‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 123 sur 173 · CHAPITRE IL ^l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL ^l

Les questions du destin , qui paraissent avoir préoccu{>é Bardesanes, se reproduisent encore dans ses spéculations sur Tun des principaux éons. La compagne de Christos, la Sophia-Acha* moth, fille de la compagne du père inconnu (qui est la upcû ao<piec de Valentin), était loin d'être aussi parfaite que sa mère ou son frèra Elle était le fruit d'une émanation imparfaite, d'un fidble rayon de l'Etre suprême, tombé sur la terre. ^

On voit qu'ici Bardesaiies, fidèle à quelques croyances de l'antique sàbéisme, prenait encore Sophia ou le Pneuma, à la fois, comme intelligence et comme principe physique , à l'instar des êtres sidéraux. Dans le sens intellectuel, c'était le Saint-Esprit de l'ordre reli^eux, le compagnon ou la compagne du Christ; dans l'ordre physi« que, c'étïdt l'ame du monde, ou la puissance divine, qui avait passé de la pensée de Dieu, de l'Ennoia, dans l'ordre des choses physiques; qui avait plané sur la sur&ce des eaux; qui avait créé le monde visible avec le secours des élémens; qui avait, pour ïÂnsi dire, été en contact avec la matière , et qui avait pu entrer en rapport avec

1 Ephnem. Syms, /. II, p. SSy.

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elle, précisément parce qu'elle était d'une nature moins par&ite que le Christos.

Cependant cette sorte de dégénération d'un éon sorti du plérôme, flottant, pour ainsi dire, entre les deux mondes, était une anomalie, un désordre qu'il £dlait lever; et cette idée entrsdna Bardesanes dans une suite d'allégories où ses principes sur le destin, en général, et sur les destinées de l'ame humaine en particulier, percent clairement à travers tous les voiles d'un langage mystérieux.

La Sophia-Acfaamoth s'était plu d'abord à créer ou plutôt à diriger la formation de la matière par un démiurge qui suivait ses idées; mais bientôt elle avait senti çon isolement, sa séparation du plérôme, et elle avait commencé à gémir sur sa triste situation comme Tame religieuse, dont elle est le symbole, gémit enfin sur son état dans ce monde, lorsqu'après s'être long*temps attachée, avec une sorte de passion , aux charmes de l'existence terrestre , elle s'aperçoit différente de totit ce qui l'entoure. Bardesanes la peignait, dans un de ses hymnes , s'écriant , avec le psalmiste : Pourquoi, ô mon Dieu et mon Roi! m'as -tu ainsi abandonnée^? Cet amour. pour le monde supé- ■ I ■III I 1 1 1 ■ '■

1 Psaume 22 , v. 1.

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