‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 110 sur 173 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

idée est celle-ci, que Thomme, dans ses efforts les plus sublimes , ainsi que Fatteste l'histoire de tous ses frères, ne parvient jamais à cette ressemblance, à cette union, à cette vie parfaite avec Dieu, qu'il conçoit dans ses plus saintes méditations, qu'il voudrait sans cesse réaliser, et qu'il ne peut réaliser jamais; puisqu'il n'est, auprès de l'Etre suprême, qui plane au-dessus des mondes, qu^un ver rampant sur la matière^ que Dieu seul, par la communication de cette puissaûce que le christianisme nomme le pneuma, peut élever jusqu'à lui!,

Saturnin ajouta même que lé rayon divin émané de Dieu sur l'homme, est tout ce qui, un jour, retournera dans son sein, ou sera immortel, 3i cette immanation est de l'immortalité.

Saturnin a peut-^trè puisé dans Philon les développemens de cette idée, que les auteurs des codes sacrés Itd paraissaient avoir simplement indiquée. D'après Philon ^ ce qui distingue l'homme de l'animal, c'est l'intelligence^ TrvevfxcCf et l'esprit, vcSç\ ce que l'homme a de commun avec l'animal, c'est l'ame vitale, y^^i/x^V ioûJtKtiy ou le^rincipe ani-

I Quod deUrior potiori insidiari soh , p* lyOf eJ. Francf.

mant son organisation corporelle, \|/u%ir otKvpç* ^ Ce qui forme la nature de Tesprit, c'est le pneuma de Dieu. Cest là ce que Dieu, Jéhovah, a donné à rhomme, en chargeant les puissances inférieures de faire le reste. Philon expliquait, par cette circonstance, le pluriel employé dans la Genèse, lorsqu'elle rapporte la résolution du Créateur relativement à la formation de l'homme'. On sait que, dans le premier fragment cOHnogonique que renferme la Genèse, dans le fragment nommé Êlohim^ c'est ee mot d'Élohim qui est employé pour la désignation du Créateur, tandis que, dans le second fragmait ', c'est le mot de Jéhovah qui se rencontre le plus souvent. En combinant les idées de Philon avec ce langage, l'école de Saturnin, d'accord avec tout l'Orient, enseigna que l'Etre supi*éme n'avait créé lui-même ni la terre

1 Les ëlémens de cette doctrine sont empruntés au Timée de Platon \ mais ils étaient plus anciens que ce philosophe. On les trouve dans Homère, qui emploie toujours le mot de 4^>t^ dans le sens d'haleine et de vie, jamais dans celui d'esprit ou d'iatelligence, quoique la '\v^n aille dans le Hadès, comme iiShXov de l'homme. Yoelker, Veber '^v^n imd iiSedXov in der Iliade und Odysee. Giessen, 182 5.

2 De mundi opicifio, p. 16. De pro/ugis, p. i6ù,

3 Gh. 2, 4 et suivans.

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