CHAPITRE II
Ici s'eitplique d'avance, et c'est un fait que nous constatons, une opinion fondamentale des ophites , qui prenaient pour un bon génie le serpent qui, dans l'antiquité orientale ^ , est presque toujours un mauvais ange ou le symbole d'une puissance maligne. Ce fut Sanchoniathon qui leur fraya les voies, et Phérécyde, marchant sur ses traces , parait leur avoir fourni Ophiomorphos dans son Ophioneus et ses X)phionideSj qu'il emprunta aux Phéniciens^. L'Egypte, conjointe* ment, avec la Phénicie, leur offrait aussi, sur ce sujet, im symbole que l'on rencontre très-fréquemment sur les monumens ophitiques et gno^ tiques. Les Égyptiens, selon Eusèbe, peignaient le monde par un cercle de couleur aérienne, par« semé de flammes, et dans lequel s'étendait un serpent à tête d'épervier, en sorte que le tout ressemblait assez à un thêta* grec, 0.^
1 C'est ainsi qu'il figure dans la chute de lliomme^ sui» Tant la Genèse et le Zend-Aresta ( 1. 1, partie 2 , p. 3o5).
2 Kanne, Idetn zur Mythologie der alien Weli, p. 289*
3 Eusehii de Prœp. eçang. X, Proclus, lih. III, in 7Y- ^'iosumi, p, 216; explique ce symbole un peu autrement qa'Ëusèbe* Il dit que les Egyptiens peignaient les quatre parties du monde par ce signe -h > et Vame du numàe ou Cneph par un serpent, qui l'entourait en forme de cerclé»
Les idées d'un dieu protecteur et Êivorable , figuré par le serpent à tète d'épervier, étaient tellement répandues, qu'on les rencpntre dansjes écrits supposés de Zoroastre et du mage Ostanes, qui paraissent avoir été composés, dans les pre* miers siècles de notre ère, par des théosophes gnostiques et platoniciens. Eusèbe est même tenté de croire que , par les serpens élevés dans les temples, on a touIu honorer les génies et les modérateurs des élémens cosm<2goniques.* ^
Les symboles religieux des Phéniciens expli^ quent encore d'autres symboles gnostiques. Taaut, le dieu, dit Sanchoniathon, après avcnr fiiit Timage d'Uranos, représenta aussi les figures de Kronos et de Dagon, et les caractères des élémens. Pour indiquer le gouvernement de Saturne, il imagina de lui donner, outre les deux yeux de la face, deux autres sur F occiput (deux des quatre se fermaient) et quatre ailes, dont deux étaient étendues et deux en repos. Il indiquait, par les yeux, que le dieu voit en dormant et dort en veillant, et par les ailes, qu'il vole en reposant et se repose en volant Les autres dieux n'avaient que deux ailes, ne faisant que suivre Kronos.
1 Eusebius , Fragment. Sanchàniaihonis, éd. Orelh , p. 49*