CHAPITRE ï. S
leurs plus grands écrivains*. Aristobule rfavaît point en cela pour but de recommander la philosophie de la Grèce à ses coréli^nnaires : il voulait défendre les croyances judaïques contre les attaques dont elles étaient sans cesse Fobjet. Loin de reconnaître la supériorité du platonisme Ottd'un système oriental sur la religion de son peuple, il était si convaincu de l'excellence de la dernière , qu'il prétendit que Platon avait puisé ses pins belles idées dans les livres sacrée des Juifs. Il alla plus loin : pour montrer à ses contemporains et aux générations futures, que les auteurs les plus vénécés des Grecs enseignaient la même chose que Moïse, il composa, sous les noms d'Orpbée et de Llnus, d'Homère et d'Hésiode, des vers où il dépo*sait des principes judaïques*. C'est une preuve de plus, qu'alors les Grecs attribuaient à leurs propres écrivains la supériorité sur les sages de FOrient.
Aristobule Im-même penchait plutôt pour la Grèce que pour l'Egypte ou la Perse : c'est du
1 Origen. contra Cehum, Uh. IV, S- -'^(p* 4^7 de la ▼ersion de Mosheim }.
2 Euseb. Prœparat. EçangeL, XIII, 12. Cette opinion d'Aristobule s'est communiquée à plusieurs écrirains chré^ tiens des premiers siècles de jiotre ère<
moins ee qao paraît indiquer son surnom de péwir' patéticien. '
Ainsi qu'Aristûbule, Philon, qui avait peutêtre plus de génie et plus de connaissances que lui, fit tous ses efforts poui: faire envisager, par le moyen: du syst^e allégorique, le Code des Juifs comme la véritable source de toutes les doctrânes religieuses et philosophiques ^. Pour pouvoir l'interpréter de manière à satisÊdre cette haute prétention/ il y admit d'abord un sens lit-* téral, Dieu, ayant voulu s'dccoramoder, disait-il, à la Êdble intelligence de son peuple. Cependant ce sens, ^i se présente le premier a la pensée de tout lecteur, n'est réellemecit que pour le vulgaire^ et celui qtu a médité sur la philosophie, qui s'est
1 Cf. Eichhorn, BibUoth. fûr hihl. Utù , yol. Y, p. 28d.
Valkenaër, De Aristobub judceo , S* 3, 58.
• 2 Dans son traité Quod mundus sii incorruptihiUs , il insinue clairement qa'Arîstote à puisé a des sources sacrées, ce qu'il ne peut entendre que du Gode des Hébreux. A^/ç-o- TfA»ç, dit -il, fjLnTTole ivareCSç kùÙ oViiwç tTriç^etfÂîVùç y p. 94o, édit. de Francf., 1691. Dans son traité De Judice, p. 719, il dit plus clairement encore : rSiv Tra,f%}9sjnvtV tvtoi vofjLoderSp fJLrretygal'^yltç îk tSv Ugo]et1tûV Mâ^Wft^çç'ifAfK, etc. Zenon est cité comme imitateur de Moïse, dans le traité Quod omnis ptohus liber, p. 875. e^ixe ii ^véùV etgu^aBett rév Xiyov , aWip aVo rnç Trnyiç riç hv^etitûf fofioiîffietç.