antiquité expliquée, t. II, a. e p. , pi. CL. Nous la donnons d'après une empreinte très -exacte. On voit pat l'inscription qu'elle porte, qu'on y doit voir une. amulette du genre ordinaire* On y lit <PvhMJ*w vytty (vyw)

qofÀCc%ov xçoKhou, serva sanum stomachum Procli* Ces mêmes Grecs qui avaient dégradé, dans leurs imi~ tarions, ou dam leurs assimilations? la plupart des divinités de l'Egypte, paraissent avoir aussi abaissé l'opbis~ sauveur des gnostiques et le bon génie Cnouphis des Egyptiens aux serpens d'Esculape et d'Hygie, et l'auteur de ce talisman votif semble n'y avoir vu qu'un emblème du, dieu de la santé*

Figu*b 9* L'idée qui domine dans ce monupwnt, qui est dans la collection de M, Lajard, et qui était inédit y est d'un ordre supérieur. C'est ce qu'indiquent nonseulement le mot de %vov/3#, répété dans la forme de XMvtPQ&H 9 mais encore l'autel , les deux groupes de z mystique, et le nom d'A bradas, qui occupe le milieu de la légende du revers. J'ignore le sens du mot JHourcU répété MouriraU Ce n'est pas que les langue* sémitiques ne pussent leur prêter toutes sortes de sens 1 ; mais des conjectures qui ne donnent aucune satisfaction a ceux mêmes qui les mettent en avant , ne sauraient faire avancer la science. Ce qui seul peut conduire à des découvertes utiles, c'est la publication exacte de tous les monumens que l'on pourra recueillir.

Figjjrb io. Chnoupbis d'une composition tonte particulière , et qu'à peine nous oserions qualifier tel ,

i Par exemple y Chnouphis, sis limer nui f 4wwmt) çlc*

s'il ne se désignait ainsi lui-même. H 1 est vrai aussi qu'il ne se nomme pas simplement Chnouphis , mais Cholcbnouphis , et que cette désignation spéciale peut' répondre à ce que la composition offre d'extraordinaire.

Les rayons solaires et le mot de Chnouphis ne permettent pas de douter que ce ne soit Âgathodémon , génie bon, génie de lumière, et la légende de semés èilampse, le soleil a lui, parait indiquer clairement Ophis-Christos, Opbis révélateur de la science supérieure , Ophis sauveur ; conjecture à laquelle une figure humaine d'une plénitude remarquable donne un nouveau degré de probabilité.

' Cependant la forme de chrysalide et decmomie que prend ici Agathodémon *, a évidemment un but spécial et doit être l'emblème d'une idée que n'expriment pas les autres mouumens du même genre; aussi n'est-il pas difficile de saisir cette idée. Cneph est, suivant Plutarque (De Isideet Osiri, éd. fVyitenbach^ p. 4 74), non-seulement un dieu non-né, mais encore immortel, tt rien ne saurait mieux exprimer que cette momiechrysalide la régénération de l'âme pour cette vie d'immortalité , cette vie du plérome à laquelle Ophis- Christos appelle là racé sainte.

Le voyage à la région de cette vie est indiqué par

- t D'autres y reconnaissent la queue du scorpion.

le nom d'Iao, génie de la lune, dont il faut traverser le domaine pour arriver, à la huitième maison, celle de Sophia , mère de Christos.

Sans doute les légendes de @>sço(Pcct , de@ocç&x(pacà et de ctvtfjÇy se rapportent à ce voyage ; du moins celle de yiycwlàÇfjKlcCy.qne nous rencontrerons encore ailleurs et que le graveur a un peu altérée sur. ce monument, s'applique très-bien à Qphis-Christos , qui terrasse les démons.

Le revers du monument jette malheureusement peu de lumière sur l'ensemble. - Ce sont trois groupes ' de la z mystique et deux fois trois groupes de signes inconnus. , • , .

M. Bellermann prend des signes assez analogues pour la représentation de petits bâtons mystiques, dont on pourrait s'être servi pour les sortilèges (Progr. sur Jes Àbraxas, I, p. 3g); mais ce monument, loin de tomber dans la classe vulgaire des talismans, me semble rappeler les mystères les plus élevés de la gnose. .

Il appartient à Madame M***, à Paris, qui a bien voulu en accorder une empreinte , à la demande de M. le comte de Clarac. Il était connu à Chiflet et à

Montfaucon, qui l'ont publié d'une manière assez infidèle.

Figure i i . Ghnouphis formant l'emblème de l'éternité et existant^Jans une grande variété.

Figuré ia; Ghnouphis avec une légende, ta trois z mystiques et le mot d'Iao. A la bibliothèque du Roi. Inédit.

Figure i 3. Ghnouphis d'une composition très-riche, mais assez chaotique, et dont les figures, ainsi que les caractères , manquent de la netteté désirable.

On y distingue cependant, autour du serpent, qui a l'air de bénir Ta tête d'un défunt, la formule de ABRÀSAX ELI, notre dieu Abraxas , et le nom d'/tfo. Cette tête, que reproduit aussi le revers de la pierre, sous une forme un peu différente, est entourée d'une couronne, qu'il ne faut pas confondre avec celle du martyre, que n'ambitionnaient guère les gnostiques, et qui parait être plutôt le symbole de cette vie heureuse et immortelle à laquelle Ophis-Christos est venu initier les pneumatiques.

Au revers de la figure est un sphin*, au-dessous duquel on retrouve le nom d'/ao, et qui tient la tête déjà indiquée entre ses pieds.

Ce monument se trouve au Cabinet des antiquités de la bibliothèque de Strasbourg. H était inédit.

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