‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 103 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

d'où s'échappa toute semence de création et de génération. De certains êtres supérieurs, élevés au-dessus des sens ^naquirent d'autres êtres doués d'intelligence, et nommés les contemplateurs du ciel ^ Vint ensuite le tour des corps célestes , des phénomènes de la lumière et du vent , du tonnerre, des hahitans de l'air, de la terre et de la* mer. C'est par une sorte de réveil suhit que les êtres sensibles passent à une existence animée. ^ La création de Thomme rappelle plusieurs autres anthropogonies. Les premiers mortels furent Eon et Protogonos, c'est-à-dire l'être qui dure un certain temps et le premier né^. Us furent faits par ï esprit, la voix de Dieu 5, et sa femme Baavt, la nuit; c'est-à-dire que la volonté de Dieu les fit sortir de la nçn-existence^. Leurs enfans,

1 leù^at,fffiijjv^ c'est-à-dire cmtDn-'»l312, speculaiores cœli; ce sont les esprits sidéraux^ les ferouers, les anges, les éons des autres systèmes. Voj. Kanne, Panthéon der àltesien Na^ ^^^hUosophie , p, 564- Berosi fragmenta, éd. Richter^ p. 49*

2 Voy. ci-dessus, p. 64 > 79^ 99» ♦

3 "Ék tov KoXTrlet ttvt/xov* Kol'pl4ah, n^-^fi-?1p^ vox oris DeL

4 Les anciens Egyptiens et les orphiques rangent aussi la Q^t parmi les principes des choses. Jablonski^ Panthéon ^eypt' y i' \ , P' II'

2l6!3 SECTION II.

nommés Gènes et Généa^ ont habité la Fhéiùdie, Us étaient déjà teUemenc éloignés A% TÊtre suprême^ du père inoonna^ qu'ils adorèrent le eid, lie prenant pour le souverain «naître des adioses.^ Cependant une race d'en£ins Ait lumière, portant les noms de lumière, de feu et de flamme, est Nlescendue de Génos et de Gènéa, et cette race a été suivie d'une race ée ^ns, auxquels on a donné , dans le cours des sièdeB , les noms éeê montages qu'Os avaient habitées. Les générations se sont continuées ainsi, toujours en descendant, et produisant, deux à deux, les chefs des divers travaux de la vie terrestre. Quelques-uns de ces chefs ont été honorés d'un culte spécial par leurs neveux. Agros et Agrolèsj qui ont appris aux hommes à cultiver les champs, et qui ont été élevés jusques aux dieux , ont eu pour fils Amynos et Magos^ les pères de Mysorety de Sydyk^ mortels jiî célèbres qu'ils ont passé dans les rangs des dieux, ainsi que leurs enfans, Taaui et les Cor bireSy inventeurs de l'écriture et de là navigation Leur coiitemporain Éliun et sa compare Btryih

1 Ils nommaient ausiii eette diTÎmté Bedsmnen \^M-^^ danUnus cœlorum»

fiirent é^eaxeM des ètxes d'un ordre ^evé : ils ùai (kmiié le your à Auiochihon^, qui fut depuis nommé UraneSj et à sa sœur Gré. EUun ou Hyp^ sisios &t eocore placé panni les dieux. Son fik, lui ayant succédé, a donné le jour à Kronos, Betyhsj DagoH «t Atlas. Krcmos, qui avait pour secrétaire Hermès^ versé dans tous les arts, et sun^ tout dans celui de la magie , lut le père de Perses phoni et dlAthina. Ses compagnons étaient les Élohim; ses épouses, AstaHéj Rhéa et Dioné ou BaaUis; ses fils, Kronos, Zeus-Bel et Apollon. ^ La gloire de ces derniers fut pourtant éclipsée par ceUe d'Asd^tos, fils de Sydyk^ et par celle de Melkarth^ petit-ffls d'Uranos. Meikàrlh devînt même, dans la suit« des teiaaps, la principale divisité des Phéniciens, et nous voyons encore se r^oduire ici, dans la mardkc des idées religieuses ou my^liolo^ques , un phénomène que nous avons déjà fait r^narquer ailleurs.^

Tels sont Içs principaux traits des antiques doctrines phéniciennes. On volt qu'elles iureot

i Ztvç jgfiXûç est^ suivant Hérodote, I, 181^ une divinité babylonienne. Apollon fut partiiiiâîérement adoré à Tjr. Voy. Mûnter, Religion êer Karffèoger, p. 3a.

3 Voy. dnlessiM, p. 80^ note 1.

bien c» qu'elles (levaient être, le reflet du cosmopolitisme de* leurs partisans. En effet, la Perse et la Ghaldée, TÉgypte, la Judée et la Grèce y sont .représentées : c'est le syncrétisme le plus complet qui ait existé avant notre ère.

Philon de By blos , en traduisant un auteur oriental du treizième siècle avant notre ère, en a^sans doute effacé quelques traits par des analogies de mots et d'idées que lui suggérait la Grèce; il a, sans doute , traité les croyances comme les écrivains de sa nation les ont toujours traitées: cependant il en est resté des traces assez manifestes pour faire voir que cette doctrine est une émanation de l'ancien culte des astres, qui, dans le zoroastrisme seul, s'est rapproché du monothéisme. La lumière et le feu y jouent un grand rôle: fl y a une race d'enfans dé la lumière : ils adorent le ciel, avec ses lumières, le prenant pour le Dieu suprême. Usoos, J'un 4^ ces enfans, élève des colonnes en l'honneur du feu; Chrysor, qui est la grande force ignée de la nature, le Héphaistos des Grecs, est en possession des. arts de la magie, comme Hermès, qui possède les révélations divines; Baal est le dieu du soleil. Melkarth, la grande divinité nationale des Phéniciens et de leurs colonies, est encore une divinité solaire; c';est le Som^héraclès de TÉgypte.

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