CHAPITRE II. 5l
rieur, réveiné en elle, la conduisit sur la voie pour y rentrer. U Ëdlut pourtant l'en rendre digne. Son frère et son époux, le Christos, qu'elle avait quitté, vint à son secours, mais en lui laissant sa liberté, agissant par elle, sans la forcer d'agir comme il aurait agi lui--méme. Elle vit en lui la parfeite image de la lumière divine^ elle Faima de tout son être;
il la guida dans la marche de son épuration , elle s'unif de nouveau avec lui, conune'sa primitive compagne.
Bardesanes, dans l'hymne dont nous venons de parler, représenta cette union sous l'image d'un hymen. Ce ne fut sans doute que pour compléter cette allégorie, qu'il parlait d'un banquet qui* deyait célébrer cette sublime et mystérieuse alliance. ^
La preuve qu'hymen et banquet n'étaient qu'une allégorie, se trouve dans le même document Bardesanes retendait sur les anges et sur les hommes. Tous les pneumatiques , c'est-à-dire tous ceux qui ont dans l'ame un rayon de lumière divine , et qui le suivent pour s'élever vers le plérôme, ainsi que la Sophia-Achamoth ou le pneuma, s'uniront
I Ephrsem. Sjrus, Opp» U II, p* 557*
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un jour avec die, comme elle s'est unie avec son ^oux. Les pneumatiques, dans une prière à la divine mère de Sophia (à la pensée de Dieu, qui lés avait appelés à ce bonheur), portaient sainte* ment des regards d'amour et d'espérance sur ces momens où, comme ils lui disaient, ils assis" ter aient à son banquet^ contempleraient ses conr çipesj les anges et sa fille ( Aciiamotli), qu^elle tenait sur ses genoux^ la comblant de ses caresses et la charmant de ses chants.
Cette allégorie n'avait rien de choquant dans les mœurs de l'Orient, l'union mystique avec l'Êu^e suprême y est souvent représentée sous des images [dus frappantes ; et le sufisme de la Perse adresse à l'Etre suprême des prières d'une ardeur qui fait pâlir les supplications que le plus passionné des imans peut adresser à la plus tendre des maîtresses. ^
L'allégorie de l'union conjugale était d'ailleurs fournie à Bardesanes par les saints codes de l'une et de l'autre alliance. Dans les livres des prophètes, l'éloignement de Dieu, ou l'idolâtrie, est représentée comme un état d'infidélité conjugale, de TTo^j/s/evj plusieurs des plus belles paraboles du
1 Tholuck, Sst^ismus, p* yZ, Appmd., /?. â4> 4d.