‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 105 sur 173 · CHAPITRE IL 26g · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL 26g

OU Bélial y manquent, ainsi que le Démiurge; mais le premier né^ Protogonos , Adam-Kadmon, et l'éon primitif, y figurent d'une manière remarquable : la grande lutte qu'admettent d'autres systèmes dans le monde des intelligences , et qui doit y exister, si le nôtre en est l'image ^ se retrouve ausisi chez les Phéniciens. Là aussi Kronos se révolte contre Uranos, et le combat est aussi vif qu'ailleurs. L'idée d'une, chute primitive est remplacée par celle d'une chute successive; et non -seulement la mort se présente aux hommes dès les premières générations , mais les générations encore pures, celles des enfans de lumière , celles des géans , se mêlent bientôt avec des femmes plus que vulgaires. ^

Le serpent, qui joue un si grand rôle dans les mythes asiatiques sur la chute des premiers hom-

1 C'est l'association des Néphilims ou géans de la Genèse arec les fiiles des hommes. Genèse, VI, i, 2, Ces deux Taces peuvent signifier, sans doute, celles de Gain et celle àt Seth; mais on a eu bien tort de se moquer des Pères, 9ui entendaient ce passage d'une alliance entre les êtres supérieurs et les filles des hommes. Ce sentiment n'était peut^tre pas orthodoxe ; mais il est conforme aux anti- <]ues traditions de la chute des anges, et il ne nous ap. parteaait pas de redresser l'hétérodoxie des Pérès.

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mes, s'est conservé aussi dans le système phénicien, quoiqu'il n'y figure point comme séducteur. Son rôle est un peu modifié; mais c'est dam cette modification qu'il nous ofire le plus d'intérêt et. le plus d'analogie avec te gnosticisme. Cest aussi dans cette modification qu'il explique le mieux quriques monumens gnostiques et o{^tiques.

y Taaut, l'interprète des cieux auprès des hom- (( mes, attribuait, dit Sanchoniathon , quelque (( chose de divin à la nature du dragon et des ser- « pens; c^nîon qu'ont partagée avec lui tes Phé- (( nicien» et les Égyptiens. Cette classe d'animaux c( est, de tous les reptiles, la plus vitale, la plus (( pneumatùfue ^ ; elle est d'un naturel ignéj et sa c( force se montre surtout dans la rapidité de ses « mouvemens , pour lesquels elle n'emploie aucc cun des membres que possèdent d'autres êtres, ce Le serpent prend, d'ailleurs, les formes et les ce attitudes les plus variées, et se lance où il veut « avec un élan extraordinaire. Il a, de plus, une « vie très-longue, et, quand iè est parvenu à la « vieillesse, non-seulement il s'en dégage et se ra-

1 G^est un sens bieu remarquable du mot vPtvfÂOù*

GHAPI'i*RE II. 2'Jl

K jeunit, mais encore il croît en force et en yo- (( lume, jusqu'à ce qu'il se consume en lui-même, « après avoir achevé une certaine période d'an- K nées. C'est ce qui a fait admettre ces animaux (( dans les rites et les mystères sacrés. ^

En effet, les prêtres d'Egypte nourrissaient des serpens sacrés dans les temples de Thèbes, au raf^ort d'Hérodote ^ ; et le rôle que jouaient ces animaux dans les cérémonies du culte grec est si connu , que nous pouvons nous borner à en appeler à ce que S. Amobe dit au sujet des omophagies et des sabadies,^

Taaat lui-même avait discuté ces mystères dans ses écrits sacrés, et Sanchoniathon en avait parlé plus amplement dans ses Eihothia^. Il y prou^ vait que le serpent était immortel et qu'il rentrait en hù-mème; ce qui était réellement un attribut de la divinité, suivant quelques théosophes anciens, particulièrem^it ceux de l'Inde. Sanchoniathon fait aussi remarquer que le serpent ne

1 Ëulerpe, ch. y4^ P- ^^^9 ^^- Henr. Stepk.

2 Lib. V, p. ijQ, ijif éd. Salm. Dupuis^ Origine des cultes^ t. V, p. 22 5, éd. in-8.* Pausanias, Bœoiica, p. 3i3.

3 niny, tonpom, chronique^ ou bien i^cAuùV pour t^m

mourait que de mort violente. Les Phéniciens lui donnaient le nom d'Agathodémon , et les Égyptiens celui de Cneph,

Ce mot de Cneph est le même que celui de KnouphU, que l'on trouve, entre autres, chez Strabon , et que l'on rencontre fréquemment sur les Abraxas. ^

En Egypte, dit Sanchoniathon , on le représentait avec une tète d'épervier , à cause de la vivacité de ce volatile j et le chef de leurs hiérophantes, l'interprète sacré, dotmait sur ce symbole des explications très-mystiques. Il disait, que le serpent qui portait une forme d'épervier, était un être très -divin 2, et d'un aspect si agréable, qu'en ouvrant les yeux il éclairait de ses rayons les lieux où il nait, et qu'en les fermant il répandait les ténèbres. Tel est, e» effet, l'action du soleil, dont le serpent-épervier, 'génie de lumière, bon génie, était le symbole.

1 Jablonski {^Panthéon Mgypt. , 1, c. 4> et Opusc», t, I, p. 112, éd. te Water) pense qu'en égjptien ce mot était l^vov^iÇ'i ce qui signifierait dyaSoç Shtijuieùir. Voj. notre planche I. ' * .

2 To TTfiùlov ov ^etoToClov» SanchonUuhçnis Beryti Fragmenta, éd. OreUioy p. 46.

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