‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 104 sur 173 · CHAPITRE II. 36î · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 36î

Baaltis-Astarté, le principe conceptif et produisant' de la nature, est Flsis de l'Egypte, déesse de la lune , la Mithra-Mithras des Perses ^ , la Vesta de rOccident Le premier des Cabires , AxUros-- Phthas^ le tout-puissant, est également un principe de feu et d'éther; Esmun^ autre Cabire, est considéré, ainsi qu'Apollon -Isménias , comme une incarnation du soleil. ^

Ces idées ne laissent auctfn doute sur l'origine de la doctrine des Phéniciens. Elle est essentiellement orientale, et même persane, et elle s'est rapprochée, sans doute, de nouveau de sa source primitive, et a participé aux nouvelles richesses de la Perse, depuis Jes rapports intimes qui se sont établis entre la Syrie et l'Asie centrale ^ par suite des conquêtes qui ont étendu la domination des Babyloniens et des Perses jusque ^ur les rives de la Méditerranée, et, par suite, de celles qui ont soumis aux Séleucides non-seulement la Syrie, mais encore une partie considérable de l'ancien empire des Perses. Les communications entre l'Asie centrale, la Syrie, la Phénicie et la Judée,

1 Creuzcr, SymhùUk, 2.* édition^ I, p. 729.

2 Yoy, Hug., uherden Mjihus deralten Vôlker^ p. i49«

furent trop multipliées deptûs cette époq|ae, pour qu'il n'y eût pas aussi de fréquens échanges d'opinions religieuses. La Samârie dle-dnème, pecile €t m^risée, eut sa part dans cette difiusion des an*tiques lumières de l'Orient La Samarie ne fat jamaiâf que syncrétisme, et, malgré son obsciure origine, la réunion des divers ëlémens dont se composait sa population , dut produire des combinaisons et des théories nouvelles. E21e en produisit, en effet, dans la personne de Simon, de Ménandre et de plusieurs autres, et la Samarie adopta même, en partie, les idées de l'aiicieB culte de la lumière. ^

Dans les temps postérieurs, ce sont les rapports avec la Perse et la Judée qui ont exercé le plus d'influence sur la Syrie. Cest ce que prouvent,^ d'un côté, les systèmes de Saturnin, de Manès et de Masdacès , qui se rattachent toos les trois à la Perse, et c'est ce qu'attestât , <k l'autre , les anùales du rè^e des Séleucides , qui nous montrent les Juifs et les Syriens souvent sous la même dénomination , et quelque

1 Gesemn&^ De Samarîianorumt^ûhgia ex foniib.ined» p. 2S^ 5i et passim, Creuzer^ SymboUk {Mone)^ /». 267.

CHAPITEE II. 267

fois confondant leurs croyances » tout en se combattant les armes à la main. En effet, la Syrie fiit parsemée de, synagogues, et ea Judée régaaîeni les mœurs de la Syrie, avec une partie de ses croyances. En outre , les langues que parlaient les Phéniciens, les Syriens, les Samaritains et les Juifs, pétaient sœurs, et, sans doute, filles d'une mère commune, dont la demeure primitive avait été fixée sur les bords de TEuphrate. Or, la commimauté des langues, attestant la communauté des origines, a toujours maintenu une certaine communauté de croyances.

D'ailleurs, tous ces peuples, depuis les grands événemens qui avaient détruit les antiques démarcations nationales, et depuis les agitations dogmatiques, qui s'étaient communiquées des bords de TËuphrate à ceux du Tibre, parlaient une langue nouvelle, commune à tous, la langue grecque, qui devait cumuler un jour, dans les écoles gnostiques, toutes les richesses spéculatives de l'ancien monde.

Ce fîtt dans cette langue qu'un Phénicien, ou plutôt un de ces Grecs qui se montraient si avides de conquérir les dépouilles des doctrines orientales depuis qu'Alexandre avsdt conquis celles du trône de Darius, j'entends Philon de

Byblos, publia, au second siècle de notre ère, l'ancienne théologie des Phéniciens et les Commentaires de Sanchoniathon. Certes, un ouvrage de ce genre a dû produire une forte sensation à une telle époque; et si l'on pouvait douter encore que les théosophes de ces temps eussent tiré parti de cette cosmogonie et de cette théogonie, on n'aurait qu'à jeter un coup d'œil sur les idées et les symboles qui prédominent dans les allégories de ce. système religieux.

L'idée de l'émanation de toute chose d'un seul principe , et d'un amour primitif qui en est le mobile , y domine évidemment Celle que la lumière, dans son union avec l'esprit, dont elle n'est que le véhicule ou le symbole, est la vie de toute chose et pénètre tout; qu'il faut, par conséquent, la respecter et l'honorer partout, y est également dominante. On ne saurait y méconnaître celle de Knfluence des esprits sidéraux, ni celle de la dégradation successive des géiwrations qui émanent les unes des autres, ni 'celle des syzygies ou des associations de ces êtres suivant les deux sexes. La théorie du mal n'y est qu'en embryon; elle n'est point développée. Il y a une matière inerte et des ténèbres; mais il n'y a point d'empire des ténèbres. Ahriman, Satan

Page 1