‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 114 sur 173 · CHAPITRE II. 28g · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 28g

Qud que soit le jugement que nous portions sur cette opinion, Saturnin était chrétien et homme religieux. Ce furent même son attachement pour la pureté du christianisme et la délicatesse de son sentiment moral qui le portèrent à rejeter les codes judaïques comme révélation. Élevé par le purisme théorique des contemplatifs de son temps; incapable de comprendre, sur le seuil des écoles, les mœurs , le langage , les idées de Tantique Israël sortant des plaines de la Chaldée ou de celles de TÉgypte ; égaré par la haine que Ton professait généralement pour ces Juifs qui prétendaient avoir, seuls, enseigné aux autres peuples tout ce qu'il y avait de vrai dans leurs systèmes; séduit par Philon lui-même, dont les interprétations forcées semblaient prouver , mieux que toute autre chose, l'anthropomorphisme et les vices des institutions judaïques; trompé, peut-être, par le voisinage de la Samarie, dont les derniers théosophes jugeaient le mosaïsme comme l'œuvre d'une puissance faible et bornée, Saturnin ne pouvait se résoudre à croire que la reli^on chrétienne, qui appelle l'homme si haut, et la religion judaïque, qui place souvent Dieu si bas, s'appartinssent comme mère et fille : il les déclara ennemies, par amour pour la

fill€, et par prévention eontrv b mère. Cest ici k clef de tout le gnosdcbme anti-pidaïque. La hame du judaïsme a pu entrer pour quelcpietjhtose dans son origine ; Famour du diristianisme y est entré pour beaucoup plus.

Le Saixveur^ ayant commencé à combattre, et le christianisme derant achever de vaincre tout ce qui est mal, les vrais chrétiens, dont Saturnin continuait la série interrompue à la di^arîdon du Sauveur, devaient se prescrire une moisale bi^i plus sublime que ceUe des Juifs et des chré^ tiens Tulgaices. Le mariage ayant été insAÎtiEé par les angss et le dieu des Juifs^ ou même par Saian, pour perpétuer la race de leurs aveugks partisans,, c'était un devoir pour les hommes doués du rayon de la lumière divine , d'empêcher et la difftision de ce germe de vie céleste, et la profngar tion d'un ordre de choses aussi impairfait^ détail la manière la plus sûre dk fiâre k guerre k S»tan, au dieu des Juifs et à sea anigea IL en» denaiè résullier que la fin des gâoémlûans pures serait amenée par le retour en Dieu de toitt ce- q^ tenr

i Saturnin se garda bien dé citer l'exemple du Sauveur à l'appui de son opinion sut le mariage : le Christ n'était pas doué d'un corps réel ; son exemplo ne prouvait rien.

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