‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 112 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

soit satisfait à lui-même dans la vagpe solution qu'il avançait à ce sujet

Dans son système, Satan est à la fois esprit et matière 3 ce qui se rattachait aux croyances du sabéisme, où les génies des corps célestes ou terrestres se confondaient avec ces corps. Satan est donc principe de tout ce qu'il y a de mauvais dans le monde spirituel et matériel. Sa nature, comme principe matériel, est de résister à toute organisa-^ tibn, et comme principe spirituel, de combattre tout ce qui est de l'empire de Diçu. Cest bien la le Satan de l'Asie centrale. Comme Ahriman , il op*^ pose aux hommes purs ou doués du germe de la vie divine, des créatures humaines qui sont ses instrumens et ses organes : ils sont 'poussés par d'aveugles instincts. Satan n'a pourtant pas créé ces hommes, il les a trouvés tout faits, il s'en est emparé; c'est là^ sa sphère d'activité et la limite de sa puissance.

En général, les auteurs chrétiens, Irénée,Tertullien, Théodpret et Épiphane, expliquent obscurément l'opinion de Saturnin sur la création de ces hommes. Tertullien se tait à ce sujet; Théodoret dit sevdement que les hommes ont pris cette différence, h (pCaeiy dès leur origine; et Épiphane ajoute qu^il y a eu, originairement, deux hom*-

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mes, rtm boii, l'autre méchant, qni sotitt devenus les pères de deux races diverses i; S. Irénèe dit positivement que ce sont les anges qui ont fait les deux espèces d'hommes. Mais la question n'en devient que plus obscure; car les anges n'ont fiit, en général, qu'une créature inerte et rampante: c'est Tanimaiion de la puissance suprême qui a 6it un homme de cette créature. Serait-ce donc Dieu lui^nnème qui aurait donné à quelques-unes de ces tristes productions un germe de vie et un rayon de lumière trop faible pour en faire des hommes bons? Dès-lors Dieu lui-même, refusant de joindre le principe pneumatique au principe hylique^ serait l'auteur du mal moral, ce qui oflre une difficulté grave sur laquelle Saturnin parait avoir glissé avec une réserve qui nous explique le silence des rapporteurs de sa doctrine.

Suivant Zoroastre, c'est Ahriman qui produit les devrs ou les mauvais génies : ces perfides ennemis de la lumière, de Dieu et du bonheur des hommes, apparaissent à ces derniers sous des formes humaines pour mieux les séduire, et ils peuplent leurs rangs de daroudjs et de karfesters,

1 Theodor., Hœret, fahuL, vol, IV, p. 194* £piph.^ Hœres.j a3. Iren.^ lib, I^ c. 21.

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