CHAPITRE IL 5ig
Nouveau-Testament reposent sur la même allégch rie^ l'Apocalypse la reproduit quelcpiefois, même avec lès noms d'épouse et de pneuma \ et le mys^ ticisme des vierges du moyen âge n'a rien connu de plus beau que l'espoir de cette délicieuse union.
On reprocha pourtant cette image à Bardesanes avec beaucoup de dureté , dès qu'il était décidé que ce docteur enseignait des opinions nouvelles* On ne considéra point que, s'il est des symboles que la reUgion elle-même puisse approuver, ce doivent être ceux qu'ime tendre piété emprunte à l'union , que consacre la religion elle-même. '
Bardesanes n'avait d'ailleurs nulle intention de se séparer des chrétiens; il tâchait, au contraire, de conformer son langage au leur, lors même que ses idées différaient des opinions admises. Son anthropologie en fournit les preuves.
L'homme est, à ses yeux, un membre distingué du monde des intelligences. Son ame est née des éons, et die est, par conséquent, en dernière analyse, une émanation de l'Être stq>rême. Mais elle a transgressé la loi de cet Être, et elle a été reléguée, pour l'expiation de sa faute, dans un
» Ch. 19, V. 75 ch. 28; T. 17.
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corps emprunté à ce monde matériel , qui est la source du mal, et qui la tient captive comme dans une prison ou dans un sépulcre. Le mal devait s'allier au mal ; c'est la grande loi de l'attraction des affinités.
Telles étaient les idées dominantes de l'ancienne psychologie ou piieumatologie orientale , et elles avaient passé, par l'école de Philon, jusque dans le sein du' christianisme. L'école de Bardesanes croyait les trouver dans les codes sacrés, ou du moins elle les rattacha de préférence à ces codes. Celle de la chute y est, en eflfet ; et si l'ame y tire son origine de Dieu, on y trouve pourtant, d'après l'interprétation allégorique, Topinion qu'elle n'a été revêtue d'un corps qu'après sa chute. En effet, lorsque la Genèse rapporte que le Créateur revêtit Adam et Eve Wune tunique dé peau^ que signifie cette tunique, selon la gnose, si ce n'eât le corps qui enveloppe Fame^l S. Paul lui-même semble attester l'idée que le corps est le sépulcre de lame, en s'écriant : Malheureux homme que je suis! qui me délivrera de ce corps de mort?
Ainsi que l'Etre suprême avait placé sa pre-
1 Euseb.^ Prœp, eçang., p, 834* ed* Cql,,fragm. Ploiini.