‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 111 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

iii l'homme, et que la Genèse attribuait cette création aux sept anges désignés par le nom collectif à^Élohimj les dieux. Les mots ad imagmem nostram , placés après ceux de faciamus hominem y pouvant embarrasser ces tbéosophes, puisque la créature des anges , dans ce système , ne devait pas porter leur image, mais celle de Dieu, ils les retranchèrent tout simplement. Us attachèrent d'autant plus de prix à ceux qui rapportent que Dieu donna le souffle de la vie à l'homme^; ce souffle était, à leurs yeux, le pneuma, le rayon divin qui, seul, put animer l'informe créature des Élohim. U faut convenir qu'ici le texte de la Ge* nèse les favorisait Au premier chapitre, il attribue la création de l'homme à Élohimj et au second, l'animation à Jihoçah Èlohim, ce qui pouvait se traduire par dieu des Elohim.

Saturnin se distinguait de la plupart des gnostiques en prenant Jéhovah pour le Dieu suprême. U ne croyait pourtant pas qu'il fallût toujours entendre l'Etre suprême, lorsque les codes des Juifs |)arlent de leur dieu; il pensait, au contraire, que ce peuple ne connaissait que les sept anges, Elohim^ auteurs du monde visible, et qu'il prenait

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le chef de ces anges pour son dieu nadonal.

Cest une idée qui doit nous surprendre d'autant moins que nous avons vu de nos jours des écrivains qui proclamaient, comme une importante découverte, l'opinion, que les Juifs considéraient leur Dieu non comme le dieu de l'univers, mais comme leur divinité Aationale, leur patron céleste et terrestre.

Saturnin plaçait pourtant le dieu des Juifs assez haut. Il le croyait imparfait, mais sans méchanceté; et, loin de le comparer à Ahriman, il le considérait comme l'adversaire de Satan, principe du mal et chef de l'empire des ténèbres.

• Saturnin, enseignant le dualisme, devait s'expliquer spécialement sur le mal , son origine , sa nature, sa puissance, sa durée; c'était là un problème digne d'un génie qui eût plané au-dessus des spéculations de ses prédécesseurs. Malheureusement le mal que nous sentons tous moralemisnt et physiquement, et sur la cause duquel nous sommes tous compétens, puisque nous en formons une bonne partie nous-mêmes, a toujours mieux échappé à nos observations que nous n'échappons à ses séductions, et Saturnin n'a fait que jeter un voile de plus sur cet étonnant problème. U est au moins diflScile de croire qu'il se

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