CHAPITRE II. Soi
qu'il avait étudiées , semblable , dit S. Épiphane* à un riche navire qui, rapportant des régions lointaines d'immenses trésors, vient se briser aux rives du port 9 et entraîner dans sa perte ceux qui se sont confiés à iuL
Lès docteurs orthodoxes de l'ÉgHse syrienne ne s'a|)erçurent néanmoins du poison qu'au moment où il était déjà généralement répandu, soit par Bardesanes, soit par son fils Harmonius, dont les hymnes, composés dans les mêmes principes, surpassaient encore, en beauté, ceux du père, et se trouvèrent bientôt dans toutes les bouches, dans tous les cœurs ^ Il paraît que l'école d'Édesse, qui aurait dû signaler le danger, la première, ressemblait, sous le rapport de l'indulgence, à celle d'Alexandrie, qui accordait également tme grande latitude aux docteurs d'Egypte 2. Rome, bien différente de l'une et de l'autre, se hâtait, au contraire, dé réprimer toute espèce de déviation des
i Sozomenus, Hist, ecc*, /. III, c. 16.
2 Les écoles d'Ëdesse et de Nisibis^ dont les travaux soa( encore si peu connus, et. qui jouent un si grand rôle, particulièrement dans l'histoire du monophjrsitisine ^ mérite-t raient des recherches particulières, comme celles dont les écoles d'Alexandrie et d'Antioche ont déjà été l'objet.
5oi sECTior^ iK
ojamons qu'elle avah reçues des â^^res ou de lears éières; >
QiKÂqoe Baitksaiies fôt reconnu pour çAostiqtie, et eondainiié coUHne tel par le parti orihodoxe, ses hymnes continuèrent à se chanter dans les églifses, avec ceux de son fils} et ce ne fut qfu'au quaserièflie siècle* ^M les hynme» ê^Èphrtm, compensés sop lé même rhythm^ et pour les m^ mes airs , parvinrent peu à peu à le» Eure (&pah r^tre^. Ces¥ par les liynnses d'Éphrem^ ^oat cinquante-* six sont dirigésp contre Bardesanes, Marciott, Manès et le& idolâtres, que nous connaissons^ stojourd'lmî les opinions» de Bar^sancss. ^ Il faut pourtant y joindre les renseignemens que nous donnent, sur sa vie et ses principes, la dbiro-
1 Yoj, ci-desfrus, f. 21&.
2 On sait que ce phénomène s'est répété au nenTième siècle de notre ère. Olfried^ moine et professeur de recelé de Wisseml^eHfg f «» Àlsao»^ mit l'éicangiie en yers^ pour faire disparaître les anciennes chansons du paganisme, que Ton se transmettait encore, dans ce pajs^ de généralion en génération.
3 Hîs se ft^ouvent au êwi&tid tome des eeuT^rés d'i^hrem^ pCiblîé», partie en ^jmiit e0 en' latin, partie en grec, par
F. Benedietus et Etienne Ëvodius Asseman», à Rome, en
CKA PITRE II. 3oS
nûjue d'Édesse^, Pofphjre^, Easèbe^, Dîodore èe Tat9e4, Fauteur du dudogue de la Yraîe foc^y S. Épipksoie^y S. Jévôine?, & Augustin ^^ Soro*mène9, et S. ThécdoTCt.io
Au nippon de <piebpies.uiis de ces éenvams, Bardesanea §ot d'abord l'adversaire de IMEai cîdb , et distmgui par sa pieuse onhodoodev ne s'âoignaat de lenseignensent apostolkpie qcm pen k peu; mais^ suànEast Euaèke^ il se fit couacagKttr^ dès les premiers tenap», pur son actacfaement au sys^ tème de Valakm ,. ne passa que pks tard aux orthodoms, et finkpar un sààsme de sa eré»-
1 Eic^horn^ Repert^fur hibl. LiiU, U I, p. 201.
2 Toj. ei-dessiM; p. 29$.
3 JfiKf/. «r/., IV, îxr. Prcepar^ eçang., Cft. ÎHF, r. lO^ ^> 273^ fj. Colon. Cf. RtcogniU, Ub. IX y c. 19 ^ 2ft, <»&
5 Diaiogus de ncta- in Deumfide, attnbué faussement à Origéne^. et imprimé dans êes œnyres^ t. I^p. 8o5j ëdit de la Rue.
6 Hœres., 56. Cf* Damascenus^ De hœrts», S6.
7 Catalog. script, eccles,, c. 33.
8 De hœres., c. 35.
9 ifif/. eeeles.,'111, e. 16.
10 Rotrei.fiih,. I, e. 22.
5o4 SECTION IL
tion. La première de ces opinions nous parait la plus probable; elle se concilie avec les renseignemens de S. Éphrem, qui lui reproche de s'être accommodé, dans le public, aux idées généralement reçues, tout en en communiquant d'autres, en particulier, à ses disciples, intimes. Bardesanes ne se forma son système qu'insensiblement, et le communiqua avec prudence, suivant la médiode généralement adoptée par les anciens sages ^ Les idées de Yalentin furent peut-être les premières qui le firent dévier du système reçu. Elles lui sourirent un instant; elles ne supportèrent pas toutes l'examen qui succéda cbez lui au premier enthousiasme; il n'en conserva que celles qu'il pouvait conciher avec ses anciens principes et les opinions qu'il avait puisées ailleurs. Tel fut son système.
L'unique source à laquelle il croyait devoir le puiser, était le recueil des codes sacrés. Comme adversaire de Marcion, qui traitait ces codes avec tant de violence, il devait en défendre l'origine et l'intégrité ; et il admit non-seulement l'authen-
1 Ses livres y et ses hjmiies même, ne furent pas tous livrés au public. Ephrem., Hymn., ^5, p. JiSg, C.