CHAPITRE II
fc ils se rattachent, et ne sont pas sujets aux lois fc de 1^ nature. ^ ^^
Cette distinction entre l'homme extérieur et rhomme intérieur y sur laquelle repose, en général, toute espèce de religion, était très-importante pour Bardesanes. Dans la grande question du libre arbitre et du destin, il enseignait, con-:» tre les astrologues de l'école chaldéenne, que rhomme, appartenant au monde visible, était seul sujet au destin, c'est-à-dire au gouvernement des puissances sidérales; mais si, durant son association avec ce monde^ il dépend d'elles pour tout ce qui concerne la santé ou les maladies, les souffrances et la mort, il est libre, *au moins, pour tout ce qui regarde sa vie rationnelle. Cette liberté était attestée , aux yeux de Bardesanes, par la variété infinie des lois civiles et morales que Ton trouve chez lès divers peuples; variété qu'il faisait voir lui-même avec une érudition et une sagacité remarquable. Cette liberté était, d'ailleurs, implantée à l'homme par \ Esprit lui-même; c'està-dire que, suivant Bardesanes, l'esprit, compagne du Christos, avait donné son ame à l'homme, et
t Eusebius^ h c» , p* syS^ ed. Colon.
que, pour cela, cette intelligence, de nature divine, ne pouvait être sujette aux lois du monde hylique.
Ici Bardesanes était tellement orthodoxe; que l'Église syrienne a du le considérer, avec orgueil; comme l'un de ses meilleurs défenseurs contre cette doctrine du destin, que la Chaldée répandait sans cesse autour d'elle, et dont la plus belle partie de l'Église orientale devait bientôt être inondée*. Eusèbe rend justice^ sous ce rapport, au docteur syrien; il Êiut ajouter, pourtant, qu'il qu'il n'était orthodoxe qu'à moitié, et que son opinion sur l'homme hylique lui permettait de se liver lui-même à toutes les combinaisons de l'art astrologique des Chaldéens. C'est de qxioi Éphrem et Diodore de Tarse l'accusent formellemient^. Ses disciples s'égarèrent encore davantage, etMarinus soutenait déjà que ni l'homme,
1 C'est une chose remarquable que le fatalisme^ associé aux doctrines de Mahomet^ soit venu envahir le domaine de l'Eglise orientale, précisément à l'époque à laquelle le Fatalisme christianisé , ou le dogme de la prédestination ^ cessait d'agiter l'Eglise d'Occident.
2 Ephrem., Le, Hymn, 55i, /?. 55o, D. Phoiii Bibïio^ iheca cod, 22Z, p. 662, éd. Schott. Eusebii Ptwp. VI, 10.