CHAPITRE IL
fermait un rayon énnoié de Dieu. U j aurait pourtant eu te grarre incolivéïHeiit , que bientôt les ttiéchaAs, hafcèuait seuls la terre, n'auraient plus M (ie modèles à soLyre pour devenir à leur tour enfans de la lumière. Cétait^ p«ut>-ètre, par cette donsidémitioo que l'éeole de Satumm se dsstingttàit en delËi^ cbsses, et n'imposah l'abstinence dci martôge et de tout contact a^^ec la cbair, siège èxi itîal^ qtf'ii la classe des élus. Cependant , si l'on ^reisse ée si^^sfème dams ses conséquences rigottreuses , il piradit dû^teux que les médians ^ n'ayant jj^le rayott de la vie diviaev puissent Cannais sniyre b desânée des bCH^s, devenir eiirfkns de lumière, et eûtrer daâs le sein de la divinité, d'où ils ne sont pai^ émanés. Qvd doit être, dès-lors, le sort de ees ècresy qu», en. eflfet, ne peuvent phis éiister ^^ès k réprisikiatâon àt toutes choses ^ et epk ne soûa pas non pfalDs suscjdptibles de déification ? Le zoroastrisme , plus sage ou plus explicite, avait enseigné la conversion ou l'anéantisseniient des- dews et des archidews , et la purification (f Ahamnaii.
Saturnin a &it, sans dcmte, à (pttelqûés difSciples intimes ou à la classe entière de ses étuSj des communications plus complètes que n'en avaient les auieurs qui nous parlent dç sa doctrine; En efièt,
ce chef d'école ne paraît pas s'être adressé à la foule. Il différait en cela de Simon et de Ménandre, ne cherchant ni à ébloiiir le peuple par le» merveilles de la théurgie, ni par les prétoitioiis d'une origine supérieure.
Ses disciples, peu nombreux, ne se répandirent qu'en Syrie. Antioche, séjour habituel du maître, a dû être leur siège principal. Saturnin lui-même avait eu le plaisir de voir s'élever plusieurs autres écoles ^ Elles ne se maintinrent pourtant ps long-temps; et il paraît que l'école d'exégètes qui se forma bientôt à Antioche, et^y conserva dans une. très-bonne direction^, contribua, plus que toute autre chose, à faire disparaître une opposition d'ailleurs peu dangereuse. Rien n'était, à la vérité, plus propre à réconcilier les esprks avec les institutions et les croyances judaïques qu'une bonne intei^rétation des anciens codes, précédée
1 Augustini Hœres., 3.
2 Elle suivit d'assez près celle de Gésarëe, fondée par Origéoe^ et précéda celle d'Edesse et de Nisibis. Les évoques Théophile, Sérapion, Eustathe, Mélèce et Flavien, et les prêtres Malchion, Dorothée, Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste, paraissent ayoir été ses principaux ornemens. Elle pourrait se caractériser par les épithètes d*anti-philonienne, anti-origénienne, ou, en général ^anti-alexandrine^
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d'mie ssdne théorie sur le genre de révélation que Ton doit y chercher.
Quelque&-uns des principes de l'école de Saturnin se sont propagés 9 dans tous les cas, en Syrie et dans les régions voisines. Les marcioni^ tes, les encratites et les manichéens, ont adopté surtout le principe des abstinences. Les Actes de Tapôtre S. Thomas, qui appartiennent à cet ascétisme, ne paraissent avoir d'autre but que de le recommander sous les formes d'une sainte légende. »
L'école de Bardesanes s'est partagé peut-être avec celle des orthodoxes les partisans de celle de Saturnin.
§. 3. Bardesanes, fondateur de la seconde école Bardesanes. gnostique de la Syrie, est l'un des hommes les plus célèbres dans les fastes chrétiens des premiers
elle s'attachait au sens naturel des mots^ autant que les autres se glorifiaient d'en chercher le sens allëgorique, en dédaignant le sens littéral ^ qui leur paraissait peu digne de l'Être suprême. Nous ayons déjà fait remarquer que ce système d'interprétation a pu motiver le mépris de Saturnin pour les codes judaïques. Vojr. Mûnter^ Ueher dUAntioche^ nUche Schule, dans StUudlin et Tzchimer^ ArcMç. fur Kirchengesch. , t. I, p, 1,
i Çf, Acia S. Thomœ, éd. Thilo^ p. 132 et passim.
294 ^ «ECTION lï.
siècles, fit sft vie présente l'un des phénomènes les plus bizarres au milieu de toutes les singular fîtes qu'offine Tlûstoire du gnosdcîsme. H cembattit d'abord les gnostiques; il professa ensnite lui-même la gnosis : bientôt il se trouva jehef d'un parti nombreux, sans avoir dbevdié de schisme , et son nom, ainsi cpte s«s composîttons reli^^ises , étaient encore vénérés des ortho* doKes, que déjà ii était luî-4ntai0 exclu de leurs comimnaautés.
Bardesanes , qui tenait son nom d'un petk fleuve, près d'Édesse, était né dans cette ville, et «ette circonstance explique son surnom de Syrien j de Mésopoiamien et de Babylonien , les provinces de Syrie et de Mésopotamie se confondant, pour ainsi dire, sous les murs d'Édesse, et l'illustre Babyloae donnant qudqufelbis sou nom à tout le reste de la Mésopotamie ^ On a cru autrefois devoir distinguer deux écrivaias différiens du nom de Bardesanes, l'un Syrien, l'autre Babylonien, et J'on a wpposé, àsa^ ^^
distinctions, qu'ils « ont dû vivre à un siècle de distance l'un de l'autre ; mais , pour ce qui est des
1 Plînw, Hist. nat., Kh. VI, c. 3o.Hieronjtniis^ ISf» II odversxts Jovifimtm^
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euraoois de Babylonien et de Syrien^ ils ne sauraient prouver la différence; et poixr ce qui est des autres renseignemens , ainsi que des deux fragmens qui nous restent sous le nom de £ar* desanes, ils s'appliquent par&it^nent à un seul écrivain, au chef gnostique qui vécut sous Marc- Aurèle ^, dans une sorte d'intîmiié avec Abgar , fils de Maatou, roi d'Édesse^. U serait même ânoon* cevaUe que plusieurs événemens qui concernent Bardesanes , se fussent r^étés deux fois pour des philosc^hes du même nom.
Le sort avait placé Barde3a!Des sur un théâtre remarcpiahle, sur le confluent des doctrines persanes, judftiqaes, chrétiennes et grecques. Il étak né dans un temps ou ces doctrines se eroisaieiit encore dans tous les sens , où nuHe «Kicere n'acvait remporté de victoire décisive. 'Auackë lie prééSrence aux idées des chrétiens, qu'il avait reçœs dans sa première éducation , Bandesancs se Ëoniliarisa bientôt avçc toutes celles qui l'entouraient Les choses vulgaires., les cérémonies et les pratiques
1 Maro-Aoréle xégasL depuis l'an 161 de notr« ère.
2 Cf. Vossius, De hisU gr., lib. IV, p. 483. Fabricius, BihL grœca, 9w/. II, p* 699. Heeren (daxks «on édition des Edogues de Stobée], t. i, p. i4i« Hahn^ BaréUsanes gnosticus, Syrorum pritnus hymnohgus, p. ï <ft suivantes.
2g6 SECTION II.
du culte grec ou syrien, paraissent lui avoir déplu; et Abgar doit avoir réformé, d'après ses conseils, une coutume barbare que ses sujets pratiquaient encore en l'honneur de Cybèle. Mais quant aux enseignemens supérieurs des anciens peuples, il y attacha le plus haut prix. S'il ne posséda pas assez la langue grecque pour l'écrire avec facilité ^ il paraît au moins avoir étudié. les auteurs qui avaient composé dans cette langue; et la preuve qu'il les appréciait bien, se reconnaît dans les soins qu'il prit pour faire élever son fils dans Athènes. ^ Aimant la philosophie, et surtout la dialectique, il ne pouvait que se pkire dans les études grecr ques K Cependant il ne négligea point les autres doctrines contemporaines. Il était surtout versé dans les sciences des Chaldéens^ celle des astres, et dans l'art des inductions que le génie de Thpnune peut tirer des phénomènes qu'ils présentent sur les destinées humaines. 4
1 S. Epîphane, qui lui attribue ce talent ^ est contredît sur ce point par tous les autres écrivains.
2 Sozom., Hist, ecclesi, Uh> III ^ c> i6. Theod.y Hœr. fab., ly 22.
5 Hieronjm., in Catahg, s, v, Bardesanes, 4 Ephrwmi Hymn. 'S, pag. 444 ^ -^f 6t Ifymn. liy pag, 468, D.