CHAPITRE L
tiens et payens de cette école : ils ne diS^rent les uns des autres qu'en ce que les payens rejettent le christianisme, tandis que les dlfétiens le regardent comme Time des révélations les plus sublimes. ^
Après ces rectificatiqns,' je crois pouvoir avancer néanmoins que les mots, de ymass et de ^vo^fîncol ont reçu, dans 1(|: ville d'Alexandrie, une acception particulière; mais ce ne fut guère avant Tère chrétienne; ce ne fut point par les savans grecs qui illustraient cette ville, et ce ne fut nullement pour désigner des doctrines orientales : ce ne fut que pour indiquer une science supé-^, rUure en général.
C'est l'école judaïque d'Alexandrie, qu'il faut distinguer soigneusement de toutes les autres écoles que renfermait cette ancienne capitale des lettres, qui me parait avoir préparé le plus directement la Nouvelle acception du mot de yvStris et les opinions qui en formaient l'objet Cette école, qui
1 Cesl ce .qui nous explique^ par exemple, la position de Plotîn, qui est plein d^idées analogues à celles des gnos« tiques, et qui les réfute cependant dans un traité particulier^ parce qu'il e»t TennAnt de tout ce qui tient au cfaristia*
nisme.
nous est connue par deux de ses plus îKustres chefs, par Aristobule et Philon, connaissait les opinions orientales et celles de la Grèce; m^s ce n'étaient ni les unes ni les autres qu'elle prétendait recommander comme science supérieure; c'était la doctrine secrète depuis long-temps formée dans le sein du judaïsme. Aristobule et Philon étaient avant tout attachés à l'antique religion de leurs pères, et l'un et l'autre, pour l'enrichir, pour la Êârc briller aux yeux des autres nations, essayèrent, avec les rayons épars dans tous les autres systèmes, de rétablir dans son primitif éclat la profonde et mystérieuse doctrine que l'opinion générale des Juifs de leur temps attribuait à leurs ancieQS sages. Contemporain de Ptolémée-Évergètell, Aristobule ouvrit au judaïsme cette voie nouvelle à d'immenses conquêtes. En efiet, il adopta un système d'interprétation qui lui permit d'introduire dans les enseîgnemens de sa nation tout ce que les autres doctrines possédaient de plus beau. Cette méthode consistait à prendre , dans le Code sacré des Juifs, tous les fiits et tous les détails pour autant d'allégories cacl^nt le sens le plus profond. Dans un commentaire spirituel sur la loi , il sut prêter ainsi à Moïse des idées qui surprirent l'admiration des Grecs, précisément parce que c'étaient celles de