CHAPITRE II. So
ûcïxé de tous les écrits canoniques des Juifs et des chrétiens, mais encore celle de plusieurs œuvres apocryphes. Cependant, d'accord avec beaucoup dé docteurs chrétiens et juifs, surtout avec Fécole de Philon et la Kabbale, il se livra aux interprétations allégoriques et mystiques, et c'est ainsi qu'il sut trouver dans la Bible une gnosis qui rappdle quelquefois celle de Valentin et des ophite^ d'autres fois celle du Zend-Avesta'et de la KabWe.
A la tète de son système , il place , avec tout rOrient, deux principes: l'un, le père inconnu y Dieu suprême et étemel, vivant dans le sein de la lumière, heureux de la parËdte pureté de son être; l'autre, la madère étemelle , masse inerte, ipforme et ténébreuse, source de tous les maux, mère et siège de Satan.
Le Dialogue de la vraie foi insinue que cette école admettait deux principes intellectuels, l'un bon, l'autre mauvaise Cette donnée est« incomplète, ou du moins elle n'exprime pas les idées de Bardesanes. Il n'enseigne pas le duaUsme sim-
1 'Éydù ro¥ hcLCoXov ttifJo^vH hoyi^ofxtn koli dv^oytvn^ rov • Kctê i\iù p/fceç oîTee, Trovupiv xa/ iyoAviv* DiaL de recta fid,, p. 835, C, (Paroles de Marinus^ bardesanite.) ^ 20
3o6 SECTiom ii«
pie; il ne &it pas Satan ooétemd a?ec Dieu; il le fiit sortir de la matière qui le renfermait Ce qui résiste en elle à toute fermentation, est prin* cipe du mal, et c'est de lui que Satan tient son origine. Celui de ses disciples qui parle, au dialogue de la vraie foi, confond, au contraire, le fils de la matière» Satan, avec la matière dle-mème.
Ce disciple perdait ainsi, en admettant deux principes intellectuels , l'avantage qu'avak eu le maître, en posant, à côté du principe intellectuel, xm principe matériel.
Ce qui distinguait ce système, des autres, c'est que l'on n'y considéra point Satan comme uns émanation de lumière , dégradée par suite de son orgueil ou de sa chute, suivant le système de Zoroastre; que Satan était plutôt le Bélial de la Kabbale, chef des esprits méchans et grossiers, par suite de leurs grossières enveloppes. Il n'était pourtant pas tout*à-f&it Bélial, puisque ce dernier était une émanation de Dieu , quoique éloignée , perdue dans la matière ^ ; tandis que, suivant l'école de Bardesanes, qui se rencontre ici avec Valentin et les ophites, Satan se rattache à un principe diQérant de Dieu de toute éternité.
1 Yoj. ci-des^s^ p. 106.