CHAPITRE IIL 35S
éyaB^«s ou là Ëdsification des véritables avait commencé dès les temps apostoliques, et cette induction, quelque mal motivée qu'elle j(ut, lui fit porter sur l'authenticité des codes chrétiens iin jugemaat très-différent de celui qu'il portait sur la condition des codes hébreux. Ici, il admettait tout, attribuant tout à des puissances subalternes^ ' là, il rejeta la majeure partie de la collection, se réservant de traiter le reste suivant les prin-? cipes de sa critique, c'est-à-dire de son système dogmatique.
Quelques contradictions dans les évangiles, qu'une exégèse défectueuse ne savait point ré* soudre, peuvent l'avoir engagé, ainsi que plusieurs autres, à ne s'attacher qu'à un seul évan- ^e.i .
Celui qu'il préféra fut un évangile qui s'accordait avec cdui de S. Luc. Une sorte de prédilection pour S. Paul, dont cet évangéhste partagea quelquefois les missions, peut avoir motivé cette préférence. Cependant il n'est pas certain que Marcion ait considéré S. Paul comme possédant la pure doctrine de Jésus-Christ II admettait ses
1 Origenîs Opp*, /. X , in Joh*^ II, p, i63. TertulL, adç. Marc* 9 IV, ^^
épitres et rèvangile qu'il su^>osait cité par lui; mais il y réformait beaucoup de choses, et Ton ignore si ce fut pour corriger S. Paul ou ceux qui rayaient altéré.
Ce qu'il serait curieux d'éclaircir dans cette singulière question, ce serait de savoir comment Marcion a pu se résoudre à rejeter celui de tous les évangiles qui était le plus connu et le plus vénéré dans l'Asie mineure, celui de S. Jean, dont il connaissait les disciples , qui pouvaient lui attester l'authenticité de cette sublime composition ? Sa prévention ccmtre l'Apocalypse Aitelle donc si forte qu'elle le déterminât à ne rien admettre de S. Jean, ou bien les retranchemens que sa critique aurait été obligée de faire à son évangile, pour le mettre en harmonie avec ses doctrines, étaient^ils trop considérables^?
Dans tous les cas, les travaux critiques de Marcion ayant provoqué ceux de plusieurs écrivains de nos premiers siècles, et concouru de ceue manière à une conservation plus scrupuleuse des
1 Ennemi de tout ce qui est plaisir ^ Marcion choisit probablement i'érangile de S. Luc pour ériter le récit de la noce de Cana et quelques pamboles où il *est question de banquets^ etc.