PLANCHE IV
Cette planche et une partie de la suivante sont consacrées aux Àbraxas, où la figure du lion et celle de l'homme . paraissent jouer, le rôle principal. Ces mônumens appartiennent tous aux époques de décadence.
Figure i. Le lion, symbole du soleil, la lune, Sirius. Ce sonties trois divinités de l'Egypte qui jouent
DES PLANCHES* 6l
le plas grand rôle dans les dernières destinées de l'homme, Osiris*, Isis, Anubis. Anubis conduite les âmes; la demeure d'Isis ou la lune leur sert de lieu de purification ; Osiris prononce définitivement sur leur sort.
Dans la plupart des monumens où figure le lion, il porte à la bouche une abeille, une tête de bélier, une tête de bœuf, ou quelque autre. objet. Il serait difficile de déterminer ce que Ton voit ici.
Le revers offre une légende extérieure illisible, où il semble pourtant qu'on doive reconnaître le mot de Xv%vov y que nous avons déjà trouvé ailleurs, et, pour légende intérieure, les noms d'Iao et d'Abrasax. C'est encore le génie 'de la lune et celui du soleil*
Ce dessin est tiré de Chiflet, pi. VII, fig. a 8.
Figure 3. Homme à tête de chien avec crinière de lion , armé d'une longue flèche. C'est , suivant la légende du revers, Tat, Toth- Anubis, conducteur et défenseur des âmes.
Ce monument, qui paraissait entièrement inconnu au* archéologues, appartient au cabinet de M. Durand. U est inutile de dire qu'il était inédit. ..-.;.
Figure 3. Cette pierre, également unique jusqu'à présent , existe au cabinet des médailles à la bibliothèque du roi, où elle a été transférée de celle -de Sainte -Geneviève. Elle avait été publiée par Claude
du Molinet et reproduite par Montfaucon» Nous la doigpns d'après une empreinte, les dessins de l'un et de l'autre de ces antiquaires n'ayant aucune exactitude de proportion.
Quant à l'idée qui domine dans cette singulière composition , Molinet y Toit un talisman qu'un juif, nommé Judas , se serait tait faire « pendant qu'il était captif en a Èëyftty P Qur *w* r de la valeur et du courage en « guerre. » Il considère néanmoins ce talisman comme gnostique, ce qu'il est très-difficile d'accorder avec son explication. Montfaucon ne voit, au contraire, dans ce monument que le traître Judas , sans plus s'enquérir du but que l'on peut avoir eu en plaçant l'image de cet apôtre sous les yeux des théosophes de la gnose.
La véritable interprétation du monument est dans la doctrine des eaïnites et des judaïtes, où l'on regardait Judas comme le seul disciple du sauveur qui ait connu sa personne, son but, et les moyens de le lui faire atteindre, et qui a servi ce but en le livrant à ses ennemis 1 * Judas était, par conséquent, le pneumatique le plus pur et le plus grand des théosophes après le sauveur ; son nom méritait les hommages des partir* sans de la gnose. C'est ce qui . explique la légende IOVAAC. Reste la scène symbolique du monument.
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\ x Voyez tome II , p. a54.
Elle nous présente d'abord l'homme-lion , Christos- Mithras ou soleil, et le symbole de la mort, événement qui seul pouvait renverser l'empire d'Ialdabaoth.
L'inscription, deux fois répétée sur une sorte de cartouche, peut se rendre par ces mots: vN T?Û *Dlr? f il m'a combattu, mes paroles (ma révélation du dieu suprême) et moi; ce qui peut s'entendre d'Ialdabaoth, qui a fait mettre le Sauveur à mort par ses aveugles partisans, les juifs.
Je n'essaierai pas de déchiffrer les caractères qui
tuivent. Us paraissent être de simples initiales, et
quoique , à ce titre , on pût être autorisé k lire :
O Ço), K (vfjos), I (yvous), (boç), X (ç&oç),
N (ovè), ï (fuv), E (*i), S (ùùfi)y B' (<wov), Jésus - Christ , le seigneur, Dieu, logos, a été pour
nous la vie et la palme de la victoire, et que le
signe •$■ figurât très-convenablement l'univers, je ne
m'engagerai pas dans cette carrière de conjectures.
Figure 4. Le lion -soleil, la lune et Sirius, avec la légende, Ahrasax Sabaoth Eoino; au revers Adonai avec deux étoiles.
Ce dessin est tiré de Molinet , p. 1 a 4.
Figures 5 et 6. Le premier de tes dessins est tiré de Gori {Thésaurus gemmarum astrîferarum , t. # I f pi. 5o); le second a été publié par Chiflet, Gorlée et Montfaucon , etc. Il est probable qu ils n'appartiens
« nent pas au gnosticisme ; mais rien ne le prouve d'une manière absolue. Dans tous les cas 3s servent à éclaircir quelques-uns des monumens suivans; et il n'est point douteux qu'ils n'aient servi de talismans. Le premier représente le soleil (le lion), la lune et sept étoiles; le second, le soleil (lion) et la lune (le masque de figure humaine ), avec la légende CAMA, qui vaut sahs doute celle de CHMHC (soleil) que Ton trouve ailleurs. Il est hors de doute que ni l'un ni l'autre de ces monumens n'appartiennent à l'hellénisme pur, ni aux époques classiques des Grecs ou des Romains, et qu'ils sont l'ouvrage de ces siècles où se mêlaient tous les cultes et toutes les croyances de l'Orient et de l'Occident. Si la foudre de Jupiter rappelle l'Occident , le scorpion et le lion dévorant un taureau semblent des emblèmes mithriaques. En effet, on voit ailleurs le même groupe avec le chien mitbriaque de plus '.. Cependant ce ne sont pas non plus des monumens mithriaques purs , nous allons les voir combinés avec des monumens qui appartiennent incontestablement aux gnostiques.
Figure 7. Ce singulier monument, que Baronius a publié le premier dans ses Annales de l'Eglise 2 , et
1 Gori, Thés. gemm. astr. , t. I, pi. 5a.
% Annales eccïesiastici ad annum îao.
qui a souvent été reproduit dans ce temps, nous offire d'abord, sur le revers, le symbole mithriaque du lion et du taureau, ou limage des rayons du soleil pénétrant dans le sein de la terre pour la féconder; ce qui est entendu par les gnbstiquès dans un sens purement spirituel, c'est-à-dire, que le soleil y est l'emblème du père de la lumière et de la vie pneumatique, et que la .terre est celle du genre humain appartenant à la race sainte. Ce symbole interprété nous fait entrevoir le sens de cette figure humaine, couverte d'emblèmes, que nous offire la première face de la pierre* C'est l'homme pneumatique qui se met soifs la protection des principales puissances célestes. -
Nous venons de voir, sur lé revers, le symbole du père de la lumière , de l'Etre suprême; les lettres AEHIOTti», que l'on remarque plusieurs fois sur la poitrine et vers la ceinture du corps, sont les emblèmes des génies des sept régions sidérales. Deux légendes viennent à l'appui de ces idées ; l'une est la formule ABAANA0ANAABA, qui se lit indistinctement en commençant à droite ou à gauche 1 , et que nous
i Les lettres B A à la droite sont mal indiquées ; c'est ce qui a porte plusieurs archéologues à les prendre pour d'autres, par exemple, pour EA. Gori, II, p. a5a, n.° ia r p. 260, n.° 65, etc.
fit EXPLICATION
avons déjà plusieurs fois remarquée ; l'autre se trouve ici pour la première fois, c'est celle qui accompagne le sceptre que le pneumatique a dans sa main gauche et qui contient ces mots OIN ©APA,I AA0M 0ÏAAX ABPACAS; en tébrçu Wfl pp *Jfct?Jl 0X1/ (tene) oculum prospicientem ad Abraxam angustias tuas finienUm.
Figures 9 et 9. Sujets analogues. Le premier de ces monumens nous fait voir une femme , la tête ornée de la persée mystique, s'appuyant sur un sceptre - cfanouphis , chargé de légendes c^name elle , suivant l'étoile d'Anubif , c'est-à-dire, Anubis luimême, aux régions célestes; le second représente un pneumatique faisant le même pèlerinage, appuyé également sur un sceptre- chnouphis, où l'on voit les emblêtnes des génies des sept régions stellaires. Xa région de la lune est spécialement indiquée par le globe qui plane au-dessus de la tête, et le génie de cet astre par le mot I Ao> qu'on lit sur la poitrine. Les mots de CABA&0, de CEMEC, de XÀPIC et de AAaNAI sont également indiqués. Ce qui caractérise ce personnage, c'est l'espèce de transfiguration à laquelle il est déjà parvenu et qui est indicruée, non -seulement par sa beauté et sa jeunesse, mais encore par le rameau d'immortalité qu'il tient à la main et par l'attribut d'Hermès qui pare sa tête.
Ce second monument a pour revers les lettres A MA PU MA. C'est une améthyste du Musée de Passe ri. Notre dessin est tiré de Go ri, 1 1, p. cxcvn.