CHAPITRE II. 5l
loir enlever à l'homme la confiance et l'action morale qu'il puise dans l'opinion que ses déter* minations sont libres et que son pouvoir est le sien; il était également loin de vouloir enlever à la providence de l^tre suprême la juste influence qu'elle pouvait exercer sur un monde qu'elle avait confié à des intelligences secondaires ; U était loin, en un mot, de vouloir faire 9 au détriment de Dieu ou d^ hommes , une part trop large aux esprits sidéraux : il était chrétien, et, avec les chrétiens, il donnait à Dieu le beau nom Aejpère. Cependant ce p^r^, n'étant pas le créateur du monde visible, ne pouvait pas non plus le régir directement, et les études chaldéennes de Barde* sanes se reconnaissaient dans son Destin. « Tout (c peut se faire, disait- il ^ avec l'agrément de « Dieu; rien ne peut être évité de ce qu'il veut; car (c personne ne peut résister à sa volonté. Ce qui « parait y résister se fait par sa bonté, qui accorde « à chacun ce qui est propre à sa nature >et. à. sa ce volonté indépendante. ^^ En voulant concilier ensemble deux ordres d'idées aussi contraires les unes aux autres, et pourtant aussi puissantes sur
I Fragment conservé par Eusébe^ l..c.
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son ame que celles du chrisûanbme et de l'astro logie chaldéenne, Bardesanes, s'il se satisfit à luimême, dut nécessairement avoir de la peine k satisfidre les autres. Il enlevait de la main gauche ce qu'il donnait de la droite. C'est ce qu'on voit encore dans un autre passage du mènïe fragment Il y défend le libre arbitre contre les astrologues; cependant il leur accorde, que les phénomènes, les choses qui tombent sous les sens, dépendent du destin sidéral. Il joint même aux princes de la terre , aux sept esprits planétaires et aux génies des douze constellations du zodiaque, trente-six autres intelligences astrales, qu'il nomme des dàyens\, ^BntMVoi. Ce dernier mot était emprunté à une combinaison particulière, qui jette un grand jour sur les monumens des basilidiens, les Abraxas. Les astrologues attribuaient à chaque signe du zodiaque trente étoiles ou trente parties, nombre également sacré chez les valentiniens. Le total de ces trentaines fournissait le nombre de trois cent soixante, qui, divisé en dix , formait trente-six décanies y dont les chefs étaient les trente-six doyens. ^
1 Yoj. ci-dessous l'école de fiapilide.