CHAPITRE II
Il partit de Topinion, qu'il se manifeste dans l'univers deux actions différentes, opposées Tune à l'autre, et appartenant à deux empires divers. Cet ordre de choses lui paraissait aussi ancien que les deux principes qui le dirigent; et Saturnin, par ce sentiment, se montre encore plus rapproché de la doctrine persane que les autres gnostiques, qui considèrent la séparation entre la lumière et les ténèbres comme le résultat d'une suite d'émanations, qui se dégradent à mesure qu'elles s'éloignent de l'Etre suprême, qui finissent par s'en détacher entièrement, par s'obscurcir, et par se confondre avec la matière.
Une lacune fâcheuse dans les exposés du système de Saturnin, nous empêche de savoir si, dans sa pensée, le principe du mal a été tel de toute éternité , ce qui serait le véritable dualisme , ou s'il s'est altéré par une chute, comra^ celle d'Ahriman , ce qui rédtdt le système de Zoroastre à un dualisme temporaire.
Ce qui paraît évident, c'est que Saturnin, malgré les idées qu'il adopta du christianisme, ou peut-être à cause de quelques assertions mal entendues des évangiles 1, confond l'Être suprême.
X Voy. ci-dessus, p. 167.
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tel que le lui révélaient les codes sacrés, avec l'Être suprtoie du Zend-Âvesta* H lui applique ce nom de père^ que le christianisme affectionne le plus en parlant de Dieu à l'homme : mais il le nomme ne^ltiç atyvoi^eçy source inconnue de tout ce qui eM pur. Suivant Saturnin, TÊtrç suprême reste inconnu , tout en se développant et en manifestant ses perfections; car, de degré en degré, les puissances qui émanent ai lui, iwmftëiS r(Hj ovjoçy s'affaiblissent à mesure qu'elles s'éloignent de leur sQurce. Cependant cette décadrée ne va pas, comme dans la Kabbale, jusqu'à se perdre dans l'empire des t^èbres; le mal ne se rattache point, par quelques klippoth, à la grande chaîne des émanations de l'Être suprême.
Dans le Zend-Avesta , non plus , le mal ne se rattache à Ormuzd ; il forme un tout autre empire.
Sur le dernier degré du monde pur ou de la chaîne des émanations, Saturnin place sept anges, qui sont ce qu'il y a de moins parfait dans les réglons intellectuelles. Il a trouvé ce nombre dans le Zend-Avesta ou dans la Kabbale, et son idée n'est pourtant pas conforme à celles de ces doctrines. Les sept anges sont bien aussi, comme ailleurs , les sept esprits sidéraux ; mais ils sont plus que cela : ils sont les créateurs du monde