‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 119 sur 173 · CHAPITRE H. 50'J · texte numérisé non relu

CHAPITRE H. 50'J

Le Dieu étemel» heureux de la plénitude de sa vie et de ses perfections, ayant résolu de ré^ pandre ce bonheur et cette vie en dehors de lui, se multiplia ou se déploya en plusieurs êtres de sa nature, qui, pour cela même, portent un nom qui le caractérise, celui à^éons ^. Ainsi que dans là Kabbale, les émanations de Dieu portaient le nom de ély ou d'autres désignations de l'Être suprême. ^

Le premier être que produisit le père inc6nnu, fut sa compagne, (Tvivyoç^ qu'il plaça dans le* paradis céleste, et qui y devint, par lui, la mère du Fils du Dieu v fixant ^ de Christosf c'est--à-<Hre (sans l'allégorie de la génération, que les gnos* tiques, avec leur langage oriental, d'ailleurs con« forme aux codes sacrés, ont conservé dans leurs systèmes) que r Etemel a conçu y dans le silence de ses décrets y la pensée^ de se révéler par un tire qui fût son image ou son fils.

1 Le mot syrien Ithîo, pluriel, Ithie, répond au grec dttûit et oJiiSrtç, comme celui-ci au mot de oVip. Yalentin ajant pris, le premier, le mot de dtdùv dans le sens d'si»ielUgence émanée de PËtre suprême et participant à sa nature, vojez ci*dessous, École de Valèntin.

2 Yoj. ci-dessus, p. loi, note i.

3 La ffv^vyùç n'est autre chose que la iwoM pu la ffêyti de Yalentin.

3o8 SECTION II."

Cétait nécessairement par là qae devaient commencer ses manifestations, et Bardesanes se montra encore ici plus orthodoxe que d'autres , en considérant Christos conunele premier .né de Dieu.

L'idée ou le terme de génération ne pouvait pas non plus surprendre à cette époque; il était consacré par le langage Biblique; les gnostiques ne faisaient que Tétendre, en l'appliquant de plus à toute la série des manifestations de l'Être suprême qui constituent la révélation complète du plérôme. En Ëûsant procéder ces émanations, à commencer de la première, par Syzygies, par .homme et fenune, ils usèrent, sans doute, d'une hardiesse innovatrice qui n'était point dans les anciens codes, où. la génération attribuée à l'Etre suprême s'opère à l'exclusion de toute idée de femme; cependant ils ne Élisaient en cela qu'obéir à la fidélité d'une allégorie empruntée aux choses humaines; et, se tenant aux portes de l'Orient , où cette fidéhté n'avait rien à^ choquant, ils se flattaient d'être entendus par tout le monde.

Ces observations, qui doivent faire envisager sous son véritable point de vue la partie la plus essentielle du système de Bardesanes, nous rame-

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