PI/I CATION
de Sérapis combiné avec Ophis, combinaison qui, seule, nous autorise à mettre cette pierre , appartenant à M* M***, an nombre des monnm&is gnostiques,
PLANCHÉ IIL
la plupart des monumens de cette planche appartiennent à un ordre analogue d'idées que les précédens; ils ne paraissent pourtant pas être ni des mêmes sectes, ni de la même époque ; ce n'est plus la pure symbolique de l'Egypte qui y domine : c'est tin mélange de divers Cultes et c'est une époque de dégradation qui s'y tévèlent ; ce n'est plus une scène imposante , une composition complète qui s'y présente : ce sont des croyances isolées, des débris de systèmes*
FieuftE i. Harpocrate, armé du fouet, assis dans le feuillage d'un arbuste, à l'imitatipn d'Harpocrate sur le lotus; le mot de CABAW® et de IAW pour légendes. Notre dessin-, pris dans Pignorius {Mensa Isiaca , t. IV, fig. i ) , donne , comme celui de cet antiquaire, un E en place d'un W; mais il n'y a pas de doute que ce ne soit une faute, quel qu'en puisse être l'auteur»
Quant à l'idée que doit exprimer ce monument, en pourrait être tenté de la chercher dans le sabéistne. Harpocrate étant le soleil dans son état de faiblesse,
et Iao le génie de la lune, on pourrait appliquer le moi de Sabaoth) armées , aux corps célestes, long-temps vénérés des peuples, et voir ainsi, dans cette com» position , un talisman stellaire. Ce serait pourtant une interprétation fort imparfaite, et il faut chercher ailleurs une solution plus satisfaisante de cette énigme* Dans les représentations que l'ancienne Egypte mettait dans ses rituels funéraires > pour peindre les jugemens des âmes , on voit une petite divinité assise sur le sceptre d'Osiris, comme Harpocrate est assis dans le calice du lotus. Que cette image, ainsi que le vent l'éditeur des Papyrus égyptiens ', ait donné lieu à la divinité Harpocrate, ou qu'elle ait été confondue avee d'autres images de cette divinité, il n'en est pas moins vrai qu'Harpocrate joue un rôle particulier au dernier jugement des âmes. Or, c'est là ce que doit rappeler le monument qui nous occupe, et cette destination s'explique d'autant mieux qu'Horus, dont la bien* faisante influence sur le sort des pneumatiques est si directe, suivant Valen tin , se confond quelquefois avec Harpocrate. Cette pierre devait donc rappeler encore le pèlerinage céleste du pneumatique et son jugement dans l'autre monde.
Figure 2. Sujet analogue; Harpocrate comme sur
x Traduction allemande par Bachmann/p. 9.
la pierte précédente, mais accompagné du soleil (Osîris, le lion), de la lune (Isis, le croissant) et de Sirius (Anubis).
La lune est indiquée en outre par le mot d ? Iao, WIA, que Pîgnorius prend pour MI P, mater, et qu'il applique à Isis, ICIC, qui se trouve évidemment indiquée, mais non pas à titre de mère. Pignorids traduit l'inscription du revers, ùç%t] o Iocûo fÂSÇnewoc, Iao est principium omnis fœcunditatis. Il n'y a point de système gnostique où Iao ait cet attribut; mais, en le prenant pour le génie de la lune, astre auquel l'ancienne physique attribuait une influence fécondante, on pourrait trouver la raison de cette légende, seulement on ne trouverait plus, dans cette idée, une doctrine gnostique- (Pignorius, 1. c.)
Figure 3. Harpocrate assistant au jugement ; Anubis (Sirius) , Iao et Sabaoth en légende ; sur le revers Hécate à triple face. C'est donc ici le syncrétisme de cultes le plus complet, ce sont les mystères de l'Egypte et de la Grèce, combinés avec des noms de la théologie judaïque.
L'unique personnage qui se présente pour la première fois est Hécate. Suivant ta doctrine des mystères, les méchans subissent leurs premières peines sous l'atmosphère de la terre et de la lune, et les bons restent eux-mêmes dans les champs du Hadès
(hstfjiûûveç &Sov) jusqu'à ce que leurs âmes soient entièrement purifiées dç tout attachement terrestre. La lune et surtout l'une de ses cavernes, où dominait Hécate, était considérée comme. un lieu de supplice pour les médians, et de récompense pour les bons 1 . Hécate est donc ici, comme Anubis et Harpocrate, l'un des génies qui président aux dernières destinées de Famé; suivant l'hymne homérique à Cérès , elle est reine , tenant les clefs de l 'univers ; ici elle parait être à la fois Isis et Nephthys. Mais ce qui prouve que les monomens des gnostiques nous conduisent souvent dans une série d'idées qui ne, se manifestent pas dans leurs premières théories, c'est précisément ce personnage
d'Hécate que le gnosticisme ne nous avait pas encore fait connaître. (Pignorius, 1. c.)
Figure 4. Harpocrate radié, armé du fouet, assis dans un lotus d'une forme particulière ; la lune, étoile d'Iao; Sirius, étoile d'Anubis; le singe cynocéphale, emblème d'un serviteur du dieu Thoth». Tous ces personnages indiquent encore une psychostasie ou du
1 Plutarch. de fade in orbe lunœ , p. 943. C. D. p. 819 et p. 944- C. p. 8a3, éd. Wytterib.
2 Ce serviteur est nommé Apis et Hap, expressions qui désignent ses fonctions an jugement. Papyrus égyptiens,, p. 18.
moins quelques scènes des dernières destinées dé l'homme* La légende , é$ç JjW <seyxmç y Unus Jupiter et Serapis , F Être suprême est aussi la divinité des régions du jugement, vient à l'appui de notre opinion.
Quant h l'inscription du revers, sa première partie offre des combinaisons mystiques ou magiques que Ton ne saurait plus entendre; c'est ce que prouve la fréquente répétition des mêmes lettres. La seconde partie, commençant & la fin de la sixième ligne , offre l'invocation : ABPACA3 AOC XAPIN ALESANAP, Abraxas accorde la grâce à Alexandre.
Ce monument est un de ceux qui ont existé autrefois au cabinet de Cassel, qui ont été publiés par Capello, et qui offrent presque tous des compositions et des légendes si extraordinaires, que, s'il était permis de juger des pierres sur les dessins, nous serions tenté de les considérer comme des ouvrages des bas temps ou des produits d'imposture; <s'est ce qui nous a porté à n'en prendre qu'un petit nombre. Nous saisissons cette occasion pour faire remarquer en général qu'on a souvent publié les menumens gnostiques et autre; avec une infidélité extrême. M. Bellermann est , pour ainsi dire, le .seul auteur dont les dessins d'Abraxas puissent inspirer de la confiance. Il faut d'autant plus regretter qu'il n'en ait donné qu'un petit nombre.
Figure 5. Harpocrate assis sur le lotus, la tête
DES PLANCHES. 5g
erhée delà Persée, avec les légendes de Iaa, Sabaoth, Abraxas* Monument des bas temps et dont le fjfssin est tiré de Montfaucon* Ant. expl., II, a. e p., p. 366* Figure 6. Harpocrate se dégageant du lotus * la têtt radiée, entourée de la lune et de deux autres étoiles* La légende extérieure du revers offre indistinctement les noms de Sabaoth, de Mkhaël, dont on ne trouve que deux lettres; XAdonai, qui n'est pas achevé, et les voyelles sidérales, AEHIOYû), symboles des régions célestes, etc. L'inscription qu'entoure Ophis peut se lire et traduire de la nianière suivante t
• . . .t*rn* ]V as* nmo u, m {OpHomorphos ou
Ialdabaoth) rebellant (sed) tu pater es nobis Abrâsach, c'est-à-dire, le démiurge,* le dieu imparfait et jaloux , s'est détaché de toi {et fa laissé ignorer au monde) ; mais toi, le père (inconnu) tu t'es manifesté, Abrdxas (être mystérieux, plérôme (fui embrasses toutes les intelligences célestes), par le logos uni à F homme Jésus , etc.
C'est Chiflet qui a publié cette pierre; Pour toute explication il s'attache à peindre Harpocrate comme dieu du silence, et à le considérer oomme la divinité «pédale des basHidiens, par la raison que leur chef avait emprunté à Pythagore le silence des cinq années du noviciat théosopluque. Il serait impossible de se mettre plus loia du véritable sens d'un monument
Figure 7. Ce monument appartient à un ordre cTidjfs un peu différent, mais à la même époque de décadence. C'est Harpocrate~soleil, assimilé à Christos par la légende connue, le soleil a lui, et indiquant par un doigt sur la bouche le mystère dont était couvert, avant lui, le dieu suprême , le père inconnu. Il porte à la main l'emblème de la victoire à laquelle il conduit les pneumatiques.
Ce dessin est tiré de Chiflet, tab. IX, fig. 38.
Figure 8. Combinaison d'Ânubis avec un cynocéphale, par conséquent composition relative au pélerinage et au jugement des âmes, avec l'invocation .connue.
* Ce dessin est tiré de Montfaucon. Ce qui peut seul justifier la place que nous lui accordons, c'est la rareté de la combinaison qu'il offre.