‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 120 sur 173 · CHAPITRE Xl S · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xl S

nent dans la série des émanations successives qu'il adoptait Au Christos ou au fils succédait sa sœur etf son épouse , le Saint-Esprit.

Ce nom, qui n'est pas du genre féminin, peut surprendre : mais nous avons déjà &it remarquer que le pneuma a souvent été considéré comme femme * ; il répondait à la sophia de Philon ; il est la mère de toute vie 2, et la cosmogonie de la Grepèse venait: au secours de cette opinion. Le pneuma y est représenté comme planant au-dessus des eaux, comme puissance créatrice. Cette image cosmogonique avait peut-être enfanté toutes ces spéculations sur le pneuma, ou la sophia supérieure, comme mëre de toutes choses. Les idées du Logos de Philon , de TOrmuzd du Zend-Avesta et du Premier né de la Kabbale, ayant été appUquees au fils de Dieu dans un sens orthodoxe, et par S. Jean lui-même', la gnosis considéra Christos et sa compagne , le pneuma , comme les premières puissances cosmoplastes; 4

En effet, ils produisirent ensemble deux filles ^^

i Yoj. ci-4lessus^ p. 2o5.

3 Au premier chapitre de son évangile.

4 Ephracm. Sjrus^ Ifymn* 5, p. 444 ^'•R*

5lO SECTION II,

les types de la terre sèche et de l'eau, qui, fiyec deux autres, le feu et Fair, président aux âémens. Bardesanes nommait ces deux syzygies d'éom Maio et Jabseho^ Nouro et Rucho. ^

Ces allégories et ces personnifications se comprenaient encore parfaitement au second siècle de notre ère; cependant, dès que les docteurs orthodoxes se furent séparés disdnctanent des partisans de la gnose , ils leur en firent des objets de reproche, et S. Éphrem ne rapporte qu'en tremblant le blasphème de Bardesanes, qui osait donner deux filles au Saint-Esprit

Bardesanes admettait sept de ces syzygies ou émanations par couple^; et c'est avec le secours des quatre éons, types des élémens, que le Fils et l'Esprit, ou la Sophia, ont &it le ciel et la terre, en général tout ce qui est visible. Les sept couple^, avec le père inconnu et sa pensée, formaient le plérôme ou l'ogdoade des autres systèmes gnostiques. Ce nombre de sept , avec son complément , le huit , fi>nnaient le nombre sacré de toute l'antiquité ; et , dans leur primitif sa-

1 Ephrsem. Sjrrus, Hjmn. 55, p. 5^7, D. E.

9 Idan, Hjrmn^ S3, pt^ 55o, D.

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