‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 134 sur 173 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Sa doctrine est aussi peu connue que lui; elle fut confondue bientôt avec celle de Marcion, qu'elle enrichit. Celle que lui attribuent S. Irénée et Théodoret, qui le considéraient comme disciple de Simon le magicien, et Tertullien, qui le dit élève de Saturnin, contient les principales opinions du gnosticisme de l'un et de l'autre de ces maîtres. A ses yeux, l'Etre suprême n'est point le créateur de ce monde d'imperfection; la législation de Moïse et les enseignemens des prophètes , où Jéhovah est souvent peint comme un être agité par nos passions ^, et où la morale est blessée dans ses plus purs principes, ne sont pas le fruit de l'inspiration divine; l'éon Ghristos, envoyé aux hommes par le Dieu inconnu et ennemi de la matière , ne ^'est point confondu avec un corps matériel, n'est point né d'une femme, et n'a point souffert comme souffrent les hommes; le corps de l'homme, étant tiré d'une substance ennemie de Dieu, ne peut point rejoindre l'amcj destinée à rentrer dans le plérôme de la lumière; les écrits qui enseignent de tels dogmes ne proviennent pas

I II opposait surtout la sévérité de la loi mosaïque i la douceur de la morale chrélienpe.

dès apôtres, ce sont des ouvrages pseudonymes; et quelques-unes des compositions qui sont réellement des chefs du christianisme , surtout de S. Luc et de S. Paul, sont tellement altérées, qu'une critique supérieure peut seule y distinguer le yraî du faux.

Cerdon n'admettait qu'une partie de l'évangile . de S. Luc et des épîtres de S, Paul, rejetant entièrementles autres évangiles, les Actes des apôtres, l'Apocalypse et les épîtres.

Interrogé sur ses opinions, il tachait de les Ëdre agréer aux orthodoxes, U ne prétendait nullement élever autel contre autel , et fiâfe triompher sa doctrine. U la croyait apparemment peu propre à devenir le domaine du vulgaire; il tolérait volontiers les erreurs d'une majorité qu'il croyait ignorante, et il présenta vainement jdusieurs prc^essions de foi, pour pouvoir rester dans le sein de l'Église. ^

Il n'en était peut-être pas encore rejeté entièrement, lorsqu'un homme d'une tendance analogue, et d'une piété plus profonde que la sienne, vint se joindre à lui, à Rome, où il espérait

1 TertuUien^ 1/c.

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