CHAPITRE IL 27t
Ces symboles se retrouvent sur les mônumens du gnosticisme, avec des modifications qu'il a su donner à tous ses emprunts. Au lieu de la pluralité des yeux, on n'en trouve qu'un seul sur ses pierres, et le symbole des ailes est également modifié, en sorte qu'il y en a deux en repos, avec intKcation d'un léger pouvement, appliquées au génie même qu'on représente, et deux autre», sur le revers du monument, en vol*. La Perse, l'Egypte et la Grèce pouvaient fournir également ces symboles au gnosticisme; mais ni l'analogie ni les explications que donnent ces régions ne sont aussi complètes que renseignement de la Phénicie.
Ainsi, pendant que Philon d'Alexandrie livrait aux Juifs et aux chrétiens les spéculations de la Grèce, Philon de Byblos livrait aux Grecs, aux Juifs et aux chrétiens, l'une des doctrines asiatiques les plus anciennes. La Syrie fut nécessairement le premier théâtre sur lequel se répandit €6 nouvel élément de spéculations religieuses; elle paraît avoir été la première à le combiner avec Içs doctrines que lui avaient communiquées la
1 Voj. notre planche I.
Perse et la Chaldée, TÉgypte antique et l'Egypte grecque, la Palestine judaïque et la Palestine chrétienne.
Tels sont, en effet, les élémens dont se composent les doctrines de Saturnin et de Bardesanes , principaux chefs de l'école gnostique de Syrie , que nous allons examiner , et celles de quelques autres docteurs originaires ou voisins de la Syrie, qui s'offriront plus tard à hqs recherches.
Satamin. ' §. 2. Saturnin , que plusieurs anciens nomment disciple de Simon et de Ménandre , et condisciple de Basilide, était né dans la capitale de la Syrie, et y vécut sous le règne d'Adrien, enseignant une doctrine qu'il se composa des élémens répandus autour de lui, mais dédaignant de nommer quelqu'un son maître, et de recevoir des théories toutes faites. ^
1 Yoj. Irénëe^ I^ 22^ ëd. de Grabe. Tertnllien^ De anima ^ c. 23. Théodoret^ Hœret, fahuh^ .1, 3. Epiph., Hœres, ^23. Les trois premiers paraissent avoir suivi les mêmes renseîgnemens^ et Théodoret est celui d'entre eux qui les reproduit le mieux. Epiphane suit d'autres données 'y mais on aperçoit une lacune notable dans sa notice sur Saturnin.